
Un cinquantième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait d’Albert Morel.
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Nous savons les heureuses synthèses que la politique positive réalise là où l’idéologie démocratique multiplie les antinomies et nous concluons avec Maurras que ce qui est demeure, après avoir dissipé toutes ces nuées, c’est l’opposition irréductible « des idées vraies et des idées fausses, des réalités bonnes et des mauvaises ».
La question se pose maintenant des règles qui, dans les faits politiques et sociaux, permettront cette discrimination du vrai et du faux, du bon et du mauvais. L’idéologie démocratique, parce qu’elle se refuse à tenir compte du réel, propose pour cette tâche le témoignage fantaisiste des consciences individuelles.
C’est la célèbre apostrophe de Rousseau à la conscience infaillible ; c’est encore, de même mouture, inspirée de la Réforme, l’impératif catégorique de Kant. L’Action française a fait justice de l’une et de l’autre et nous aurons l’occasion de revenir sur ce point (nous renvoyons ici au Rousseau de Jules Lemaître et à La morale de Kant d’Henri Vaugeois).
Tout autre est le critérium que propose à la raison la politique réaliste. Ce critérium, « règle d’or », cette foi infaillible, nous le trouvons dans la définition première de Maurras : « La politique est la science des communautés prospères ».
L’histoire est, pour la politique réaliste, la grande maîtresse, l’arbitre irrécusable. Là où la morale religieuse demeure indifférente ou muette, la raison indécise (et nous ne disons pas qu’elles soient indifférentes, muettes ou indécises en toutes circonstances), elle juge en dernier ressort les institutions et les régimes politiques, justifie et condamne les idées, les principes qui les ont fondés. Et la base positive sur laquelle elle motive ses jugements est fort simple : c’est l’examen dans les faits du « degré de réussite » des institutions, de la « valeur bénéfique » des idées. Les réalités bonnes sont le fruit des idées justes, les réalités mauvaises la conséquence fatale, inéluctable, des idées fausses. Et c’est pourquoi, selon un mot célèbre, « le jugement de l’Histoire est le jugement de Dieu ». Et cela rejoint la formule de Blanc de Saint-Bonnet : « À la sagesse de l’Histoire préside la sagesse de Dieu ».
Telle est la « règle d’or » de l’empirisme organisateur que l’Action française, après avoir déblayé la voie en dissipant les nuées de l’idéologie démocratique, propose pour comprendre les divers systèmes politiques.
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