Michel Festivi
J’entends et je lis, ici et là, une mauvaise musique qui commence à sourdre, et à pointer son visage de mauvais augure, « un vent mauvais », comme l’aurait dit un certain Maréchal de France. Certains parmi notre camp, au sens très large du terme, envisagent très sérieusement de s’abstenir en 2027, et pire, le font savoir urbi et orbi.
Je le dis tout net, cette attitude est un crime de non-assistance de la France en danger de mort. Car il y a une chose qu’il faut bien comprendre, c’est que s’abstenir c’est automatiquement donner une voix aux gauches et aux extrêmes-gauches, c’est très exactement comme si vous votiez pour votre pire ennemi. Pourquoi ? Tout simplement parce que nos adversaires les plus déterminés votent en masse, et même s’ils se querellent ou s’injurient à longueur de temps, ils se retrouvent toujours « pour faire barrage », « pour dresser un cordon sanitaire » etc. Car eux, ils n’ont aucun état d’âme. Et la nature a horreur du vide. Même punition, même motif avec le vote blanc qui induit les mêmes effets, et qui ne sert strictement à rien.
Le vote positif n’est pas un acte de foi religieux, une espèce d’abandon définitif, de blanc-seing donné ad vitam aeternam. C’est un acte politique, et en politique il n’y a que l’efficacité et le pragmatisme qui comptent, tout le reste n’est que vaste littérature. Voter pour celui ou celle qui peut gagner et changer les choses, ou au moins lui donner les chances d’y parvenir pour ne plus voir ce spectacle minable, qui nous accable actuellement.
J’entends une autre hérésie similaire : cela ne sert à rien car ils annuleront l’élection comme en Roumanie etc. C’est d’autant plus stupide, que comparaison n’est pas raison, et pour annuler une élection, si le ou la candidate nationale l’emporte clairement, cela sera une autre paire de manches.
L’Italie se redresse malgré toutes les critiques idiotes qui ont été émises contre Giorgia Meloni ; les pays scandinaves mettent en place des politiques contre l’immigration massive ; au Portugal, en Espagne, en Allemagne, en Autriche, même en Belgique, les mouvements nationaux ont le vent en Poupe. En Espagne le PP, l’équivalent de nos LR, n’a pas d’autre choix que de s’associer avec Vox dans bien des régions et des municipalités, et cela fonctionne, Vox imposant son tempo et ses idées.
En 1909, Charles Maurras envoyant son livre L’avenir de l’intelligence, à son ami René-Marc Ferry, journaliste et homme de lettres, le lui dédicaçait ainsi : « tout désespoir en politique est une sottise absolue ». Pour lui, baisser les bras ou céder au défaitisme politique était absurde, car les rapports de force ou les régimes peuvent toujours s’inverser. La résignation est donc une erreur stratégique majeure. Car la politique c’est aussi de la tactique, de l’intelligence pratique. Malgré son rejet viscéral du régime républicain et parlementaire, Charles Maurras encourageait ses lecteurs ou partisans à voter, selon la célèbre maxime : « Par tous les moyens, même légaux », dans le cadre « du compromis nationaliste ». Il appelait à voter pour ceux qui défendait prioritairement l’intérêt national, l’armée, l’Église, l’ordre, pour éliminer les candidats les plus nocifs, car c’est bien de cela dont il s’agit, voter c’est aussi éliminer par ricochet.
Certes, me diriez-vous, un sondage de septembre 2026, ne fait pas l’élection présidentielle d’avril et de mai 2027. Mais je lis ce matin dans Le Figaro, que « Marine le Pen creuse l’écart au second tour face à Édouard Philippe comme face à Jean-Luc Mélenchon », selon cette enquête Toluna-Harris interactive pour RTL et M6. Face à Philippe elle gagnerait par 57% des voix, et avec 69% face au grand manitou du castrisme et du chavisme, le chef des Lfistes. Il nous faut donc démentir l’histoire politique électorale qui donnait des vainqueurs dans les sondages et des vaincus lors de l’élection – (je pense à Balladur face à Chirac en 1995, et à Lionel Jospin qui avait éclaté de rire, lorsqu’un mois avant le 1er tour de 2002, un journaliste lui demandait « et si vous n’êtes pas présent au deuxième tour ? ») -.
Au premier tour, Marine le Pen selon ce même sondage obtiendrait entre 35 et 36%, Retailleau 10% et Zemmour entre 5 et 6%. À l’heure ou le RN vient d’obtenir un groupe au Sénat, fait historique sous la Vème république, ne pas voter est pire qu’une faute, un crime.
Alors aucun désespoir d’aucune sorte, et tous aux urnes dès le premier tour, pour contrer les ennemis de la France, les pincettes sont autorisées, pour ceux qui seraient perturbés.

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