
Dans un télégramme adressé récemment aux préfets et aux responsables de sécurité, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a appelé à « une extrême vigilance » en vue de la fête chrétienne de l’Assomption, le 15 août prochain. Il considère que « le niveau élevé de la menace terroriste continue de peser sur notre pays ». Et de fait, il y a bien une montée des actes antichrétiens en France. Pour la fête chrétienne de l’Assomption, le 15 août prochain, le ministre de l’Intérieur appelle donc à maintenir l’ordre sur les manifestations, édifices et lieux à caractère religieux chrétien, estimant que la menace terroriste qui continue de peser sur notre pays est élevé, attisée par la persistance des tensions sur le plan international.
En 2025, la France a recensé 843 actes antichrétiens, soit une hausse de 9% par rapport à 2024. Ces faits représentent 34% du total des actes antireligieux. Ils ont augmenté de 6% au premier semestre de 2026 par rapport à l’année dernière à la même époque, avec 458 faits antichrétiens recensés entre le 1er janvier et le 30 juin, a encore expliqué le ministre. En arrière plan, l’islam radical, même si le Ministre ne le nomme pas expressément puisque les autres menaces antichrétiennes consistent plutôt en des dégradations ou des perturbations de cérémonies.
Le problème est que concernant cette menace, il n’existe pas un système officiel centralisé d’où viendraient les attentats et tentatives, mais plusieurs grandes influences historiques dans l’islam en France, d’où pourrait émerger la possibilité d’un acte commis par des radicaux. La France compte trois principaux réseaux identifiés par des rapports officiels : le réseau algérien autour de la Grande Mosquée de Paris, avec une influence historique forte et en lien avec l’État algérien. Le réseau marocain, autour du Rassemblement des musulmans de France (RMF) et son influence marocaine. Le réseau turc et ses mosquées liées au Diyanet, à l’État turc donc, avec une organisation assez structurée. Ces trois blocs dominent largement d’autres influences, beaucoup plus marginales, tunisienne, subsaharienne, salafiste, moins bien structurées que les trois premières.
Mais la France héberge aussi des imams étrangers, parmi les 2 600 à 2 800 imams en France,
dont 300 “imams détachés”, soit 150 pour le réseau turc, 120 pour l’Algérie et 30 pour le Maroc. Mais bien évidemment, ce ne sont pas de ces réseaux là que l’attentat est éventuellement attendu. Pour ce qui est de mosquées identifiées comme “radicales”, elles ont elles aussi leurs différentes influences, Tabligh, Frères Musulmans, salafisme, écoles coraniques… au total, dans leur état des lieux sur « la pénétration de l’islam fondamentaliste en France », les enquêteurs de la DGSI recensaient, eux, 190 sites comme ayant une « empreinte salafiste ». En 2017 par exemple, les six familles de djihadistes français partis de Lunel pour faire le djihad en Syrie avaient été fanatisées dans une mosquée Tabligh de la ville. Au total, il apparaît qu’environ 350 lieux de culte, toutes tendances confondues, répertoriés comme possiblement radicaux, se trouvent sur le territoire français. Mais les vrais risques d’attentats viennent plutôt de groupes non structurés et de radicalisations individuelles, en lien avec ces influences radicales.
En pratique, quelques dizaines de lieux sont surveillés de près, avec des fermetures administratives ponctuelles. Et des cas isolés qui peuvent échapper à toute forme de surveillance, car pas présents dans les radars.
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