[REPORTAGE] Gironde : ces bénévoles qui, dans l’ombre des pompiers, ont sauvé des villages

Les volontaires dans les zones sinistrés veillent sur les reprises de feu - Jean Bexon

De notre envoyé spécial à Saint-Jean-d’Illac (Gironde – 33) 

Pendant une semaine, BV a assisté, de jour comme de nuit, au combat des pompiers contre le feu et à l’appui apporté par une communauté de volontaires. Ce sont ces hommes que les familles des hameaux de L’Ombrière et du Las, à Saint-Jean-d’Illac (Gironde), ont applaudis. Et il y avait de quoi les féliciter.
Petits chefs d’entreprise, artisans, électriciens, paysagistes, élagueurs, apiculteurs, débardeurs forestiers ou encore agriculteurs, ce sont tous ces corps de métiers que BV a pu voir courageusement à l’œuvre, sans relâche, et interviewer, ces derniers jours.

L’incendie sur le camp militaire de Souge – Jean Bexon

Dans Terre des hommes, Antoine de Saint-Exupéry relate le crash de sa formation. Mécaniciens et pilotes se retrouvent bloqués le temps d’une nuit, dans le Sahara. « Ainsi, en plein désert, sur l’écorce nue de la planète, dans un isolement des premières années du monde, nous avons bâti un village d’hommes. » Une base vie comparable a vu le jour dans une zone évacuée proche des incendies à Marcheprime, pour rassembler toutes ces volontés venues des alentours afin de prêter secours.

Un travail discret, silencieux, mais efficace

Pendant des heures, respirant l’air empoisonné, des bénévoles ont surveillé la moindre fumerolle afin de l’éradiquer. « On repère une fumée, et on y va », nous explique Fred, armé d’un jerrycan dans la forêt du Temple. « Le feu se propage par les racines », abonde Nicolas. L’eau qu’il verse bout instantanément au contact du sol calciné et couvert de cendres. La petite équipe a pris pour totem le colibri. Tout comme l’oiseau, leur travail demeure discret, silencieux mais efficace, tel que nous le confirme un commandant des sapeurs-pompiers.

Quand on leur demande s’ils n’ont pas peur de respirer l’air encore chargé de carbone, les colibris nous répondent… qu’ils y réfléchiront, une fois la mission terminée ! Une abnégation similaire à celle des liquidateurs de Tchernobyl, ces volontaires qui ont fait fi des dangers de la radioactivité pour sauver la population de Prypiat. « De toute façon, je ne fume pas, donc, cela rattrape tous les paquets de cigarettes que je n’ai pas pris dans ma vie », temporise Cyril, avec un brin d’humour. Un dévouement plus qu’utile : sans l’appui de ces valeureux bénévoles, c’est certain, d’autres maisons auraient brûlé, d’autres hectares auraient été touchés. Et, qui sait, peut-être même que Bordeaux aurait dû être évacué.

Pas question, pour les familles des hameaux de L’Ombrière et du Las, que nous rencontrons le vendredi 1er août, d’oublier le travail de cette brigade de volontaires. Sur la route, une banderole affiche un mot, « merci », accompagné d’un cœur peint en rouge en signe de reconnaissance pour ces héros. Camions de pompiers, remorques d’artisans, tracteurs sont applaudis vivement. Du médoc leur est même proposé.

« On applaudit les pompiers, les bénévoles, les agriculteurs… tous ceux qui ont aidé à éteindre le feu. Ce n’est pas grand-chose, mais ils ont sauvé nos maisons. »

 @jean_bexon pic.twitter.com/GvBWfXuzFf

— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) July 31, 2026

À ce sujet — Les paysans aident les pompiers : c’est la belle France des solidarités naturelles !

« Dès que l’on a pu rentrer dans nos maisons, notre priorité était de venir témoigner de notre gratitude. L’Ombrière, c’est le hameau oublié des incendies, il aurait brûlé sans l’aide du millier de bénévoles spontanés », témoigne, enthousiaste, auprès de BV, un père de famille, venu avec son épouse et ses deux enfants.

À ce jour, si le feu est maîtrisé, il faudra encore au minimum deux ans pour l’éteindre complètement, à l’instar de celui de 2022.

La hache des pompiers de Paris en Gironde – Jean Bexon

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Jean Bexon

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