Tête de porc antisémite à Nice (06) : un mis en examen affirme qu’un contrat public de 2 millions d’euros lui avait été promis pour soutenir numériquement Christian Estrosi (MàJ)

04/08/2026

Dans l’enquête sur l’affaire de la tête de cochon visant Christian Estrosi, Amine S., cyberactiviste tunisien mis en examen, affirme qu’un marché public de 2 millions d’euros lui avait été promis en contrepartie d’une campagne numérique menée hors campagne officielle. Christian Estrosi dément ces accusations et annonce une plainte pour dénonciation calomnieuse.

Nice Matin

13/03/2026

L’enquête judiciaire progresse dans l’affaire de la tête de cochon déposée le 27 février devant le domicile du maire de Nice, Christian Estrosi, en pleine campagne municipale. Vendredi 13 mars, le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a annoncé la mise en examen de deux hommes soupçonnés d’avoir organisé cette opération accompagnée d’un message antisémite.

Parmi eux figure Sevan Bolikian, né en 1980, présenté par les enquêteurs comme une possible « tête pensante » du groupe ayant déposé la tête de porc. L’homme est mis en examen pour « violences aggravées envers un élu public », « provocation publique à la haine » et « association de malfaiteurs ». Le parquet a requis son placement en détention.

Selon les informations révélées dans l’enquête, Sevan Bolikian entretient des liens avec Laura Tenoudji-Estrosi, l’épouse du maire de Nice. Il est notamment son associé dans un projet de newsletter consacré à l’innovation, lancé l’année précédente sous le nom L’Allumette. L’entrepreneur apparaissait également à ses côtés lors du meeting de lancement de la campagne de Christian Estrosi en novembre 2025.

En garde à vue, Sevan Bolikian a contesté toute implication dans les faits. Toutefois, selon le procureur, des messages échangés le 27 février avec un individu soupçonné d’avoir participé au dépôt de la tête de cochon pourraient « apparaître comme très directement en lien avec les faits ». L’intéressé a « contesté à plusieurs reprises l’analyse qui pouvait être faite de certains échanges permettant d’envisager sa participation ».

L’avocate de Laura Tenoudji-Estrosi, Me Marie-Alix Canu-Bernard, affirme que sa cliente est « particulièrement choquée » par la situation et évoque « une série de tentatives de déstabilisation » la visant. La journaliste souhaite se constituer partie civile dans le dossier.

Parallèlement, plusieurs personnes ont été entendues par les enquêteurs, dont une collaboratrice de Christian Estrosi auditionnée comme témoin. L’un des autres suspects, un Tunisien né en 1988, est soupçonné d’avoir participé à l’achat et au dépôt de la tête de cochon. Il a été incarcéré et conteste lui aussi les faits.

Jeudi 12 mars, Christian Estrosi a dénoncé devant la presse une « machination ». « Maintenant ça suffit, je suis victime d’une machination telle que je n’en ai jamais connu dans ma vie publique », a déclaré le maire de Nice.

Selon le parquet, « à ce stade de la procédure et des investigations, aucun élément ne permet d’envisager la possible participation directe ou indirecte aux faits d’autres personnes que celles actuellement mises en examen et celles identifiées et recherchées ».

Mediapart

La piste d’une manipulation émanant du camp Estrosi semble se dessiner. Selon nos informations, le maire sortant aurait souhaité booster sa campagne électorale sur les réseaux sociaux, en montant une équipe parallèle. Christian Estrosi aurait imposé le suspect spécialiste de la communication et du marketing, qui semble avoir joué un rôle central dans cette affaire. Des réunions ont eu lieu dans un appartement avec cet expert et Christian Estrosi. En revanche, rien ne prouve que l’édile n’ait été informé de l’opération de la tête de porc.

[…]

Selon nos informations, deux personnes placées en garde à vue mercredi ont été déférées ce vendredi 13 mars en vue de leur mise en examen, ce que confirme dans un communiqué le procureur de la République Damien Martinelli. Les deux suspects, de nationalité française, ne reconnaissent pas avoir commandité l’opération. Ils avaient été interpellés le même jour que deux femmes, nées en 1963 et 1967, dont les gardes à vue ont été levées jeudi après-midi.

Les deux hommes, qui devraient être mis en examen dans les prochaines heures, sont nés en 1947 et 1980. Le plus âgé est un ancien policier de la Direction de la surveillance du territoire (DST) à la retraite, reconverti désormais en détective privé. Il apparaît que cet ancien agent des renseignements, qui vit en Tunisie, est en contact depuis longtemps avec l’un des deux Tunisiens, informaticien, déjà mis en examen.

Le quadragénaire est, lui, un expert de la communication et du marketing, diplômé en informatique et domicilié en région parisienne. Il avait été arrêté le 4 mars dans la rue, à Nice, alors qu’il essayait d’aller au contact du maire.

Selon nos informations, des contacts téléphoniques et physiques ont eu lieu entre ces deux individus et les deux hommes de nationalité tunisienne soupçonnés d’avoir déposé la tête de porc. Ces derniers avaient été mis en examen vendredi 6 mars et placés en détention dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour provocation publique à la haine ou à la violence à raison de l’origine, la race ou la religion, violences aggravées visant un élu public ou encore accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel.

[…]

Le Parisien

La suite sur F de Souche

Laisser un commentaire