
Le débat sur les retraites en France n’est pas une simple querelle d’experts ou un arbitrage budgétaire ordinaire : c’est l’organisation méthodique d’un pillage légal, d’une asymétrie institutionnalisée des droits et d’un apartheid social. D’un côté, une caste statutaire immunisée contre les risques économiques crie au scandale et pleurniche dès qu’on effleure ses privilèges ; de l’autre, des millions de travailleurs du secteur marchand s’épuisent au travail pour financer des rentes garanties qu’ils ne toucheront jamais. Au centre de ce dispositif, le Conseil d’orientation des retraites (COR) maquille la faillite sous des fictions comptables afin de protéger les régimes de ceux qui rédigent ses rapports.
Compte tenu de la ruine des finances publiques et du niveau d’injustice atteint, une évidence s’impose : s’il faut réformer et faire des économies sur les retraites, c’est exclusivement aux pensions des fonctionnaires qu’il faut s’attaquer, et ils sont les seuls à devoir voir leurs rentes diminuer.
1. Une sociologie captive, un conflit d’intérêts communautariste et l’artillerie de la propagande d’État
Le COR n’a rien d’un observatoire neutre : c’est l’instrument d’un corporatisme d’État verrouillé où les décideurs sont systématiquement juges et parties.
- Le conflit d’intérêts et le communautarisme professionnel : Les hauts fonctionnaires, magistrats administratifs et syndicats de la fonction publique qui composent et orientent le COR évaluent et protègent des règles dont ils sont eux-mêmes les bénéficiaires directs. Il s’est constitué un véritable communautarisme professionnel d’État : une caste solidaire de ses propres privilèges, qui légifère pour elle-même, audite ses propres comptes et s’octroie des garanties exorbitantes sur le dos du reste de la population.
- La machine de propagande et l’ingénierie de l’asymétrie : Pour faire accepter cette asymétrie brutale des règles sociales, l’appareil d’État a déployé une propagande permanente. En dévoyant des concepts comme « l’intérêt général », le « service public », la « solidarité nationale » ou les « conquis sociaux », cette rhétorique culpabilise le secteur privé et sanctuarise le statut public. L’inégalité de traitement est ainsi maquillée en devoir républicain, transformant une spoliation unilatérale en prétendu modèle social.
- Le réflexe victimisant et la culture du « C’est pas moi » : Les fonctionnaires ont érigé le déni en doctrine. Dès que les chiffres réels sont posés sur la table, la réaction est immédiate et systémique : postures de victimes outragées, complaintes sur la pénibilité de statuts pourtant ultra-protégés et renvoi systématique de la faute sur le privé ou le « grand capital ».
- Les faits sont les faits : Bénéficiant de l’emploi à vie, totalement à l’abri du chômage, de la faillite de leur employeur et des crises économiques, les agents publics refusent d’admettre la réalité mathématique : leur niveau de vie en retraite ne repose nullement sur leurs cotisations réelles, mais sur une ponction fiscale forcée opérée sur la valeur ajoutée créée par les salariés et indépendants du privé.
2. Les impostures méthodologiques du COR : le trucage des chiffres
Pour masquer l’ampleur du transfert de richesses du privé vers le public et pérenniser cette asymétrie, le COR déploie un arsenal d’artifices comptables :
- Le faux taux de remplacement : En comparant les taux de remplacement faciaux sans intégrer le rendement réel du capital cotisé, le COR trompe l’opinion. En moyenne, un fonctionnaire perçoit +910 € bruts par mois de pension de plus qu’un salarié du privé pour une carrière équivalente, tout en ayant cotisé une part bien moindre de sa rémunération globale tout au long de sa vie.
- L’arnaque des cotisations d’équilibre (52 milliards € par an) : Le régime de retraite des fonctionnaires d’État (CAS Pensions) et celui des agents territoriaux/hospitaliers (CNRACL) sont structurellement en faillite. Pour masquer ce gouffre, l’État s’auto-attribue un « taux de cotisation employeur » fictif dépassant les 74 % à 85 % (contre environ 16 % de cotisations employeur dans le privé). Ce ne sont pas des cotisations : ce sont 52 milliards d’euros de subventions budgétaires annuelles, soit près de 14 000 € d’argent magique injectés chaque année par l’impôt pour chaque retraité public. Sans ce chèque tiré sur les contribuables du privé, les pensions publiques s’effondreraient instantanément de moitié.
