
Les élections approchent. La pression monte. D’autant que les problèmes s’accumulent et la vie des Français devient de plus en plus difficile à l’image de l’évolution du prix des carburants qui est en passe de mettre l’économie et la population à genoux. Et ce ne sont pas les paroles de Macron, hier soir lors de son interview, qui sont là pour faire baisser le stress sur ce sujet. Ni sur les autres sujets d’ailleurs. Résultat : à mon avis, et j’en ai connu de nombreuses, jamais une campagne présidentielle ne se déroulera dans une telle ambiance et avec un enjeu aussi énorme quant à la suite qui sera donnée en fonction de qui sera élu.
Si nous prenons les candidatures de gauche, que ce soit Mélenchon ou la gauche qui se déclare « modérée » (Glucksmann, Hollande, Royale, etc.) tous ont globalement la même ligne : continuer à favoriser l’immigration qui détruit notre société sur les plans économique, culturel et tout ce qui touche à notre identité. De plus, sur l’économie, cette gauche ne renoncera jamais à son credo historique : « Il faut faire payer les riches » et son corollaire, un État toujours plus dépensier et de ce fait une population toujours plus taxée (nous sommes déjà le pays le plus taxé au monde). Enfin, en ce qui concerne la liberté d’opinion et d’expression, nous sommes tout simplement en passe de nous retrouver en dictature « au nom du bien », qu’il s’agisse des médias ou de la possibilité pour tout citoyen d’exposer sans crainte son opinion. Au final, ces politiques conduites depuis des décennies pour la gauche et la droite molle et soumise (hier l’UMP et aujourd’hui les macronistes, le centre et LR), ont amené le pays au bord du gouffre avec une dette monstrueuse, des services publics en capilotade, une école qui est à la dérive, une agriculture qui se meurt, des dépenses délirantes d’énergies renouvelables, etc.
Il est donc indéniable que si ces gens (gauche et droite molle) étaient reconduits au pouvoir, la même politique continuera et les problèmes actuels ne feront que s’aggraver. Quiconque réfléchit un peu sait que nous irions tout droit vers une mise sous tutelle de la troïka (commission européenne, BCE et FMI) comme la Grèce l’a été en 2008. Et la période qui a suivi pendant 9 ans a été terrible pour les Grecs. Elle le serait aussi pour les Français.
Alors, de ce fait, si on est d’accord pour reconnaître que cette campagne sera probablement la plus importante de la Ve république, quelle attitude convient-il d’avoir pour ces élections ? Quel bulletin mettre dans l’urne, au 1er et au 2e tour ? Quelle stratégie électorale adopter ? Etant entendu que le choix de vote est entre le RN de Marine Le Pen (soutenu par l’UDR de Ciotti), Reconquête de Zemmour et Knafo, Debout la France de Dupont-Aignan et l’UPR d’Asselineau.
Je vais le dire clairement : aucun de ces candidats ne recueille mon soutien sur la base de son programme. Pourquoi ? Prenons quelques exemples afin d’identifier les problèmes.
Le point le plus important est constitué par la question de l’Europe et ce que chaque candidat pense qu’il faut faire maintenant et à l’avenir. Tous, sauf Asselineau, considèrent qu’il faut rester dans l’Europe et la réformer de l’intérieur, notamment en modifiant les traités. J’avoue ne pas savoir si c’est par une inculture terrifiante ou pour tromper volontairement les gens qu’ils ont cette position. En effet, il est de notoriété publique que la modification d’un traité oblige à un vote à l’unanimité des pays membres de l’Union européenne. Condition qui sera impossible à réaliser pour détricoter l’Europe telle qu’elle est. Dès lors pourquoi faire croire aux gens que l’Union européenne est réformable de l’intérieur alors que tout a été fait depuis 1992 (Maastricht) pour rendre impossible, après la pose de chaque nouvelle brique de cet édifice, toute remise en cause de ce qui existe déjà grâce à un dispositif similaire à un cliquet anti-retour ? Et j’ajoute que tous, sauf Asselineau, refusent de sortir de l’Union européenne en activant l’article 50 du traité de Lisbonne, comme l’ont fait les Anglais lors du Brexit.
Enfin, il convient de se souvenir que tous font croire qu’une fois élu le nouveau Président (ou Présidente) pourra mener la politique qu’il veut. Or c’est là encore un énorme mensonge et raconter des histoires aux électeurs. La meilleure preuve, ce sont les GOPÉ (Grandes Orientations des Politiques Économiques). Un GOPÉ, c’est une feuille de route donnée à chaque pays membre, chaque année, pour lui dire quelle politique il doit conduire notamment sur le plan politique et social. C’est la traduction la plus terrible du traité de Maastricht qui a permis de transmettre à la Commission européenne la souveraineté de chaque pays. Donc aujourd’hui sur ces questions économiques, les pays membres n’ont plus de souveraineté, ils doivent obéir et appliquer ce que la Commission européenne (non élue) a décidé. Sous peine de sévères sanctions allant de 0,1 à 0,5 % du PIB. Certains trouveront peut-être cela insignifiant. Détrompez-vous et prenez votre calculette. La France, c’est environ 2800 milliards € de PIB. Donc 0,5 % du PIB c’est… 14 milliards € ! Ce qui est loin d’être à prendre à la légère.
