
Joseph de Maistre disait : « Toute nation a le gouvernement qu’elle mérite. » Par ricochet, elle a aussi la classe politique qu’elle mérite. Et quand on observe le casting de ceux qui ambitionnent l’Élysée en 2027, on se dit que les dieux ont déserté la France.
Glucksmann a lancé sa campagne comme on promeut un film : une bande‑annonce courte, léchée, calibrée pour les réseaux. Le voilà en cadre d’ENEDIS, chemise blanche impeccable, pantalon droit, casque sur la tête, sortant d’une éolienne. Message : Je suis sur le terrain, je comprends les enjeux, je suis avec le peuple. Il ne lui reste plus qu’à aller dans les mines de cobalt du Congo, avec les enfants qui extraient le minerai, pour comprendre comment fonctionne une batterie électrique. Pour l’authenticité, inutile de chercher : il n’y en a pas.
Mais qui est ce monsieur ? Cofondateur de Place Publique, parti européiste de centre gauche né en 2018. Petit‑fils de Rubin Gluskman, espion de Staline, on nous dira que cela ne signifie rien, comme on nous dit qu’Ursula Von-der-Leyen n’a rien à voir avec son grand-père soupçonné d’amitiés nazies. Aventurier fils à papa, sillonnant la planète, de Cuba à Tbilissi pour y semer ce que le commun des mortels appelle le désordre. Il y est conseiller auprès de l’ancien président géorgien Mikheïl Saakachvili, poursuivi par la justice, déchu de sa nationalité georgienne puis déchu à nouveau de la nationalité ukrainienne. Lorsqu’un journaliste lui demanda son métier, il répondit sans ciller : « Spécialiste en révolution ». Tout un programme pour un gars qui se sent international au point que l’on doute de sa fierté d’être français. À Tbilissi, il tombe sous le charme d’Eka Zgouladze. D’intrigues en intrigues, il parvient à la faire nommer vice-ministre de l’Intérieur de Géorgie. Après quelques emprunts douteux dans les caisses, ils fuient en Ukraine où, en 48 heures, ils obtiennent la nationalité. Et là, miracle : elle est nommée vice-ministre de l’Intérieur de 2014 à 2016. Puis, fuyant encore, ils retournent en Géorgie. Elle divorce. Lui continue son périple.
Glucksmann, c’est le Che Guevara qui aurait convoité la Maison Blanche. Un super candidat, vraiment.
Le second à s’être manifesté récemment est d’un tout autre calibre : Xavier Bertrand. Sa principale caractéristique ? Il hiberne quatre ans, se réveille en s’étirant comme une limace, trouve un plateau télé et annonce qu’il est candidat. Sans fanfare, sans énergie, sans vigueur. Il ne bouscule rien. Il entre dans une pièce sans que personne ne remarque sa présence. Sa voix monocorde ne perce même pas le silence dans lequel elle reste figée, personne ne l’écoute, pourtant il parle. Ses idées ? À l’image de lui : plates, invisibles. Il ne veut rien changer, mais avec la rigueur d’un coucou suisse donnant l’heure dans une maison vide. Il se dit prêt. Il l’avait déjà dit en 2022, sans parvenir à se présenter. Laissons lui le temps de rejoindre le réel, là, il se rendormira une fois de plus.
Dans le reste des candidats qui se distinguent pour d’autres caractéristiques, il y a Attal bien entendu, mais surtout Edouard Phillipe. Si Xavier Bertrand a l’excuse de se réveiller après un long sommeil, lui ne peut avoir que celle de l’amnésie pour oublier son passage à Matignon, comme si l’homme avait chuté dans une faille spatio-temporelle et qu’il n’avait plus de souvenirs de cette époque. Le voilà qui réinvente l’eau tiède et veut surtout pressurer encore plus ceux qui travaillent pour nourrir ceux qui ne font rien et qu’il a fait rentrer à gros bouillon. Sa dernière saillie sur l’Éducation nationale vaut son pesant de cacahuètes : il veut que la priorité soit donnée au français et aux mathématiques. Sans rire…
Parfait. Mais pourquoi ne l’a‑t‑il pas imposé quand il était aux commandes ? La lumière divine ne frappe donc les anciens ministres qu’une fois qu’ils ont quitté leur poste ? Il avait le pouvoir. Macron l’en aurait empêché ? Dans ce cas, il pouvait démissionner. Là, cela aurait eu de la gueule. Au lieu de cela : silence, tête baissée, acceptation de tout, responsabilité de rien. Attal n’est pas mieux. Maintenant, il veut changer les institutions. Comment ? Lesquelles ? Il ne l’a pas encore dit. Pourtant, lorsqu’il était en poste, il s’est parfaitement accommodé des institutions existantes pour faire ce qu’il voulait. Et voilà qu’on apprend aujourd’hui que ce n’était pas ce dont il rêvait. La solution ne viendra pas de ceux qui ont fabriqué les crises. Ils ne sont là que pour prolonger une carrière, pas pour servir l’idéal d’une France souveraine et indépendante. Ils doivent être dégagés avant même le premier tour en ne décollant dans aucun sondage…
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