- L’hypothèse hors-sol des carrières continues : Les projections du COR postulent des carrières complètes, linéaires et sans accroc. Ce modèle théorique correspond au parcours protégé du fonctionnaire, mais ignore sciemment la réalité du secteur marchand : chômage de masse, plans sociaux, faillites d’entreprises, temps partiels subis et trous de cotisation.
3. L’arsenal des privilèges statutaires et leurs vices cachés décryptés
Chaque avantage statutaire constitue une asymétrie majeure et un coût direct répercuté sur la collectivité :
- Le piège des primes non cotisées ( 25 milliards d’euros) :
- L’illusion : Un observateur naïf pourrait penser que l’absence de cotisations retraite sur les primes des fonctionnaires est vertueuse car elle n’augmente pas la valeur de la pension future (calculée sur le seul traitement indiciaire).
- La réalité économique : C’est un désastre pour les comptes publics. Les primes représentent entre 30 % et 50 % de la rémunération réelle des fonctionnaires. En ne prélevant pas de cotisations normales sur cette masse salariale géante, le système public accumule un déficit de trésorerie abyssal. Pour combler ce trou sans rogner sur les pensions, l’État injecte ses fameuses « subventions d’équilibre » financées par la fiscalité générale (TVA, impôt sur le revenu).
- La double peine pour le privé : Le salarié du privé paie des cotisations sur l’intégralité de sa rémunération (salaires, primes, heures supplémentaires, bonus), ce qui pèse lourdement sur le coût du travail et la compétitivité. Le privé se retrouve donc à payer plein pot sur ses propres primes tout en finançant par ses impôts le manque à gagner des primes non cotisées du secteur public.
- La règle des 6 derniers mois contre les 25 meilleures années :
- Dans le public, la pension est calculée sur le traitement indiciaire des 6 derniers mois, au sommet de la carrière, juste après les promotions automatiques à l’ancienneté ou les coups de pouce d’échelon accordés avant le départ.
- Dans le privé, la pension est calculée sur la moyenne des 25 meilleures années, ce qui intègre les années de jeunesse moins rémunérées, les périodes de ralentissement économique et l’érosion monétaire.
- Le taux de 75 % sans plafond contre le verrou de la Sécurité sociale :
- La pension civile de base garantit 75 % du dernier traitement indiciaire (pouvant monter à 80 % avec bonifications), sans être soumise au plafond de la Sécurité sociale.
- Dans le privé, la retraite de base du régime général est légalement bridée à 50 % du salaire moyen plafonné au Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), soit un plafond strict d’environ 1 930 € bruts par mois, quel que soit le niveau de salaire réel sur lequel l’employé a cotisé.
- Départs anticipés et décote neutralisée plus tôt :
- Les catégories dites « actives » (policiers, surveillants pénitentiaires, agents d’entretien, contrôleurs aériens, etc.) partent dès 52 à 57 ans.
- La décote est annulée dès 59 ans dans certains régimes publics, alors que le travailleur du privé doit trimer jusqu’à 64 ans (âge légal) voire 67 ans (âge d’annulation automatique de la décote).
- Bonifications artificielles de trimestres : Attribution massive de trimestres gratuits ne correspondant à aucun travail cotisé : bonifications outre-mer (campagnes doubles ou triples où une année compte pour deux ou trois), bonifications militaires ou bonifications de service public.
- L’assurance exclusive Préfon : Régime complémentaire en capitalisation réservé aux fonctionnaires, bénéficiant d’avantages fiscaux majeurs payés par la collectivité pour sur-optimiser leur rente finale.
- Validation rétroactive : Dispositifs dérogatoires permettant aux agents de titulariser ou valider leurs années de contractuel avec des barèmes financiers d’un avantage inaccessible aux salariés du privé.
