À la gare d’Abbeville, construction d’un mur contre l’immigration clandestine

La gare SNCF d'Abbeville. Capture d'écran France 3 Picardie.

« La municipalité d’Abbeville a acté des aménagements contre les migrants en gare. Une clôture, des caméras supplémentaires et des agents de sécurité vont être mis en place pour éviter que des exilés s’installent autour du bâtiment », expliquait Ici Picardie, qui recevait sur ses ondes le maire divers gauche d’Abbeville Angello Tonolli, en mai dernier. À la fois dispositifs de lutte contre l’immigration clandestine et les réseaux de passeurs, ces aménagements annoncés par la SNCF et la préfecture de la Somme sont une réponse aux installations devenues courantes de migrants en transit vers la Grande-Bretagne à la gare d’Abbeville.

Sécuriser les voies ferrées

« À partir de la fin du mois d’août, et avec une livraison prévue en octobre, [SNCF réseau] va installer « une clôture de 800 mètres de longueur et de plus de deux mètres de hauteur le long des voies ferrées » », rapporte Ici Picardie d’un communiqué de la préfecture de la Somme, qui ajoutait que « cette installation a pour objectif de prévenir les intrusions sur le domaine ferroviaire et de protéger les personnes qui pourraient être tentées de s’y introduire ». L’enjeu est donc avant tout d’éviter des drames humains, des accidents sur les voies. « Contre les migrants ou pour leur bien, on ne sait plus trop », écrit pourtant Le Parisien. En fait, il s’agit autant d’empêcher les accidents sur le réseau ferré, comme l’explique le communiqué de la préfecture de la Somme, que de lutter, comme l’explique Le Courrier picard, contre les réseaux de passeurs et l’immigration clandestine. Le journal local précise d’ailleurs que seize passeurs ont déjà été interpellés, depuis le début de l’année.

Lutter contre l’immigration clandestine

C’est que, explique l’article du média local, la gare d’Abbeville était devenue une étape presque banale sur le trajet de certains groupes de migrants puisque, « les 30 avril et 21 mai, les autorités ont ainsi empêché deux tentatives d’installations de groupes de plus de cent exilés » et « le maire d’Abbeville, Angelo Tonolli, a plusieurs fois réclamé un renforcement du dispositif de sécurité pour éviter un drame dans cette zone située près des voies ferrées ». D’après La Gazette France, le phénomène n’est pas nouveau puisque « […] plusieurs tentatives d’implantation de groupes de migrants, orientés par des passeurs dans le but de rejoindre la Grande-Bretagne », ont été constatées, depuis octobre 2025. En fait, ces groupes de migrants arrivent en train depuis Boulogne-sur-Mer, explique le média, et se cachent ensuite en attendant de rejoindre leurs passeurs.

Décourager les réseaux de passeurs

C’est qu’Abbeville semble être devenue une véritable plaque tournante des itinéraires migratoires : pas plus tard que mardi dernier, rapportait Europe 1, « lors d’une opération de lutte contre l’immigration clandestine en gare d’Abbeville […] près de 300 migrants ont été découverts dans les trains » et, « pendant près de sept heures, les policiers ont contrôlé un à un les wagons sur la ligne Paris-Calais », ce qui aurait conduit à l’interpellation de trois clandestins. En fait, « la gare d’Abbeville est devenue un point de transit stratégique où les exilés croisent les réseaux de passeurs », explique Radio France : « des réseaux de délinquance très bien organisés », précise même le maire Angelo Tonolli. Ainsi, la lutte contre ces réseaux ne se cantonne pas à un mur et, « pour tenter de neutraliser ce trafic, la municipalité a également déployé des dispositifs de surveillance vidéo » mais, continue la radio du service public, « les associations locales d’aide aux étrangers constatent quotidiennement l’inefficacité des politiques de dissuasion face à la détermination sans faille des exilés prêts à tout pour rejoindre le Royaume-Uni ». D’ailleurs, explique Le Parisien, c’est bien parce que « les côtes du Nord-Pas-de-Calais [sont] très surveillés » que les migrants partent de plus en plus de la côte picarde.

« D’un montant de 257.000 euros, [les travaux à la gare d’Abbeville] sont pris en charge par l’État à hauteur de 257.000 euros à la faveur du renouvellement du traité de Sandhurst entre la France et l’Angleterre qui régit la surveillance de la frontière et permet de bloquer les traversées clandestines », rapporte Le Parisien, qui aurait pu simplement dire que l’État en payait, donc, l’intégralité ! À l’heure où le budget 2027 est dans toutes les têtes et sur toutes les lèvres, le coût de l’immigration, lui, ne semble pas près d’être revu à la baisse.

Victoire Riquetti

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