
Il est devenu l’ennemi public numéro 1 : à l’heure du dérèglement climatique, on ne parle que de le traquer, de le taxer, de « décarboner » la planète. Et pourtant, sans lui, ni fleurs, ni arbres, ni animaux, ni humains — nos organismes sont constitués à 20 % de carbone. C’est cette face méconnue de l’élément chimique le plus décrié du moment que raconte « Carbone », un documentaire ambitieux de l’Australienne Daniella Ortega (2021, 1h27), librement accessible sur YouTube, qui prend le parti original de donner une voix… au carbone lui-même.
Né dans le cœur des étoiles
Le film démarre aux origines : la naissance de l’atome de carbone dans le cœur des étoiles vieillissantes, à plus de 100 millions de degrés, au terme d’un processus quasi « miraculeux » — 2 noyaux d’hélium qui se percutent pour former un noyau de béryllium, lui-même heurté par un 3e noyau d’hélium. Éjecté dans l’espace à la mort des étoiles, ce précieux atome deviendra la brique fondamentale de la vie terrestre. Car le carbone est un caméléon : capable de se combiner avec à peu près n’importe quel élément du tableau périodique — hydrogène, oxygène, azote, phosphore, mais aussi fer, nickel, cuivre ou zirconium —, il engendre des composés aussi dissemblables que le diamant, cristallin et dur, et le graphite, gras et noir. De quoi fabriquer tout un monde. Avec pour fil rouge une famille attendant un enfant, le documentaire suit ensuite les pérégrinations de l’atome sur Terre : son rôle dans l’apparition de la vie, le prodige de la photosynthèse, la formation de l’ADN, les processus métaboliques du corps humain, jusqu’aux cycles de plusieurs millions d’années qui le font voyager du noyau terrestre à l’atmosphère — le tout illustré par des animations soignées.
Un plateau d’experts de renommée mondiale
Pour raconter cette épopée, la réalisatrice a réuni un plateau impressionnant : les astrophysiciens Neil deGrasse Tyson et Tamara Davis, les climatologues Katharine Hayhoe et Will Steffen, l’écologiste forestière Suzanne Simard, le spécialiste des matériaux Mark Miodownik et l’historien David Christian. Le film ne fait pas l’impasse sur la question climatique — il plaide au passage pour le développement des énergies renouvelables face aux émissions engendrées par les combustibles fossiles, eux-mêmes composés d’hydrogène et… de carbone. Mais son grand mérite est ailleurs : rappeler qu’avant d’être un problème, le carbone est d’abord la condition de notre existence — et qu’on ne comprend rien aux débats sur le climat sans comprendre d’abord l’extraordinaire histoire naturelle de cet atome. Une leçon de sciences accessible à tous, à voir en famille.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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