4. Trois destins, deux Frances : la démonstration de l’asymétrie vécue
- Monique (3 emplois, 70h par semaine, écrasée par les plafonds) : Secrétaire en journée du lundi au vendredi, veilleuse de nuit dans un hôtel le week-end, et vendeuse sur les marchés le dimanche matin pour boucler ses fins de mois. Monique cumule 70 heures de travail réel par semaine et cotise sur trois feuilles de paie distinctes.
- La sentence du régime général : La loi interdit formellement de valider plus de 4 trimestres par an. Les cotisations prélevées sur ses deuxième et troisième emplois sont des cotisations à fonds perdus qui ne lui ouvrent aucun droit de base supplémentaire. Sa pension finale reste calculée sur ses 25 meilleures années et bloquée par le plafond de la Sécurité sociale ( 1 930 € bruts/mois). Monique s’est bousillé la santé toute sa vie pour toucher une retraite rognée.
- Émile (Professeur militant : payé plus longtemps à la retraite qu’au travail) : Entré dans l’Éducation nationale à 24 ans, parti en retraite à 57 ans grâce aux anciens régimes de départ anticipé des instituteurs/professeurs, après 33 années de service.
- L’absurdité mathématique : Avec une espérance de vie moyenne dépassant 85 ans, Émile va passer 28 à 30 ans à percevoir sa pension, soit quasiment autant de temps payé à ne rien faire qu’à avoir enseigné devant des élèves. Sa pension garantie à 75 %, calculée sur ses 6 derniers mois d’indice, est financée par les impôts prélevés sur les trois emplois de Monique, pendant qu’il défile dans la rue sous les bannières syndicales pour crier au « recul social ».
- François Hollande et l’oligarchie d’État (Le jackpot : gagner plus à la retraite qu’en président en exercice) : Conseiller référendaire à la Cour des comptes, député pendant un quart de siècle, maire de Tulle, président de conseil général, puis président de la République.
- L’orgie du cumul sans plafond transversal : Alors que le cumul de travail de Monique est bridé par un plafond de verre, l’élu-haut fonctionnaire empile les rentes d’État en toute légalité :
- Retraite présidentielle à vie (Loi de 1955) : 6 000 € / mois
- Retraite parlementaire (Assemblée nationale) : 6 500 € / mois
- Retraite de haut fonctionnaire (Cour des comptes sur les 6 derniers mois) : 4 000 € / mois
- Retraites d’élu local cumulées (Ircantec – mairie, département) : 1 500 € / mois
- Le constat du scandale : En cumulant ces rentes d’argent public sans aucun mécanisme d’écrêtement transversal, François Hollande touche entre 18 000 € et 20 000 € bruts par mois d’argent public. C’est nettement plus que son revenu lorsqu’il était Président de la République en exercice (salaire qu’il avait lui-même fixé à 14 910 € bruts/mois en 2012). Le système récompense plus grassement un politicien à la retraite que le chef de l’État en pleine responsabilité.
5. Impacts économiques : la destruction méthodique du secteur productif
- La bombe à retardement hors-bilan : Plus de 5,5 millions d’agents publics accumulent des engagements de retraite hors-bilan de plusieurs milliers de milliards d’euros, dont pas un seul centime n’est provisionné par une épargne réelle.
- L’éviction directe de l’investissement : Chaque milliard d’euro d’impôt injecté pour boucher le déficit des régimes publics est un milliard volé à la recherche, à l’hôpital réel, aux infrastructures, à l’école et à la baisse des charges qui permettrait aux entreprises d’embaucher et d’augmenter les salaires du privé.
- La rupture du contrat social : La jeunesse active du secteur productif comprend qu’elle cotise à taux plein pour financer le train de vie d’une caste partie à la retraite dix ans plus tôt qu’elle, avec l’assurance de ne recevoir que des miettes lorsque son propre tour viendra.
6. Le plan d’ajustement impératif : faire payer les seuls profiteurs du système
Il est inadmissible de demander le moindre effort supplémentaire, le moindre décalage d’âge de départ ou le moindre sacrifice financier aux salariés et indépendants du secteur privé qui portent déjà l’intégralité du pays à bout de bras. Le redressement des comptes doit reposer uniquement sur la réduction nette des pensions et privilèges de la fonction publique :
- Baisse ciblée et obligatoire des pensions des fonctionnaires : Diminution directe du montant des pensions versées aux retraités de la fonction publique pour éponger les 52 milliards d’euros de subventions d’équilibre sans prélever un centime de plus sur le secteur marchand.
