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Cet article a été publié le 07/05/2026.
Le gouvernement a décidé d’augmenter les franchises médicales de 40 % restant à la charge des assurés. Une mesure destinée à alléger les dépenses de santé – le « trou » de l’assurance maladie étant estimé à plus de 13 milliards d’euros en 2026 – qui pèsera sur le portefeuille des Français contraints de se serrer la ceinture pour se soigner. Mais les individus qui souhaitent entamer des transitions de genre pour changer de sexe continueront à être intégralement pris en charge par la Sécurité sociale. Gare aux CPAM soucieuses de poser leurs propres limites, elles encourent le risque d’être sanctionnées par la Justice. La discrimination par l’idéologie…
Ce 29 avril, le tribunal judiciaire de Lyon a condamné la CPAM et la Caisse nationale d’assurance maladie à prendre en charge les frais médicaux de transition de genre pour quatre plaignants. Des indemnités devront être versées aux victimes ainsi qu’aux associations qui les accompagnent. Preuve qu’à l’heure où l’accès aux soins se dégrade dans un paysage médical qui craque de toute part et dans lequel une proportion inquiétante de Français renoncent à se soigner (jusqu’à 73 % d’entre eux pour des raisons variées, selon la Fédération des hôpitaux publics), certains citoyens sont donc plus choyés que d’autres. Une sélection « sociétale » qui interroge.
L’aboutissement d’un travail militant
Entendons-nous bien. La condamnation de la CPAM du Rhône n’est nullement fortuite. Elle est l’aboutissement d’un travail militant orchestré par des associations pro-trans qui labourent le terrain depuis juin 2023 pour collecter les plaintes d’individus ayant subi des opérations de transition de genre, faire avancer la cause et obliger la collectivité des payeurs à prendre en charge l’ensemble des soins médicaux. Nous en parlions déjà dans ces colonnes, il y a un an : à l’époque, neuf procès étaient en cours et, depuis, trois décisions de justice favorables aux associations ont été rendues. Les CPAM de Bobigny et de Strasbourg, et maintenant celle de Lyon, ont récemment été condamnées à rembourser des interventions de mastectomie à des hommes transgenres. Dans chaque cas, les organismes d’assurance ont, par ailleurs, été condamnés à verser aux plaignants des indemnisations allant de 2 à 3.000 euros au titre du préjudice moral subi.
capture Instagram SOS Homophobie
Cerise sur le gâteau : à Lyon, la CPAM et la CNAM devront, en outre, verser 500 euros de dommages et intérêts à chacune des associations – SOS Homophobie, le Centre LGBTI de Lyon, Chrysalide, le collectif Fiertés en Lutte, Fransgenre, le Planning familial du Rhône et la Fédération LGBTI+ -, parties civiles au procès. De quoi mettre un peu d’huile dans les rouages de la cause et renforcer l’activisme militant auprès des jeunes via les réseaux sociaux et dans les écoles. À cet égard, il faut noter la présence significative de SOS Homophobie qui, en tant qu’association agréée de l’Éducation nationale, participe activement à la diffusion des programmes EVARS dans les établissements scolaires au même titre que le Planning familial.
En face, combien de grands oubliés ?
Le signal envoyé par les tribunaux est sans équivoque : la collectivité est tenue de prendre en charge l’ensemble des soins nécessaires aux transitions de genre des individus. Pour un coût estimé par les auteurs de Transmania (Éditions Magnus), Marguerite Stern et Dora Moutot, à environ 100.000 euros pour un seul homme souhaitant devenir femme. Ce choix délibérément « sociétal » est à mettre en parallèle avec une autre réalité : celle de ces millions de Français tenus de s’adapter à un système de santé de plus en plus défaillant et qui, à côté, font figure de grands oubliés.
Leurs témoignages prolifèrent dans les médias, et particulièrement dans la presse régionale. Les 21,6 milliards d’euros de déficit de la Sécurité sociale, en 2025, et la limitation des remboursements des frais de santé (déremboursement de certains médicaments et reste à charge sur les soins) ont des conséquences bien concrètes sur leur quotidien. Ainsi, au Dauphiné libéré, Audrey, 37 ans, confie « moins se soigner car énormément de médicaments ne sont plus remboursés », tandis que Cindy, 46 ans, dans la Meuse, avoue « ne plus se faire suivre du tout pour éviter des dépenses médicales qui peuvent coûter un bras ». À 51 ans, Cécile, elle, a décidé de se passer de soins dentaires et renoncé à changer de lunettes, faute de moyens, tandis que, pour la même raison, Élisabeth « a mis quatre ans avant de consulter un ophtalmologue ».
La désertification médicale (87 % du territoire) n’arrange rien. À Saint-Brieuc, par exemple, Sylvain, 52 ans, victime d’un infarctus, a mis « près de trois ans à trouver un cardiologue » et « pas loin de deux ans » pour un médecin traitant. Depuis dix ans, sa situation a empiré : « Son cardiologue partant en retraite, il devra se contenter d’un suivi hospitalier tous les dix-huit mois, contre six auparavant », selon nos confrères de La Croix. En Loire-Atlantique, Florence Robinet témoigne, auprès de Ouest-France, avoir « abandonné l’idée de se soigner ». Elle explique : « Mon dentiste ne peut pas me prendre. Kiné, aucun nouveau patient. J’ai fini par jeter l’ordonnance prescrite par mon médecin. Je prie pour rester à peu près en bonne santé. » « On risque une explosion des maladies », s’inquiète Fanny, qui a pourtant eu deux mélanomes mais ne trouve pas pour autant de médecin et « se contente souvent de la pharmacie ».
Des exemples effarants, déclinables à l’infini et qui révèlent, en creux, toute l’incongruité des remboursements de soins pour changer de sexe.
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