
Nous vous proposons ici de découvrir une analyse du monde des politiques actuels – que vous pouvez retrouver aussi sur https://politiquemagazine.fr/, avec de nombreux autres articles – mais comme cette démonstration est un peu longue, nous avons choisi de la partager avec nos lecteurs en deux parties, aujourd’hui et demain…
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par Hilaire de Crémiers
Les Français voient bien l’État déplorable de leur pays. Du moins, les Français qui ont encore le sens de la France ; et il y en a, malgré tout ce qui est fait à tous les niveaux et par tous les pouvoirs existants, de l’école à la politique et aux chaînes d’information officielles, pour les détacher de leur histoire, de leur nation, de leur identité profonde.
Il faut dire que de plus en plus de Français subissent les conséquences désastreuses de l’impéritie générale de la puissance publique qui s’est manifestée singulièrement cet été avec les feux qui ont ravagé la France ; impéritie qu’aggrave l’agitation politique en tous domaines, aussi stupide que calamiteuse, de leurs gouvernants. Ils constatent par eux-mêmes les résultats, quelquefois effroyables, de tant d’inepties – Industrie, Agriculture, Commerce, Immigration, Europe, Justice, Sécurité, Famille, École –, de tant de gabegies, d’incapacités notoires dans les graves questions régaliennes, voire de malfaisances idéologiques et volontairement programmées pour les détruire, eux, leurs familles, leurs convictions profondes, tout ce qu’ils sont.
Ils sont constamment bousculés, et de plus en plus violemment, dans leur quotidien, dans leur vie sous tous ses aspects, dans leur patrimoine, dans leur revenu par une République qui vit de spoliations auxquelles seuls les très gros peuvent échapper, dans leur famille, même dans leur chair, le pays s’étant mexicanisé, et dans la chair de leur chair. Les voilà frappés directement. Chaque jour ou presque des enfants tués, des femmes violées, des vols de plus en plus violents, des règlements de compte au grand jour à coups de bagnoles volées, jetées dans la foule, et de kalachnikovs brandies maintenant par des gamins. Bref, ce que Dupond-Moretti, Nuñez et Macron appellent des faits divers dont il serait inconvenant d’exagérer l’importance. L’islamisme a évidemment beau jeu d’étendre ses tentacules sur une nation à ce point déstructurée où l’État ne remplit plus sa fonction essentielle de garantir l’ordre national pour lequel, d’ailleurs, une bonne partie de sa magistrature comme de ses corps constitués affiche le plus grand mépris. Inutile de dire que le banditisme, le narcotrafic, tous les commerces illégaux les plus épouvantables prospèrent et particulièrement dans les populations issues d’une immigration incontrôlée.
Et sur le devant de la scène de ce spectacle navrant, les officiels de la politique et du journalisme patenté pérorent. Ils osent parler de la France et même de son avenir. Chacun a sa vision prospective et son avis péremptoire. Rien que d’en émettre l’idée est, dans les circonstances actuelles, ridicule. Personne ne peut rien à la situation, personne, voilà la vérité, dût-elle déplaire. La solution, s’il y en a une, ne peut être qu’ailleurs, en dehors de ce monde sans foi, dans une vision supérieure qui leur échappe totalement.
Et construire des prisons prétendument fermées et dites de haute sécurité, avec des drones qui les survolent nuit et jour porteurs de leurs colis de drogues et de portables, ne sert à rien, sauf à cacher la misère d’une société livrée par la loi elle-même et par ses dirigeants au désordre moral, social, intellectuel, spirituel, voulu et, en quelque sorte, organisé depuis des décennies par des mafias de toutes sortes, et d’abord – il faut le dire et le souligner, mais qui ose le faire – au sommet de l’État et, maintenant, dans tous les corps de l’administration publique, l’exemple venant de haut ; à quoi répondent corrélativement en toute logique sociologique les gangs qui gangrènent tout le pays. Malgré une police et une gendarmerie déployées comme jamais, mais toujours insuffisantes, disposées en réalité pour le service des autorités en place, les zones dites de non-droit s’étendent chaque jour davantage dans les métropoles mêmes, dans leurs quartiers périphériques que plus personne ne contrôle, même pour ce qui est du nombre de la population, au point que nul n’ose s’y risquer et surtout pas les officiels. Et voilà que le mal s’étend à toutes les villes moyennes et jusqu’au fond des campagnes reculées : un cultivateur, un habitant de la ruralité n’ont plus de sécurité. Les machines agricoles sont volées et le vol est pris en charge par des réseaux en chaîne, comme les câbles en cuivre, comme les voitures, comme tout. Pratiquement jamais d’arrestation, une pillerie comme aux pires moments de l’histoire.
Le plus insupportable – et beaucoup de Français le ressentent – est de voir se démener dans ce chaos les politiciens, les innombrables candidats à toutes les candidatures et, d’abord, à la magistrature suprême à laquelle ils se croient tous destinés, ce qui est littéralement intolérable de suffisance et de bêtise ; et pareillement discourir dans leur sillage les journalistes et radioteurs des canaux officiels dits d’information, en fait de propagande étatique républicaine. Ils se permettent de faire parler ces pauvres Français en les assignant, selon leur seule grille de lecture, dans un programme électoral. C’est si facile à classifier, en prenant les critères de leur méthode d’analyse dont les références sont toutes idéologisées et biaisées. Un Jérôme Fourquet, ainsi que de plus en plus d’analystes politiques les remettent en cause, très heureusement. Ils essayent de dégager les pensées et sentiments vrais d’un peuple qui se sent et se sait de plus en plus abandonné. Un Christophe Guilluy l’a admirablement montré. La classe dirigeante actuelle ne représente pas le peuple français ; elle en est même totalement dissociée.
C’est pourquoi les discours explicatifs de tout cet univers de la politicaillerie ont quelque chose de grotesque et de décalé : les Français voudraient ci, les Français voudraient ça et c’est parti pour le pouvoir d’achat, la retraite, l’égalité pour tous, les droits à tout et à n’importe quoi, la justice mais la paix, puis la paix mais la justice.
Eh bien non ! Les Français, les bons Français, veulent d’abord et fondamentalement que la France vive alors qu’ils réalisent que tout est fait pour la tuer. Le problème est qu’ils n’arrivent pas à imaginer que cette volonté antifrançaise est le ressort fondamental de leur République et ce, depuis son origine ; et malgré toutes les apparences qu’elle s’est données pour capter l’électeur. Il faut bien le comprendre. Tel est l’idéal – d’ailleurs pour elle absolument contraignant – de la République, fort bien explicité par ses auteurs fondamentaux et ses parangons illustres, de Robespierre à Ferry et à Peillon : la République ne veut comme citoyens que des républicains bien formatés et non pas des Français importuns avec leurs convictions nationales et historiques – et qui sont donc à éliminer politiquement. La République a toujours fonctionné de cette façon, quoi que raconte une histoire falsifiée.
Et pourtant, malgré ces évidences, il en est encore qui prétendent faire coexister dans leur pensée et dans leur programme l’idée nationale française et l’idéal dit républicain. Eh bien, ils auront beau faire, ils perdront nécessairement la partie, comme ce fut toujours le cas dans le passé, en dépit de tout ce qui se trame et se calcule en ce moment. La vérité politique va se confirmer une fois de plus, malgré toutes les supputations électorales et les résultats qui suivront.
(à suivre demain)…
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