
Le gouvernement promet la stabilité fiscale, les chiffres racontent autre chose. Le projet de budget pour 2027, transmis au Haut Conseil des finances publiques avant sa présentation en Conseil des ministres le mercredi 30 septembre, prévoit une hausse du taux de prélèvements obligatoires de 43,9 % du PIB en 2026 à 44,2 % en 2027. Soit 0,3 point de plus en 1 an — l’équivalent de près de 9 milliards d’€ de prélèvements supplémentaires, sous réserve de l’évolution de l’activité économique et du vote du Parlement, selon Les Échos. Dans le même temps, la dette publique poursuivrait son envol : 115,6 % du PIB en 2025, 119,3 % attendus en 2026, puis 121,7 % en 2027, un record, avec un déficit encore à 5 % du PIB.
Le grand écart entre le discours et les chiffres
« Stabilité fiscale, nous n’augmenterons pas les impôts », avait pourtant assuré le Premier ministre Sébastien Lecornu au Figaro. La nuance défendue par l’exécutif tient à une subtilité : pas de hausse générale des taux d’imposition — ni relèvement de la TVA, ni gel du barème de l’impôt sur le revenu, assure Bercy —, mais des ajustements ciblés, la réduction de niches fiscales et un meilleur rendement de la lutte contre la fraude. Résultat agrégé identique cependant : les recettes publiques progresseraient plus vite que la richesse nationale, et le redressement des comptes reposerait davantage sur ce supplément de recettes que sur la baisse de la dépense publique, laquelle ne reculerait que de 0,2 point (de 57,1 % à 56,9 % du PIB).
Les assurés, contribuables qui s’ignorent
C’est sur les contrats d’assurance que la mécanique des impôts discrets se déploie le plus visiblement, comme le révèle Le Monde. Le projet de loi de finances prévoit d’abord une surtaxe de 200 millions d’€ sur l’assurance automobile, via le relèvement de 18 % à 18,9 % de la taxe sur les conventions d’assurance — seuls les conducteurs assurés au tiers y échapperaient. Les recettes financeront les services départementaux d’incendie et de secours, très sollicités par les feux de l’été 2026 en Gironde. S’y ajoutera une contribution « émeutes » de 0,8 % sur tous les contrats d’assurance-dommages des particuliers et des professionnels (hors risques agricoles), révisable chaque année par décret jusqu’à 1,5 % du tarif : elle alimentera un fonds public d’indemnisation des collectivités victimes de casse, en réponse aux violences de Nouvelle-Calédonie et des Antilles en 2024. Enfin, la « taxe attentat » qui abonde le fonds de garantie des victimes du terrorisme passera de 6,50 à 8,50 € par an et par contrat. Le directeur général de la Macif, Jean-Philippe Dogneton, rappelle qu’un assuré paie déjà en taxes l’équivalent de 2 mois de prime sur ses contrats santé, auto et habitation, et prévient : « Charger la barque pénalise les assurés ».
Mutuelles : la facture la plus lourde
C’est toutefois du côté de la santé que les ménages seront le plus ponctionnés. Par décrets publiés le 21 août, le gouvernement a transféré 1,5 milliard d’€ de charges de la Sécurité sociale vers les complémentaires santé, appelées à financer davantage les soins dentaires, les transports sanitaires et certains médicaments jugés peu efficaces — un transfert d’une ampleur inédite selon le cabinet spécialisé Addactis. La taxe exceptionnelle de 2,05 % sur les contrats de complémentaires, créée en 2025, a par ailleurs toutes les chances d’être reconduite, pour 1 milliard d’€ de recettes. Conséquences concrètes pour les Français, d’après le baromètre Addactis : des hausses de tarifs attendues en 2027 de 6,5 % à 7,5 % pour l’assurance habitation, de 3,5 % à 4,5 % pour l’auto — alourdies aussi par la sinistralité climatique — et une hausse médiane de 8 % pour les mutuelles. Les débats parlementaires de l’automne diront si ces prélèvements en cascade survivent tels quels à l’examen du texte. Les contribuables, eux, sont prévenus.
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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