Au final, il est sidérant que tout ces candidats veuillent rester dans ce système et prétendent le réformer de l’intérieur tout en pouvant mener la politique qu’ils souhaitent en France. Sauf Asselineau. On me permettra de dire que sur la question européenne Asselineau est certainement celui qui est le plus lucide. Mais sur le reste il est consternant. Notamment, il est contre l’union des droites et, de plus, il est pour l’immigration et considère que ceux qui s’y opposent et veulent la remigration sont en quelque sorte des racistes. Donc désolé, mais être très bon sur l’Europe ça ne suffit pas et s’il arrivait à obtenir ses 500 parrainages, voter pour ce candidat ce serait voter pour un score qui sera certainement situé entre 0,5 et 1 %. Donc exit Asselineau. Ce vote ne sert à rien. C’est d’ailleurs un peu la même chose pour Dupont-Aignan car, même si globalement le personnage est beaucoup plus sympathique qu’Asselineau, il restera une candidature de témoignage. Il n’a strictement aucune chance d’être élu, donc là aussi désolé mais ce n’est pas un choix crédible.
Restent le RN et Reconquête.
Commençons par Reconquête, c’est à dire la candidature de Zemmour. En 2021 et durant la campagne de 2022, il a suscité un incroyable espoir l’amenant d’une part dans les sondages à 19 % avec l’espoir de pouvoir accéder au 2e tour. Et d’autre part en réalisant le magnifique rassemblement du Trocadéro qui fut une réussite éclatante. Parti de rien, son envol fut foudroyé notamment à cause de la guerre qui éclata en Ukraine en février 2022. Zemmour termina à 7 % ce qui était déjà un joli score pour quelqu’un qui n’existait pas 9 mois plus tôt, mais très loin de l’espoir qu’il avait créé. En 2027, Zemmour se déclare à nouveau candidat. Mais cette fois c’est une grosse erreur politique. De l’eau a coulé sous les ponts depuis 2022 et plusieurs de ses prises de position se sont révélées catastrophiques. Je veux notamment parler de ce qu’il a dit s’agissant du Covid, de la guerre en Ukraine, de l’Europe (comme nous venons de le voir) et récemment de Poutine au sujet duquel il a indiscutablement rejoint la meute pour hurler avec les loups.
C’est d’ailleurs consternant car Zemmour qui connaît l’histoire sait qu’en 1991 Américains, Allemands, Anglais et Français (Roland Dumas ministre de Affaires étrangères de Mitterrand l’a confirmé à Sud-Radio en avril 2022) ont promis à Gorbatchev que s’il dissolvait le pacte de Varsovie, aucune avancée de l’OTAN n’aurait lieu en direction de la Russie. Sauf qu’aujourd’hui on ne peut que constater que dans tous les anciens pays de l’Europe de l’Est, des bases de l’OTAN ont été installées, en violation des accords de 1991. Poutine a vu tout cela et sait que les Occidentaux mentent comme ils respirent. Constatation faite à nouveau avec les accords de Minsk de 2014 où il a été officiellement reconnu par Merkel et Hollande que l’accord avait été signé juste pour gagner du temps et permettre à l’Ukraine de s’armer. Tout cela faisait donc beaucoup et Poutine a fini (en ayant été très patient) par dire : stop ! Et engager en 2022 la guerre contre l’Ukraine qui voulait aussi avoir ses bases de l’OTAN et rejoindre l’UE. Zemmour sait parfaitement tout cela. Pourtant il s’est laissé aller à choisir de hurler avec les autres contre Poutine. Est-ce pour éviter de se faire cataloguer comme « agent de Poutine » dans la campagne qui vient afin d’éviter les poursuite pour « ingérence » et une diabolisation par les médias et la classe politique ? Nul ne le sait, mais en tout cas quelle que soit la raison, c’est une grave erreur politique. Et si l’on reprend la liste des positions qui sont les siennes aujourd’hui, on ne peut manquer de noter que le Zemmour 2027 est bien loin du Zemmour 2022. Donc, je préfère le dire tout simplement : il y a aujourd’hui trop de positions problématiques défendues par Zemmour pour que je mette un bulletin Reconquête dans l’urne en 2027 au 1er tour. Et j’ose le dire : cela ne m’étonnerait pas si Zemmour avait de grosses difficultés à atteindre et dépasser les 5 %.
