L’extrême centre, obstacle à la libération des Français

(Chronique à lire dans Causeur de septembre)

« On a oublié le peuple » : l’aveu de juillet est venu de Philippe Brun, député PS candidat à la primaire interne de son parti (1). Toutefois, cette tardive lucidité n’a toujours pas pénétré le monde clos de la macronie. Le 12 août, Paris Match a promu à sa une le portrait du chef de l’Etat chevauchant, tout en muscles de bras et de cuisses, un écumant jet-ski rouge, au pied de la citadelle de Brégançon : une obscène flatterie au narcissisme d’Emmanuel Macron, alors que la France recule plein pot.

Durant cet été, plus de cinq millions de spectateurs ont, pour leur part, plébiscité le diptyque d’Antonin Baudry sur La Bataille de Gaulle. Des salles applaudissent. Imaginerait-on le Général faire le kéké devant des paparazzis ? La classe politique, comptable du chaos, a au moins réussi à rendre les Français nostalgiques de leur grandeur passée.

Même la Justice semble redécouvrir qu’elle juge « au nom du peuple français ». Dans son arrêt du 7 juillet permettant à Marine Le Pen d’être éligible en 2027, la Cour d’Appel a rappelé « la liberté de choix de l’électeur » et « la liberté des candidatures ». Les juges ont renoncé à entraver un processus démocratique, contrairement aux manœuvres du parquet national financier contre François Fillon, favori de 2017. Pour sa part, le Conseil constitutionnel, saisi par le PS et LFI, a estimé (14 août) que la loi du 21 juillet interdisant les réseaux sociaux au moins de quinze ans portait, dans ses modalités d’application, une atteinte « disproportionnée » à la liberté d’expression. Quant aux juges d’instruction de Valence (Drôme), ils ont requalifié, le 20 juillet, le meurtre de Thomas Perotto à Crépol (novembre 23) en crime contre « la race blanche et la nation française », à rebours du déni, imposé pourtant par le parquet, sur le racisme anti-Blancs.

Ces petits faits dévoilent une atmosphère. Elle est tempétueuse. La libération du pays dépasse la quête gaullienne. La résistance gagne les citoyens oubliés par l’aristocratie technocratique accrochée à ses privilèges. L’extrême centre, ainsi nommé en raison de la dérive illibérale de la macronie, est la caricature d’un pouvoir paranoïaque irrité par la contradiction. La contrariante Cnews et les indomptables réseaux numériques sont les obsessions de l’Etat censeur et de ses médias. Le projet de loi Bergé a repris une disposition déjà retoquée par le Conseil constitutionnel en 2018 visant à traquer des propos trop critiques. Même le Sénat a sorti en juillet, de la manche du centriste Laurent Lafon, un délit d’ « ingérence intérieure » pouvant légitimer le délit d’opinion…

La libre parole menace le régime. Ses apparatchiks jouent la diversion. L’accusation en « ingérence extérieure », pour désigner la Russie de Poutine dont Macron a juré la défaite, se rapproche du complotisme. La journaliste russe, Xénia Fedorova, qui appelle à la paix des slaves avec l’Ukraine, a été jugée indésirable en France au nom de « l’ordre public ». Cependant, le gouvernement se tait face aux ingérences algériennes, iraniennes, qataries, etc. Lors de l’invasion de Ceuta (Espagne), fin juillet, par 72.000 Maghrébins finalement repoussés pour la plupart, Laurent Nunez a accusé les réseaux sociaux d’ « ingérences informationnelles », pour avoir diffusé les images. L’infantilisation du débat démontre l’épuisement de la politique sans le peuple. Changeons tout !

(1) Europe 1, 23 juillet

Mes interventions de ce lundi sur Europe 1 (13h-14h) et CNews (15h-17h)

Diffusion ce lundi d’un entretien enregistré le 30 juin pour Radio Courtoisie

https://blogrioufol.com/lextreme-centre-obstacle-a-la-liberation-des-francais/

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