Arles, Carcassonne : la CGT squatte la Bourse du Travail et refuse de partir

Selbymay, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Le maire Patrick de Carolis a obtenu gain de cause devant la justice, Sophie Binet l’accuse donc d’être d’extrême droite.

Même méthode, même système de défense : à Arles comme à Carcassonne, l’antenne locale de la CGT occupe la Bourse du Travail depuis des lustres. Sans bail, sans contrat, sans loyer. Bref, sans droit ni titre, et donc sans s’acquitter non plus des frais de fonctionnement qui, de ce fait, incombent au contribuable. Les maires de ces deux villes – Patrick de Carolis (DVC) et Christophe Barthès (RN) – ont décidé de chasser les squatteurs. La CGT se victimise et dénonce une atteintes aux « travailleurs travailleuses ».

La Bourse du Travail appartient-elle à la CGT ?

À ces gens-là tout est permis, du moins le croient-ils, et c’est à cela qu’on les reconnaît. Georges Michel se penchait récemment sur l’affaire de Carcassonne où le nouveau maire RN, Christophe Barthès, a décidé de récupérer un bâtiment appartenant à la commune et que la CGT occupe indûment. Après son élection en mars dernier, et comme il s’y était engagé devant les citoyens qui l’ont élu, le maire a enclenché son programme d’économies… et donc demandé à la CGT de quitter les lieux au 1er juin.

Les intéressés ont bien sûr refusé et lancé une pétition pour les soutenir. On y lit que « La situation est grave et constitue une véritable atteinte aux droits syndicaux et à la démocratie sociale ». Le maire, écrit la CGT, a décidé de « s’en prendre aux libertés fondamentales ». Et d’exposer les faits : « Aujourd’hui, la CGT est menacée d’expulsion de la Bourse du travail, qu’elle occupe depuis 89 ans (sauf pendant la seconde guerre mondiale, sous le régime de Vichy) ». Allusion fine aux heures les plus sombres. Le contribuable, lui, tente un petit calcul dans sa tête : 89 ans sans loyer ni charges, ça fait combien ? En tablant sur 300 euros par mois, ce qui est une estimation très basse, on arrive à 320.400 euros au frais de la collectivité.

On en profite ici pour rappeler que les syndicats français sont assis sur un tas d’or. Dans son bilan de 2024, la CGT annonce avoir collecté pour 84.610.587,58 euros de cotisations, à quoi il faut ajouter environ 20 millions de subventions de l’État. Attention toutefois, « Ces subventions ne sont donc pas une « faveur » ou un « gâchis » comme certain·es élu·es de droite le disent en militant pour leur suppression, il s’agit d’un conquis, d’un droit, pour que la parole des salarié·es existe partout », dit le rapport.

Pourtant, le syndicat de Madame Binet crie au scandale et dénonce : « Derrière cette décision [du maire de Carcassonne], c’est une stratégie claire : faire taire toutes les voix qui dérangent et affaiblir les outils de défense des travailleurs et travailleuses ».

La CGT n’a que faire des décisions de justice

Même son de cloche à Arles où Patrick de Carolis, réélu pour un second mandat en mars dernier, vient d’obtenir gain de cause devant la justice. Au grand dam de la CGT qui, une fois encore, refuse de quitter les lieux qu’elle squatte. Le communiqué du maire est explicite : « La CGT n’est pas au-dessus de la Justice, n’en déplaise à Madame Binet ! » La secrétaire générale du syndicat s’est en effet déplacée pour venir en Arles apporter son soutien aux « expulsés ». C’est la deuxième fois, et comme la première, elle n’a pas pris la peine de contacter le maire. N’ayant pu le faire de vive voix, il lui rappelle donc que : la justice a « confirmé la légalité des décisions prises par la Ville d’Arles » ; qu’elle a « constaté que l’Union locale CGT occupait les locaux sans droit ni titre » ; « reconnu que la Ville d’Arles proposait bien à l’Union Locale CGT de rester au sein de la Bourse du Travail, mais dans une autre aile ». Enfin, « la justice a ordonné la libération immédiate des lieux, avec une astreinte de 50 euros par jour ».

Sophie Binet ne veut pas déménager, et tant pis si le maire souhaite installer l’Office du tourisme dans les locaux qu’elle occupe illégalement : elle ne changera pas de bureau ! Elle l’a écrit sur son calicot : « La CGT Arles : 126 ans dans la Bourse du Travail ; Elle y est chez elle ». Sophie Binet est allée pleurer dans le giron de La Provence : « On ne nous aura pas comme ça, Nous n’accepterons pas que les travailleurs et les travailleuses soient marginalisés dans cette ville.» Sauf que « comme ça » est une décision de justice qui court depuis le 13 juillet dernier, et accuser le maire de rouler pour « l’extrême droite » est un argument qui n’abuse plus personne. Le seul qui vaille est celui soulevé par le maire : « Les Arlésiens n’ont pas à payer 43.000 euros de charges annuelles pour des locaux occupés sans droit ni titre ! »

Marie Delarue

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