- Règle universelle stricte des 25 ans (ou de la carrière complète) : Suppression immédiate de la règle des 6 derniers mois. Tous les fonctionnaires doivent voir leur pension calculée sur les 25 meilleures années, primes incluses dans l’assiette avec cotisations réelles obligatoires à taux normal.
- Suppression intégrale et sans délai des régimes spéciaux : Alignement immédiat de toutes les caisses publiques (RATP, SNCF, ministères, régimes des assemblées) sur le droit commun du secteur privé.
- Coupure définitive des subventions budgétaires d’équilibre : Interdiction légale des transferts financiers du budget de l’État vers les caisses de retraite publiques. Chaque régime devra ajuster ses pensions servies au volume strict des cotisations réellement perçues.
- Plafonnement transversal absolu des rentes publiques : Interdiction d’empiler des retraites issues de fonds publics, de mandats électifs ou de grands corps au-delà du plafond général de rémunération du régime général.
- Rétablissement de l’équité pour le travail cumulé : Validation accélérée et proportionnelle des droits à la retraite pour les salariés cumulant plusieurs emplois dans le privé (comme Monique), au prorata réel des heures et sommes cotisées.
- Instauration d’une part de capitalisation pour le privé : Permettre aux travailleurs du secteur productif de placer une part de leurs cotisations dans une épargne personnelle et inviolable, soustraite à la prédation d’un État gestionnaire en faillite.
Le constat d’une spoliation sans équivoque et le défi au COR
Ce document n’expose pas des opinions : il détaille les mécanismes mathématiques, juridiques et budgétaires d’une spoliation institutionnelle sans équivoque, consolidée par des décennies de propagande étatique et un système où le législateur est à la fois juge et partie. Tout y est factuel, documenté et vérifiable dans les comptes publics de la Nation.
Je mets aujourd’hui le Conseil d’orientation des retraites au défi public de contredire un seul de ces chiffres et de prouver qu’il n’est pas un organisme structurellement corrompu par un biais de caste et un conflit d’intérêts permanent.
Quant aux agents publics et syndicalistes qui crient à l’austérité dès qu’on touche à leur statut, l’heure de vérité a sonné : aucun fonctionnaire n’est désormais crédible lorsqu’il parle de « justice sociale » ou de « solidarité » s’il ne réclame pas en premier lieu l’application du droit commun pour lui-même.
Tant qu’un fonctionnaire refuse d’être soumis aux 25 ans de calcul, au plafond de la Sécurité sociale et à la suppression des subventions d’équilibre, chacune de ses prises de parole, chacune de ses manifestations et chacune de ses complaintes ne sont que la façade d’une hypocrisie pure pour maintenir une rente sur le dos de ceux qui travaillent.
Les faits sont là, gravés dans les comptes : le reste n’est que bavardage corporatiste.
Et plus il en croque, comme un retraité à 48 ans ou un cumulard ou un retraité au coup du chapeau, plus vous avez le déni. L’autre grande majorité invoquera “non pas nous” des comparaisons morales et minimisantes, ils invoqueront le pas moi mais eux comme les excuses “ce sont les hauts fonctionnaires” et moults excuses pour ne pas admettre.
Là encore vous pourrez constater à la lecture de cet article, qu’aucun ne demandera le droit commun ou ne le revendiquera, AUCUN vous le verrez n’admettra que son mode de calcul, et les exemples cités sont des faits…
Simplement parce que les privilèges ils savent parfaitement qu’ils y goûtent s’ils sont retraités ou qu’ils y goûterons s’ils sont actifs et qu’une fois intégrés même à un niveau modeste on ne peut s’en passer et encore moins les admettre.
Constatez et vous verrez l’évidence de ceux qui jamais ne se remettront en cause.
Par S Lequidam Sur X : @lequidampost
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/retraites-le-cor-vous-prend-pour-271711
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