La gauche contre la vérité : le tweet de Nadia Geerts

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Un tweet : « Je dis ça avec toutes les précautions nécessaires, mais si on cherche un restaurant à Gaza sur Google, on en trouve plusieurs qui ont l’air d’être en activité. »

En quelques heures, Nadia Geerts, militante laïque belge, philosophe, féministe : retrait du message, excuses publiques, appels désespérés à la nuance ; rien n’est suffisant. Pétition pour sa démission, collègues silencieux, amis qui s’écartent. La militante laïque rapporte son aventure dans son essai : « L’affaire du tweet. Gaza ou la défaite de la raison » (H&O, 2026).

Quelques semaines plus tard, des enquêtes journalistiques confirment ce que le tweet disait : oui, malgré la guerre, certains restaurants continuaient de fonctionner à Gaza. La vérité n’a rien changé. Elle n’était déjà plus le sujet. Elle ne l’avait jamais été.

Ce qu’on a reproché à Nadia Geerts n’est pas d’avoir menti. C’est d’avoir osé énoncer un fait qui gênait le récit de propagande pro-Hamas.

Voici le basculement de notre époque : un fait n’est plus jugé à l’aune de sa véracité. Il est jugé sur les conséquences politiques qu’on lui prête. S’il conforte le dogme, on l’accueille. S’il le dérange, on exécute celui qui a eu l’audace de le prononcer. La pureté idéologique a remplacé la vérité.

Et ce dogme a un nom : l’islamo-gauchisme.

Cette alliance nauséabonde entre l’extrême gauche et l’islamisme, qui va des pseudo-écologistes au NPA, a transformé la cause palestinienne en nouvelle religion. Israël n’y est plus un État issu de l’histoire d’un peuple persécuté : il devient purement et simplement le mal absolu, bastion du colonialisme occidental, incarnation de tous les vices. Dans ce manichéisme délirant, toute nuance est interdite. Rappeler le rôle du Hamas dans le déclenchement et la poursuite de la guerre ? Vous êtes automatiquement soupçonné de collusion avec Israël, voire les Juifs. Les chiffres du ministère de la Santé de Gaza — contrôlé par le Hamas — sont repris sans le moindre recul critique par une presse complaisante. Images tronquées, sorties de contexte, parfois purement fabriquées : le réel est sacrifié sur l’autel du récit.

Mais il y a plus grave encore.
Derrière ce fanatisme anti-israélien, l’extrême gauche a bel et bien ressuscité l’antisémitisme.

Pas l’antisémitisme de droite, celui qu’elle dénonce à longueur de journée. Non : le vieil antisémitisme de gauche, celui qui se drape dans les oripeaux de l’anti-impérialisme et de la justice sociale. Celui qui tague « Gaza » sur les pavés de mémoire de la Shoah. Celui qui laisse prospérer les fresques antisémites dans les universités au nom de la « résistance ». Celui qui transforme chaque Juif en suspect potentiel. Celui qui, sous prétexte de défendre les Palestiniens, réactive les vieux tropes : le Juif colonialiste, le Juif oppresseur, le Juif responsable de tous les maux du monde.

À l’heure où le mot « génocide » est brandi comme une arme sans le moindre respect du droit international, où l’antisémitisme se répand dans les universités et les manifestations sous couvert d’anti-sionisme, la démarche de Nadia Geerts est une rare bouffée d’air. C’est un plaidoyer radical : regarder le réel en face, quel qu’il soit, avant de le soumettre à la morale.

La pensée unique n’est pas l’apanage des régimes autoritaires. Elle prospère très bien dans les allées du conformisme bien-pensant de Gauche. Elle se nourrit de la peur du regard des autres, de la terreur d’être exclu du camp du Bien. Elle avance masquée derrière les grands mots : justice, solidarité, humanité. Mais elle produit exactement l’inverse : l’intimidation, l’exclusion, le silence et le retour de la haine antijuive sous un nouveau déguisement. Et elle est confortée par l’hostilité viscérale du régime Macron vis-à-vis d’Israël et sa complaisance avec l’islam, le Hamas et le Hezbollah.

Nadia Geerts a vécu en temps réel ce que devient une démocratie quand la vérité est devenue un crime moral et que l’extrême gauche a fait de l’antisémitisme son nouveau combat révolutionnaire.

Jean Lamolie

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