Michel Onfray – De Gaulle, son enfance, son père: l’ auto-analyse (1ère partie) – Les Conversations

Les Conversations de Paul-Marie Coûteaux avec Michel Onfray (2ème partie) - "Je suis judéo-chrétien"

La chaleur de ce 18 juin m’a joué un tour : « Les Conversations étant pour la plupart enregistrées chez moi, donc passablement improvisées, un mauvais hasard voulut que, lorsque Michel Onfray arriva au milieu d’une après-midi écrasante, je prenais une douche ; ne voulant pas faire attendre plus longtemps un hôte aussi vénérable, je m’habillai à la volée, et c’est en costume de perroquet des îles que je le reçus.

Aussitôt la conversation s’engagea, aisée et riche comme il y excelle, et nous reprîmes celle que nous suivons à intervalles très irréguliers depuis que, en octobre 1997, je l’avais interrogé pour France Culture sur l’un des premiers de ses quelques cent cinquante ouvrages : « Politique du Rebelle – Traité de résistance et d’insoumission ». Solidement campé sur son « Ni Dieu ni Maître », il y écrivait notamment : « Voici ce qui doit être posé au-dessus de tout : la Vie. Option hédoniste ». Les dispositions demeurent, certes ; mais comme les conditions ont changé ! Désormais, le doux anarchisme de la jeunesse fait face à la dislocation de tous les cadres, politiques, sociaux ou familiaux qui justifiaient jadis le Rebelle et autorisaient à l’occasion « l’option hédoniste ». Le temps a passé, l’oeuvre s’est étendue, comme le cercle de ses lecteurs français ou étrangers (il est certainement l’auteur français le plus traduit), comme se sont étendues aussi ses réflexions qui le conduisent à camper désormais un souverainiste solide, prêt à dire le vrai et de la plus abrupte façon : « j’ai longtemps parlé d’une guerre civile à bas-bruit ; je retire maintenant le « bas-bruit »…). Finalement, c’est dans son enfance, dont il nous donne ici des aperçus à la fois pudiques et précis, toujours bouleversants, qu’il retrouve ses points d’appui, se livrant avec cette obsession de la vérité qui est le vrai fil-rouge de son œuvre, à une auto-analyse inattendue. De l’évocation (féroce) du Débarquement des « Anglo-saxons » dans sa Normandie natale à l’impressionnant portrait de son père (qu’un éclat d’obus de l’armée « libératrice » faillit tuer…), à la figure du général De Gaulle, devenu l’un de ses repères les plus constants, et à celle de ce père, l’homme qui ne mentait jamais, Onfray déroule ici à petites touches, quelquefois en exclusivité pour TVL, le portrait d’une enfance frugale, et comme on dit « difficile », laissant apercevoir où puise son extraordinaire besoin décrire ; une enfance sur laquelle il n’a pas fini de revenir… 


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