
Le RN, cette alternative espérée par certains, crainte par d’autres, jugée nécessaire par d’autres, mais qui décevra encore plus que tous les autres partis biberonnés à la globalisation heureuse. Un observateur faisait remarquer que le RN montait proportionnellement à l’abandon de ses convictions premières. C’est une réalité, il est la représentation de cette fausse alternative pourtant nécessaire, mais sa mollesse, sa timidité maladive poussée par un besoin de respectabilité, en fait une opposition de carton. Ce parti ne porte plus en lui la volonté de rupture, du moins il n’en manifeste pas l’énergie que l’on pourrait attendre. Sur l’expulsion de la journaliste Xenia Fedorova, il s’est contenté de réclamer la même attitude avec tous les OQTF.
Mais le fond du problème n’est pas là, sont-ils aveugles, sots ou corrompus par le confort institutionnel ? Pour rappel, le parti communiste des années 50 à 80 était autrement plus aligné avec le Kremlin que la journaliste prise pour cible, et pourtant George Marchais n’a jamais eu semblable traitement. Même l’opposition de l’époque n’envisageait pas de lui couper ses ressources financières pour le faire taire, mais avait à cœur de démontrer ses erreurs, et de combattre ses idées grâce au débat démocratique. Il s’agit de préserver, de sauver la liberté d’opinion, si nous acceptons cette sentence, qui sera frappé demain ? » La liberté d’expression […] vaut non seulement pour les informations ou les idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l’Etat ou une fraction quelconque de la population. Ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels il n’y a pas de société démocratique « , nous disait la Cour européenne des droits de l’homme en 1976.
L’arbitraire se couvre d’une fausse légitimité à vouloir préserver non pas une liberté d’expression mais un modèle construit par une caste qui refuse toute alternative à ses positions. Les discours peuvent nous abreuver de cette liberté, elle n’est qu’un faire valoir à quelque chose de plus sournois, de plus pervers, effacer du débat tout ce qui contredirait les politiques menées depuis des années et qui portent en elles le fruit du chaos. Chaos dont la responsabilité est largement rejetée vers ceux qui pensent différemment, sans autre argument qu’un autoritarisme rappelant les régimes les plus fermés et les plus cruels de l’histoire. La dérive autoritaire se nourrit de cette inversion accusatoire : ceux qui dénoncent les erreurs deviennent les coupables, ceux qui les commettent deviennent les protecteurs autoproclamés de la démocratie.
Le RN n’aurait pas dû se contenter de cette humeur, mais bien s’insurger que la parole ne soit plus libre, qu’elle soit menacée dans sa différence dès lors qu’elle se heurte au pouvoir en place. L’inacceptable survient toujours de la faiblesse à dire non, à accepter ce qui parait marginal, anodin. Reculer sur une liberté, c’est déjà la supprimer, c’est abdiquer par calcul électoral et cela se retourne toujours contre celui qui a laissé faire en pensant qu’il en retirerait un bénéfice. On ne peut que craindre une suite terrifiante. Admettre que cette décision d’expulsion est légitime c’est se faire le complice d’une dérive autoritaire, remplaçant la justice par une police administrative incontrôlable et forcément subjective. La censure basée sur une interprétation des faits au lieu de s’appuyer sur la réalité, quand bien même elle dérangerait, c’est admettre qu’une interdiction puise ses sources en fonction des inclinations politiques du pouvoir, non sur une équitable mesure des faits. Le RN n’effacera donc pas la tendance à l’arbitraire, l’esprit de Voltaire ne souffle plus sur notre pays, pas plus que dans les rangs de ce parti, mais c’est bien celui de Robespierre, qui n’acceptait aucune critique de la révolution, qui a trouvé les faveurs de toute la classe politique classique, surtout les faveurs de LFI qui le célèbre. Certains vont justifier cette posture en avançant qu’à contrario ils briseraient l’élan pour 2027, mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » et en politique c’est souvent le signe précurseur d’un effondrement prévisible.
Alors oui, il faut chasser la gauche totalitaire et Macron du pouvoir et de toutes les instances où ils parasitent tout, mais sans sursaut, le RN ne sera qu’une parenthèse, une passerelle, pour laisser la place à un autre courant, plus pugnace, moins pudique à exprimer la vérité et à la défendre. Mais il faudra sans doute en passer par des moments encore difficiles, le temps que les citoyens se rendent compte des errements qui nous ont conduits à cette situation, cependant, quand on voit qu’un personnage aussi néfaste que Macron élu à deux reprises sur dix ans, on peut douter de la maturité des électeurs à prendre conscience vite des vrais enjeux et nécessités pour sauver ce qui peut encore l’être. Le RN, en renonçant à défendre la liberté d’expression avec force, renonce à être une opposition et donc une alternative. Il devient un simple épisode. Un interlude. Une transition vers, probablement… la même chose.
https://rassemblementdupeuplefrancaiscom.wordpress.com/2026/08/02/xenia-que-le-rn-soppose-a-la-fin/
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