La présidentielle 2027 ne réglera rien !

Combat royaliste 139

Par Philippe Germain

Sur quelles bases l’école d’Action française ose-t-elle affirmer « qu’il est évident que le changement de président en 2027 ne réglera rien » ? 

L’Action française de 2026 analyse et éclaire l’actualité par l’étude du réel à l’aune de l’expérience historique comme le fit son maître néo-maurrassien Pierre Debray en décembre 1998 alors que de nombreux patriotes pensaient que Jean-Marie Le Pen pouvait sauver la France dans le cadre d’un système démocratique, en jouant le jeu des partis, comme le doit un bon républicain. Pierre Debray, pratiquant l’empirisme organisateur, osa croire qu’ils se trompaient : « Les efforts qu’ils font pour passer pour des démocrates ne servent à rien. On les traite en ennemis publics comme le furent tous les bons Français de Paul Déroulède au colonel de la Rocque, qui ont voulu sauver la France en jouant loyalement le jeu démocratique ». 

« De Gaulle en a fait l’amère expérience : les démocrates lui ont permis de prendre le pouvoir parce qu’ils avaient besoin de lui afin d’abandonner l’Algérie et de démembrer l’empire. Une fois la tâche accomplie, il a été renvoyé comme un domestique devenu inutile. Il a cru que l’on pouvait réformer la République en la dotant d’une constitution qui rétablissait l’autorité de son président et bridait le jeu des partis. Seul Mitterrand en a eu le profit. La cohabitation favorise le président. Les socialistes sont les otages des verts et surtout des communistes. On’a pas besoin de renverser le gouvernement pour l’empêcher de gouverner. Ce n’est pas le coup d’État permanent que prophétisait Mitterrand maisl’émeute permanente, inaugurée en Mai 68. Dans une société où il est interdit d’interdire, il ne peut y avoir de liberté pour les ennemis de la liberté, entendez par-là ceux qui risquent d’interdire. La Ve République, régime d’ordre et d’autorité que prétendait instituer De Gaulle, débouche sur l’anarchiegénéralisée. 

On ne réforme pas la République et pas davantage on ne sauve pas la France en jouant le jeu démocratique de l’élection. Tous les régimes qui se sont succédé depuis la mort de Louis XVI ont succombé soit à l’émeute, soit des suites d’un désastre militaire. C’est pourquoi, même la monarchie si elle se lie à l’institution parlementaire, reste un expédient provisoire comme on l’a vu en 1940 puis en 1958. Ce fut le courage de Maurras, son immense mérite, que de l’avoir reconnu, rompant avec un royalisme infecté de libéralisme qui devait d’ailleurs se rallier à la République et se transformer en cette droite modérée qui n’est qu’une gauche honteuse.

Il ne peut y avoir de monarchie française qu’antiparlementaire. Bien plus : on ne pourra sauver la nation qu’en abattant la République. Certes, l’illusion boulangiste (on dit aujourd’hui populiste…) reste tenace. Des nationalistes continuent de s’imaginer qu’ils parviendront au pouvoir par la voie électorale. C’est oublier que si la République gouverne mal, elle se défend bien. Des machinations policières et judiciaires détruisent l’ennemi s’il devient trop dangereux. Je crains que certains de nos amis n’en fassent bientôt l’amère expérience. »

Nous étions alors en 1998 et aujourd’hui, en 2026, on peut allonger la liste Déroulède, colonel de la Rocque, général De Gaulle, des échecs de Jean-Marie Le Pen diabolisé et de François Fillon judiciarisé. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’école d’Action française a donc raison d’affirmer « qu’il est évident que le changement de président en 2027 ne réglera rien » !

https://www.actionfrancaise.net/2026/08/25/combat-royaliste-139-la-presidentielle-2027-ne-reglera-rien/

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