
La Poste, un opérateur qui n’a pas la maîtrise de son réseau. C’est la triste réalité, et c’est une aberration économique. Le maintien, donc le financement des bureaux de poste, dépend d’une taxe extérieure, variable, décidée par l’État, qui peut être réduite du jour au lendemain. Soit La Poste devient maître de son destin, soit la pérennité du réseau doit être garantie par un financement public stable, pluriannuel, non négociable. Aujourd’hui, on demande à La Poste d’assumer des décisions qu’elle ne prend pas, et de fermer des bureaux faute de moyens qu’on lui refuse. Ainsi la dernière loi de finances a supprimé 52 millions au fonds de péréquation postal. Résultat, des dizaines de bureaux vont à nouveau être sacrifiés. Vous imaginez si un boulanger devait se projeter dans l’avenir sans connaitre la quantité de farine dont il disposera ? Pendant ce temps, l’Etat autorise l’opérateur à dépenser de l’argent dans des projets de communication sans intérêts pour l’usager, pardon le client, tu parles !
Dernier exemple en date les 3 millions investis pour éviter 7000 tonnes d’émission de CO2. Et le commun des mortels de se demander comment on peut claquer autant d’argent pendant qu’on ferme des bureaux. Déjà parce que l’Etat interdit à l’opérateur de financer son réseau, elle aurait voulu injecter ces 3 millions pour sauver des bureaux, elle n’aurait pas pu ! Dans le Vaucluse, par exemple ce sont huit bureaux qui disparaîtront, au mieux ils seront remplacés par des agences postales communales qui ne rendent absolument pas le même service, c’est juste un bandeau sur un bâtiment qui fait croire qu’il y a encore un service public postal, mais on vous dira que non, ceux qui ont eu en s’en servir vous dirons exactement le contraire. Mais que représentent ces 7000 tonnes de CO2 « évités », c’est déjà moins péremptoire ! Eh bien c’est très simple, la tonne de CO2 est valorisée entre 60 et 90 euros, prenons un prix médian, 80. Nous avons donc 7000 tonnes x 80, soit un gain de 560 000 €. En face nous avons sorti 3 millions, soit 5 fois plus que le gain obtenu, et il faudrait se réjouir d’un tel résultat ? Ce gain n’a aucun impact direct sur les usagers, allez dire à la personne âgée qu’on a économisé 7000 tonnes de CO2, mais qu’en revanche elle devra faire des kilomètres pour aller chercher un recommandé, on peut penser qu’elle va s’en foutre royalement.
C’est un chiffre destiné à la communication, pas à la vie réelle.
On nous aveugle avec des tonnes de CO₂, des projets “verts”, des labels, des engagements climatiques. Mais pendant ce temps : les bureaux ferment, les horaires se réduisent, les services disparaissent, les tarifs augmentent. On paye des gens pour dépenser du fric dans des opérations symboliques, pendant que l’essentiel est délaissé. C’est une politique de façade, une écologie de communication, une vertu de plateau télé, comme tout ce qui est fait depuis des années, et qui a conduit au marasme que nous connaissons.
La vérité, c’est que La Poste ne peut même plus investir dans l’essentiel : le maintien d’un réseau stable, accessible, cohérent, capable de remplir sa mission de service public. Non pas par manque de volonté, mais parce qu’elle n’a pas la maîtrise de son propre destin. Au RPF nous pensons que cette situation doit cesser. Et c’est largement possible. Comment expliquer qu’avec plus de 50 % de prélèvement du produit national plus aucun service public ne fonctionne ?
La Poste n’a pas pour vocation de devenir une vitrine écologique destinée à flatter quelques égos urbains. Elle n’est pas là pour produire des chiffres de CO₂, des labels, des opérations de communication.
Elle est là pour acheminer rapidement et en sécurité du courrier et des colis, pour servir de banque de proximité dans les zones où plus personne ne veut aller, pour être présente auprès des citoyens, pourmaintenir un maillage territorial que personne d’autre ne garantit.
C’est cela, sa mission. Pas de planter trois arbres pour publier un communiqué triomphal.
On ne peut pas continuer à se gargariser de cette pseudo vertu verte pendant que l’essentiel est délaissé. On ne peut pas continuer à financer des projets symboliques pendant que les bureaux ferment. On ne peut pas continuer à augmenter les tarifs postaux pour compenser des choix absurdes.
Sans cela, le service public continuera de s’effondrer, et les territoires continueront d’être abandonnés. Cette situation est directement liée à la réforme de 1991, Rocard /Quilès, deux bons socialistes, qui en séparant les deux opérateurs savaient qu’ils mettaient en péril l’un, La Poste. Le crime à posteriori apparaît encore plus odieux ! Au temps des PTT le réseau postal reposait sur un budget annexe stable, équilibré, maîtrisé par l’opérateur lui-même. Il n’y avait pas de taxe extérieure, pas de financement à géométrie variable, pas de dépendance à des arbitrages politiques annuels. Le réseau était pérenne, garanti, considéré comme un pilier du service public. La solution ? Revenir en arrière, impossible, les deux entités ont des structures juridiques différentes et l’Europe l’interdirait ! Revenir à un budget annexe mais cette fois sécurisé oui ça c’est possible, en impliquant l’opérateur dans la gestion de son propre budget, et en y associant des partenaires institutionnels, dont l’État, mais avec une stabilité sur au moins 5 ans, et recentrer les missions et les dépenses au sein même de cette feue grande administration.
https://rassemblementdupeuplefrancaiscom.wordpress.com/2026/09/01/le-sacrifice-de-la-poste/
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