
par Gaston Le Torch
Voilà donc la dernière trouvaille de la Coalition des volontaires ! Des exercices militaires, rien de moins ! À l’automne, nous annonce Emmanuel Macron, les vaillants soutiens de l’Ukraine vont se retrouver en uniforme, bien alignés, bien commandés, bien décidés… à quoi au juste ? À préparer la guerre, paraît-il, ou du moins à s’entraîner à la faire ! Il faut toujours s’entraîner, voyez-vous… surtout quand ce sont les autres qui risquent d’aller mourir.
Macron convoque donc les troupes. Il rassemble les volontaires. On va manœuvrer, tester les états-majors, éprouver les capacités opérationnelles… Toute la quincaillerie militaire y passe ! Ça sent déjà la poudre, les cartes d’état-major et les communiqués triomphants.
Mais voilà qu’une voix vient troubler la belle musique européenne : « No grazie ! ». C’est Rome qui ne viendra pas jouer aux petits soldats de la coalition macronienne. Pas question d’envoyer ses militaires en Ukraine. Pas question non plus de transformer des exercices en avant-goût d’une intervention. Giorgia Meloni a déjà répété la chose à satiété : l’Italie soutient l’Ukraine, mais ses soldats ne fouleront pas le sol ukrainien.
Et c’est là que l’affaire devient intéressante. Car derrière les grands mots — « coalition », « soutien », « capacité opérationnelle », « intervention éventuelle » —, il y a une réalité toute simple : il faudra bien un jour envoyer des hommes. Des vrais. Avec des uniformes, des familles derrière eux et, éventuellement, des cercueils à ramener.
Alors on commence par des exercices. C’est plus présentable. On ne dit pas encore « guerre » ; on dit « préparation opérationnelle ». On ne dit pas « engagement » ; on dit « coalition ». On ne dit pas « intervention » ; on dit « éventuelle intervention une fois les hostilités terminées ». Ah, les mots ! Ils sont merveilleux quand il s’agit de maquiller les intentions ! On prépare donc aujourd’hui ce qu’on prétend devoir faire demain, après la guerre. Seulement voilà : pour préparer une intervention militaire, il faut savoir qui interviendra, avec quels soldats, sous quels ordres et pour quel objectif.
Et, justement, Rome répond : no grazie ! L’Italie veut bien les réunions, les drapeaux autour de la table et les photographies officielles. Mais les soldats italiens, eux, resteront chez eux.
Macron, lui, continue d’avancer. Toujours plus loin vers l’Est. Toujours avec cette étrange assurance de ceux qui parlent de guerre sans jamais prononcer le mot.
Et pendant que Paris organise les manœuvres, Rome rappelle brutalement une vieille vérité militaire : une coalition ne vaut que par les soldats qu’elle est réellement capable d’engager. Le reste, c’est du théâtre. Du grand théâtre européen. Avec beaucoup de drapeaux, beaucoup de généraux, beaucoup de communiqués… Et, pour l’instant, un petit mais très sonore : « No grazie! » et nous, nationalistes français, fidèles à la géopolitique maurrassienne, nous ajoutons… vive la latinité !
https://www.actionfrancaise.net/2026/09/03/ukraine-no-grazie/
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