Ajoutons que si Reconquête avait voulu sur ce strict plan préparer l’avenir, c’était Sarah Knafo qu’il fallait présenter. Elle a certes les mêmes positions que Zemmour mais c’est une débatteuse excellente et elle aurait donné du fil à retordre à ses adversaires dans les confrontations, ce qui aurait contribué à la faire mieux connaître. Mais bon… c’est à mettre aussi dans la catégorie des erreurs politiques.
Reste le RN et Marine Le Pen. Précisons une chose immédiatement. Mon choix de vote au 1er tour ne sera pas le résultat d’une démarche par élimination. À cet instant, j’ai passé en revue les possibles candidats de ce qu’on pourrait appeler la droite nationale ou patriote. Donc voyons ce que dit et veut faire Marine Le Pen si elle est élue ce qui est très probable.
En préambule, je veux dire clairement que je n’ai nullement l’intention de cacher mes désaccords avec Marine Le Pen sur de nombreux sujets. Tout d’abord commençons par sa stratégie de dédiabolisation. Je ne vais pas faire de la psycho ou de la psychanalyse de comptoir, mais il est évident que Marine Le Pen veut être « reconnue ». Elle veut que ses adversaires disent qu’elle est mieux que ce qu’ils disaient, que ses idées sont moins terribles que certains l’affirment et que ses projets ne vont pas mener au fascisme que tant d’abrutis annoncent. Et tous ses reculs ou virages sur l’aile pour plaire au camp d’en face découlent de là. C’est tout particulièrement le cas avec le problème de l’islam qu’elle a déclaré « compatible avec la République ». Tout comme elle ne veut pas interdire le voile islamique dans l’espace public, etc. Sur l’immigration, même si elle veut prendre certaines mesures contre l’immigration clandestine, elle ne parle nullement de remigration.
Sur le plan économique, même si une certaine inflexion a été visible ces derniers temps, Marine Le Pen reste la tenante d’une politique économique et sociale qui pourrait aisément être qualifiée de « politique de gauche ». Elle est très loin des positions défendues par une Sarah Knafo dans son récent livre pour réduire le train de vie de l’État et s’engager sur la voie du désendettement. Enfin, s’agissant de l’Europe, elle défend elle aussi l’idée qu’il faut rester dans l’Europe et travailler en interne à la changer. Ce qui est l’exact inverse de ce qu’elle défendait en 2017.
Vous me direz peut-être : « Mais alors, si elle aussi a des positions à ce point opposées à ce qu’il conviendrait de défendre, pourquoi voter pour elle plutôt que pour l’un des autres cités plus haut ? ». La réponse à cette question est toute simple. Comme je l’ai indiqué au début de cet article, l’enjeu de cette élection n’a jamais été aussi grave. Sans vouloir être grandiloquent ou inutilement alarmiste, c’est le sort de la France, donc son avenir, qui se joue dans ces élections. Ce ne sont pas des élections comme nous en avons connues tant. Cette fois si la gauche ou le droite molle repassent et continuent la politique menée depuis des décennies, la France est foutue et la population avec. Donc il faut le dire tout net : tout doit être fait pour battre la gauche et la droite molle donc pas une voix ne doit manquer au candidat qui a le plus de chances de gagner. En l’occurrence Marine Le Pen. Oui, cela veut dire mettre un bulletin RN dès le 1er tour. Je répète ce n’est pas une élection comme les autres.
Et c’est d’autant plus vrai que comme l’évolution de la situation va devenir de plus en plus difficile pour la population, il va y avoir une grogne toujours plus grande et une volonté de changement qui va s’amplifier. Dès lors, il n’est peut-être pas impossible d’envisager l’élection de Marine Le Pen dès le 1er tour ! Ce serait évidemment le cas si les candidats dont nous avons parlé, comprenant cet enjeu, acceptait de ne pas présenter leur candidature de témoignage et appelaient à voter Marine dès le 1er tour. Malheureusement, j’ai de sérieux doute sur la capacité de ces gens à arriver à cette conclusion. Du fait de leur ego ou de leurs calculs de petits boutiquiers, ils préféreront obtenir leur tout petit score plutôt que contribuer à assurer la possibilité de chasser la gauche et la droite molle dès le 1er tour. Reste que malgré cette difficulté objective, peut-être est-ce la dégradation de la situation qui permettra à Marine de l’emporter dès le 1er tour avec un raz de marée de voix au 1er tour, que cela plaise ou pas à ses opposants du camp national.
Pour ce qui me concerne ce sera sans hésitation le bulletin RN dès le 1er tour. L’enjeu est trop important et même malgré toutes mes divergences avec Marine je veux avant tout chasser la gauche, le centre et la droite molle du pouvoir.
Bernard GERMAIN

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