
On se souvient du scandale retentissant des bijoux du Louvre dérobés le 19 octobre 2025 – et toujours pas retrouvés, sauf la couronne de l’impératrice Eugénie, très endommagée dans sa chute –, d’une valeur marchande théorique de 88 millions d’euros mais inestimables sur le plan patrimonial.
À ce propos, chers lecteurs, depuis le temps que je vais au Louvre – plus de quarante ans et régulièrement –, je n’ai vu qu’une seule fois la galerie d’Apollon surveillée comme les coffres de la Banque de France. C’était à l’occasion d’une exposition de robes d’Yves Saint-Laurent. Le reste du temps, j’ai toujours trouvé une salle quasi déserte côté surveillance.
Quant aux tentatives de vol, je me souviens d’un jour où, avec d’autres visiteurs, j’ai été confiné un moment car, apprendrais-je plus tard, un individu avait tenté, sans succès, de dérober une œuvre, sans doute pas La Mort de Sardanapale de Delacroix. Étant donné sa taille, il eût été difficile de la sortir en toute discrétion ! Mais avec certains surveillants de salle, choisis pour leur taux élevé de mélanine, et un peu moins leurs compétences en la matière, tout est possible !

Le Louvre n’est pas, ces derniers temps, le seul à subir les assauts de voleurs étrangers – souvent dans tous les sens du terme ! – au moindre sentiment culturel. Des voleurs qui ne sont plus ceux de jadis, subtilisant une œuvre pour le compte d’un collectionneur « indélicat » préférant l’admirer seul. Au moins, là, avions-nous une chance de récupérer le produit du vol. Désormais, on dérobe un objet en or en vue de le fondre et au mépris de sa valeur historique.
Prenons par exemple le trésor inestimable de la Dame de Vix, découvert en 1953 dans une sépulture celte datant du Ve siècle avant J.-C., prouvant qu’il existait des échanges entre les mondes celte, grec, et étrusque, notamment grâce au fameux cratère, un vase gigantesque en bronze, le plus grand au monde datant de cette époque. L’ensemble du mobilier funéraire est conservé dans un musée, à Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or).
Ce musée vient d’être « visité » le 24 juillet dernier, en plein jour, et les voleurs ont emporté avec eux un chef-d’œuvre d’orfèvrerie antique : un torque en or, chef-d’œuvre d’orfèvrerie antique. Et l’on peut craindre que ces cuistres ne conserveront pas cette pièce en l’état mais la fondront. Depuis, un suspect d’une vingtaine d’années a été arrêté mais toujours pas de torque restitué. Ce qui me fait dire que, pour la sauvegarde de notre patrimoine, il serait bon de prendre quelques libertés avec le maudit État de droit – qui ne vaut que pour les allogènes et les ultragauchistes ! – et de forcer par tous les moyens l’épanchement des suspects. Ce n’est que mon avis…

De son côté, le musée Lalique de Wingen-sur-Moder (Bas-Rhin) a été cambriolé dans la nuit du 4 au 5 juillet de cette année par trois individus masqués qui sont repartis avec 27 bijoux d’une valeur de plus de 4,5 millions d’euros. Et pourtant l’alarme s’était déclenchée.
Dernières en date, les cloches de l’ancienne fonderie de Robécourt, dans les Vosges, ont été volées. Leur valeur patrimoniale n’a « aucune importance », c’est le bronze qui intéressait les malfrats : 800 kilos. Et zou, encore un morceau de France sans doute irrémédiablement perdu !
La Liste aurait des allures de liste à la Prévert si j’égrenais les cambriolages de nos musées et monuments, dans une indifférence bien plus manifeste que lorsque certains lieux de culte sont « profanés » avec du jambon ou des tags, des lieux de culte non constitutifs de notre identité nationale, faut-il le préciser !
Il y a aussi nos églises qui, lorsqu’elles ne sont pas vandalisées, sont pillées, toujours dans l’indifférence générale, voire provoquant des orgasmes aux nuisibles anticléricaux de la Libre pensée, tout de même inféodés à l’islam. Vous me direz, quand on entend, comme cela m’est arrivé voici quelques semaines, une jeune femme prétendre qu’un grand vin ou un grand plat ça vaut Michel-Ange, l’échelle de valeurs est un peu faussée ! Passons.
Preuve de l’incurie et du mépris patrimonial des voleurs d’aujourd’hui qui ne cherchent que le profit immédiat, l’historien d’art Didier Rykner déclarait, dans entretien accordé à BFMTV, ceci : « Les musées les plus en danger aujourd’hui sont ceux qui conservent des objets d’art en métaux précieux, or et argent, ou des diamants susceptibles d’être retaillés. Une fois retaillés, on perd la trace des bijoux ; une fois fondus, les objets disparaissent purement et simplement. Ces pièces ont en réalité plus de valeur pour les voleurs une fois disparues qu’en tant qu’objets d’art. »
Évidemment, retailler un Watteau ou un Monet c’est plus difficile ! Tout au plus, autrefois, et pour augmenter les gains – toujours le fric ! –, on vendait séparément les panneaux de certains polyptiques, entre autres peints par Fra Angelico. Ce qui explique pourquoi, aujourd’hui, les éléments sont parfois exposés à des milliers de kilomètres les uns des autres. Au moins ne sont-ils pas détruits.
Mais ce qui se joue va bien au-delà de simples vols : ce sont nos racines qu’on arrache à chaque fois.
[Ne mettons pas tout sur le dos, déjà chargé, de la diversité dans cette matière car il existe aussi des voleurs compulsifs autochtones capables d’amasser un butin considérable, détruit en partie. Ainsi, en 2001, après l’arrestation de son fils, ayant volé pour environ deux milliards d’euros d’œuvres d’art, et pour le seul plaisir de les posséder, la mère ignare de Stéphane Breitwieser – surnommé l’Arsène Lupin des musées, mais qui ne laissait jamais de mot sur le piano, pour les connaisseurs ! – avait lacéré puis jeté dans un canal et à la poubelle des tableaux de Boucher, Bruegel l’Ancien, Cranach, etc.]
Quoi qu’il en soit, il est impératif que les pouvoirs publics considèrent la dégradation de notre patrimoine comme une atteinte à la sûreté de l’État et agissent en conséquence. Faute de quoi, notre descendance ne pourra plus admirer que des reproductions ou des photos, si celles-ci ne sont pas interdites depuis pour cause de « manifestation sexiste, raciste, spéciste ou mécréante »…
« Le mal se fait sans effort, naturellement, par fatalité ; le bien est toujours le produit d’un art » (Charles Baudelaire).
Charles Demassieux
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