Les « maquereaux » de Ceuta résistent à l’invasion migratoire

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Michel Festivi 

Rassurez-vous cher lecteur, je ne suis pas en train d’insulter ces malheureux habitants de Ceuta, bien au contraire, mais ils reprennent eux-mêmes l’expression ancestrale qui les caractérisait, « caballas », ce qui signifie en bon espagnol « maquereaux », au sens précis de ces bancs de maquereaux qui étaient pêchés en abondance, aux larges de leurs côtes notamment aux XIXe et XXe siècle. Car ni Ceuta ni Mellila n’ont jamais été marocaines. Ceuta fut un comptoir portugais depuis 1415, avant de passer à la Couronne espagnole en 1640, et Mellila l’est depuis 1497, avec les promontoires de Vélez de la Gomera, d’Alhucemas, ainsi que les trois îles Chafarines et celle de Persil. À cette époque, le royaume du Maroc n’existait pas.

Le 2 septembre dernier, une foule compacte de plus de 30.000 personnes, (Ceuta est peuplée de 80 000 habitants), a convergé vers le cœur historique de la cité, brandissant des drapeaux espagnols et ceutis aux cris de : « Soy español ! Ceuta no se vende! España unida jamás será vencida!». Un soulèvement historique de mémoire de Ceutiens. Depuis, les drapeaux sang et or fleurissent sur presque tous les balcons, joints à ceux de la ville, huit triangles alternés noirs et blancs avec les armes en écu au centre. Le journal El Debate vient de reproduire des affiches explicites, à l’attention des commerçants que l’on peut lire sur les murs : « si los consideras invasores, por que le vendes » (Si tu les considères comme des envahisseurs, pourquoi leur vends-tu ? » ou, « que tu codicia no sea más fuerte que tu amor a tu patria (que ta cupidité ne soit pas plus forte que ton amour pour ta patrie).

Sur des camionnettes ou tout autre support on a vu foisonner ce genre d’inscription : « Ceuta no se vende – Ceuta se defiende ». Car les habitants n’en peuvent plus. Imaginez dans une enclave de 18,5 km2, 80.000 habitants, envahis par 80.000 migrants au bas mot. Mais visiblement Kylian Mbappé s’en fiche comme d’une guigne, comme Vinicius junior et Ibrahim Konaté, qui ont très lâchement remonté leur t-shirt sur la poitrine, cachant l’inscription en soutien des habitants de Ceuta : « todos son Kabayas ». Ils n’ont même pas eu le courage de leur acte et d’indiquer clairement leur opinion. Cette attitude scandaleuse a provoqué un tollé en Espagne, dont celui du président de la Liga, Javier Tebas. Plusieurs associations de supporters ont réclamé des excuses publiques. Seront-ils sanctionnés comme l’ont été les footballeurs qui avaient refusé d’arborer des brassards en soutien au mouvement LGBT, j’en doute fort.

Car le gouvernement espagnol a failli sur toute la ligne. Il a commencé par estimer à 50.000, puis à 72.000 et enfin à 80.000 le nombre d’illégaux arrivant sur les plages espagnoles, aidés et guidés par la police marocaine. Sánchez nie toujours cela, malgré les preuves accablantes de ses propres services de sécurité et de renseignement. Présent à New York pour l’assemblée générale de l’ONU, il vient de déclarer à un journaliste de CNN que le Maroc : « a failli dans son contrôle de la frontière » et a exigé : « des réponses et des actions », mais il continue toujours de rejeter le fait qu’il avait reçu plusieurs alertes, et que les autorités marocaines ont commis un acte délibéré, malgré qu’il reconnaisse « une guerre hybride ». Sánchez comme Macron, ce sont les contradictions permanentes toujours et encore, dans un discours devenu inaudible.

Feijóo, le président du PP, s’est rendu sur place de nouveau, avec le président PPE Manfred Weber et Vivas le président de Ceuta. Leurs interventions n’ont pas été à la hauteur du drame que vivent les Ceutiens, loin s’en faut. Après les critiques d’usage du gouvernement de Sánchez, on s’est contenté de demander à l’Europe de débloquer 140 millions d’euros d’aide d’urgence, mais aucun des problèmes de fond n’a été abordé, pour contrer l’immigration massive. L’Europe d’ailleurs s’en fiche éperdument de Ceuta visiblement. Santiago Abascal a réitéré sa proposition à Jésus Vivas, membre du PP, de gouverner avec lui, car à Ceuta, le PP et Vox auraient la majorité absolue. Or Vivas continue de vouloir gérer l’enclave seul, en minorité, avec le bienveillant soutien tacite du PSOE et d’un parti musulman, sans majorité stable. Car dans plusieurs régions et territoires, des ententes PP et Vox ont mis à l’ordre du jour la préférence régionale, et d’autres mesures qui vont dans le bon sens. L’intervention de Vivas, qui accompagnait Feijóo et Weber a d’ailleurs été très minimaliste. Cela fait plus de 25 ans qu’il préside Ceuta, il devrait laisser la place, car visiblement il est débordé et fatigué, et n’a pas la vigueur nécessaire. (la fonction regroupe celle de maire, président de l’assemblée, et celle de chef du gouvernement de Ceuta).   

Sur les chiffres des restants, le gouvernement a aussi beaucoup varié. De 2.500, on est passé à 8.000 puis à 11.000, dont 2.500 mineurs au bas mot, qui ont fait de certaines plages et de certains quartiers de vastes campements insalubres. D’autres ont pris positions dans les collines environnantes, ou squattent des quartiers comme celui de El Príncipe. Un chauffeur de taxi, qui sillonne l’enclave a indiqué, qu’à son avis ils étaient plus de 10.000 encore.

Jean-Marc Sánchez, un avocat aux barreaux de Paris et de Madrid, dans une tribune du Figaro Vox, le 17 septembre dernier a écrit : « les maquereaux de Ceuta sont aujourd’hui pris dans les mailles d’un filet dont ils ne peuvent plus s’échapper ». Il rappelle qu’en 1978, le président du gouvernement espagnol, Adolfo Suárez avait menacé le Roi Hassan II, de bombarder Casablanca et Rabat, si jamais les marocains tentaient de s’emparer de Ceuta et Melilla. Mais depuis 1978, la perte de l’indépendance des nations s’est amplifiée, et nous vivons sous le règne d’institutions extranationales qui annihilent toute volonté politique, à moins de disposer d’un courage politique certain et d’avoir de véritables chefs d’État. 

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2026/09/23/les-maquereaux-de-ceuta-resistent-a-l-invasion-migratoire-6609303.html

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