
Au moment où nous écrivons ces lignes, la messe du pape est en train de se dérouler à la Concorde et sur les Champs-Élysées. Une foule très nombreuse est venue voir et entendre le Saint-Père et, dans cette foule, un certain nombre d’élus de la République. Emmanuel Macron, on le sait, n’assistera à aucun des offices célébrés par Léon XIV. Il est vrai que le discours du pape sous les ors de l’Élysée lui a fait comprendre l’essentiel.
En revanche, sur les Champs, il y avait Marine Le Pen et Jordan Bardella. Le Monde, jamais en retard d’une attaque gratuite contre la droite, en profite pour se demander si les catholiques reviennent en force dans le camp national. Ce serait bien pratique, car les journalistes n’auraient qu’à ouvrir leurs manuels de lycée à leur chapitre préféré, celui sur la droite réactionnaire de 1870 à nos jours. « Le cléricalisme, voilà l’ennemi », la loi de 1905, les spoliations et puis la disparition progressive du catholicisme dans l’historiographie officielle, à la notable exception de belles figures de résistants, qu’on s’empressera d’oublier.
Le journal du politiquement correct cite des noms, parmi lesquels celui de Renaud Labaye, qui vient de quitter ses fonctions de secrétaire général du groupe RN à l’Assemblée nationale pour rejoindre la campagne de Marine Le Pen, mais aussi ceux d’Alexandre Varaut ou Laure Lavalette, qui font partie des parlementaires catholiques du groupe RN. En mélangeant allègrement tout, les journalistes voient également, dans la participation des figures du RN à des rassemblements catholiques, un mouvement identitaire plus large qui correspondrait au retour de fêtes populaires dans les municipalités tenues par le premier parti de France. Et, évidemment, la photo d’illustration est celle d’une procession à Perpignan (dont le maire est Louis Aliot) au cours de laquelle une confrérie (comme en Espagne toute proche) défile avec des cagoules pointues. Allusion extrêmement subtile qui permet de faire un lot, comme sur Vinted, avec le RN, le catholicisme, la piété régionale et le Ku Klux Klan.
Et le général de Gaulle ?
Au milieu de cette soupe, la position modérée et intelligente nous vient de Jean-Philippe Tanguy, pourtant athée. Le député RN de la Somme rappelle que le général de Gaulle allait à la messe en tant que chef de l’État, mais ne communiait pas, quoi qu’il fût catholique, parce qu’il représentait un pays laïc. Cet équilibre bienvenu semble hérisser les laïcards de la presse subventionnée, alors qu’il s’agit de simple bon sens. Par ailleurs, il n’y a pas – il n’y a plus – de « lobby catholique » dans les rangs du RN. Les députés votent comme ils veulent (cas de l’euthanasie) ou bien s’absentent quand il y a un sujet sensible.
Assister à la messe dans un pays qui fut le phare de la chrétienté et demeure la fille aînée de l’Église, c’est normal. Évidemment, ça ne veut pas dire que le prochain Président renouvellera, séance tenante, le vœu de Louis XIII en faisant consacrer la France à la Sainte Vierge. C’est simplement une façon de s’inscrire dans la continuité d’un pays millénaire. Mais la continuité, les révolutionnaires n’en ont jamais voulu. Le temps des éructations contre le catholicisme est passé et les losers du Monde font partie de la charrette des ringards. C’est très bien comme ça.
Laisser un commentaire