
Richard Ferrand défend bec et ongles son gagne-pain. Une association a déposé une plainte au pénale pour prise illégale d’intérêts contre quatre membres du Conseil Constitutionnel saisis de la loi sur l’aide à mourir. Et Ferrand dans le journal Sud Ouest, s’emporte : « Vouloir disqualifier le conseil Constitutionnel, c’est s’attaquer à la démocratie » ! Rien que ça, on voit très bien le jeu de la macronie qui entend supprimer toute critique des institutions sous ce prétexte vaste et flou, sans autre argument qu’un procès moralisateur, un anathème asséné comme on agite un livre saint devant un contradicteur. Non ce n’est pas mettre en danger la démocratie que de vouloir s’assurer que les juges ne sont pas soumis à une tension interne qui viendrait de leurs intérêts privés, incompatibles avec leurs fonctions.
Réclamer la transparence est au contraire défendre la démocratie. Le verbiage, s’il devait être retenu serait d’une portée cataclysmique, il validerait l’interdiction de critiquer toutes les institutions dont on constate pourtant la déchéance, l’inconséquence et la partisanerie. Ledit Conseil s’étant illustré depuis des années dans des arrêts qui ont déboussolé les constitutionnalistes professionnels. Mais il faut protéger non pas la démocratie mais le système qui permet à cette classe corrompue de rester au pouvoir et de verrouiller l’ensemble des rouages.
La réponse de Ferrand est fallacieuse et c’est bien la marque d’une dérive totalitaire robespierriste, qui avait criminalisé le fait de critiquer la révolution, l’assimilant à une trahison en son temps. Il reprend les vieux arguments, on croirait entendre Melenchon hurlant à un policier qu’il était la République. Justement dans une démocratie honnête, il est sain de pouvoir demander des comptes, de s’interroger sur la pertinence de l’équité de ceux qui ont en charge de défendre la constitution. Si le Conseil Constitutionnel est sanctuarisé aujourd’hui, demain ce sera le Conseil d’Etat, puis l’assemblée Nationale, le président lui-même et son gouvernement, bref la parole politique sera réduite à néant sous couvert de protéger une démocratie qui n’existe plus que dans les discours. Ce qui est déjà un peu le cas d’ailleurs. En se retranchant derrière cet argument, Ferrand démontre que le visage politique de la France n’est plus une démocratie libérale, mais se situe entre un régime illibéral, puisqu’il conserve les apparences démocratiques, mais réduit les libertés publiques, notamment la liberté d’expression et la critique des institutions, au nom de la “stabilité”, de la “sécurité”, ou de “l’intérêt national”.et un pouvoir autoritaire légaliste qui utilise la loi pour restreindre les libertés, et se protège de toute remise en cause en verrouillant les contre pouvoirs, tout en affirmant agir “dans le cadre de la Constitution”.
Ferrand, par cette déclaration, confond les genres, un membre de cette institution ne représente qu’un rouage de ladite démocratie, la fonction n’est pas la nature, confondre à ce point les genres c’est déjà montrer une défaillance de jugement et justifier à minima que l’on se pose la question de la légitimité du personnage à ce poste. Dans ce cas Mr Ferrand, le prêtre est Dieu, le dictionnaire la langue française, et l’institution est sacrée, par ricochet la fonction l’est aussi, donc ceux qui la représente le sont également ! Simplissime, mais sophisme éculé, Mr Ferrand pense berner son monde, c’est insuffisant. Les membres du conseil seraient donc hors soupçon par décret divin ! La faiblesse de l’argument saute aux yeux, ils sont tous nommés par le pouvoir ! Comment imaginer que ces personnes ne soient pas un tantinet redevables envers leur bienfaiteur ? Depuis quand une institution devrait avoir comme qualité l’admiration éternelle inscrite dans leurs fonds baptismaux ? Cela rejoint ceux qui prétendent que la Vème république est immuable et que nous devrons la supporter jusqu’à la fin des temps, oubliant qu’avant elle il y en a eu quatre, et qu’elles ont été changées parce qu’elles ne répondaient plus aux exigences de l’instant. Pour eux la Vème serait étrangère à cette usure, alors que l’exercice du pouvoir actuel a montré combien justement elle avait été salie, manipulé avec l’aval de ce dit conseil, au point que les constitutionnalistes professionnels sont incapables dans certains cas de justifier des décisions les plus récentes et les plus polémiques. Vont-ils également être frappés d’opprobre ? Au RPF nous avons déjà dit que nous souhaitions la disparition de ce Conseil pour le remplacer par une Cour de justice constitutionnelle, avec des membres tirés au sort parmi les magistrats et les professionnels du droit et un tiers de civils désignés comme pour les assises. Est-ce aussi menacer la démocratie que d’affirmer cette nécessité de changement pour justement ne plus avoir ce type de problèmes ? Mr Ferrand n’est pas démocrate, comme les socialistes et les macronistes, ils se servent tous de cet argument comme d’un gilet pare-balles, pour s’éviter toute enquête sérieuse dont ils redoutent les conclusions. Ils cultivent le culte de la personnalité et superposent l’homme et la fonction comme si c’était un tout indissociable. Ce sont des Robespierristes…
https://rassemblementdupeuplefrancaiscom.wordpress.com/2026/08/04/richard-ferrand-lintouchable/
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