Un diamant est éternel, un cartel non

C’est dans un silence quasi-sépulcral que meurt un empire industriel de 138 ans, dans l’indifférence médiatique (notamment française), un empire qui a pourtant marqué les esprits et plusieurs générations de couples : celui qui a inventé la bague de fiançailles.

Même si la disparition de cet empire est très silencieuse, les chiffres de l’agonie sont pourtant publics. En 2025, plus d’une bague de fiançailles sur deux vendue aux États-Unis, le premier marché mondial, portait un diamant fabriqué en laboratoire. De Beers, le nom même du diamant depuis 1888, a perdu 511 millions de dollars l’an dernier, et sa maison mère Anglo American, après l’avoir dépréciée trois fois en deux ans, cherche activement à s’en débarrasser pour une valeur comptable ramenée à 2,3 milliards de dollars. On se rappellera que lorsque la famille Oppenheimer a vendu ses parts en 2011, la même entreprise était implicitement valorisée autour de 12,7 milliards. C’est une perte de valeur d’au moins 80% en une quinzaine d’années, pour la maison qui fixait le prix mondial de la pierre la plus précieuse de la Terre…

Cependant, cette perte et la déliquescence de cet empire n’est pas le fait des tribunaux américains, qui le poursuivent pourtant depuis les années 1940, ni de la Commission européenne, ni des ONG, ni des documentaires indignés. Neuf commentateurs sur dix vous expliqueront que face aux monopoles, seuls l’État, le régulateur et le juge protègent le consommateur. L’histoire qui suit démontre exactement l’inverse : un siècle de droit de la concurrence et d’acharnements légaux n’ont même pas égratigné De Beers. En revanche, c’est une machine à vapeur de carbone qui l’a exécuté en une demi-douzaine d’années.

Et comme d’autres avant lui, cet article du Jeudi est donc ouvert à mes abonnés et lisible sur Substack ici et revient sur l’histoire du diamant, celle du cartel qui l’a exploité, comment il s’est effondré et les leçons qu’on peut en tirer.

Laisser un commentaire