Arcom : 200 000 euros d’amende à CNews, ou comment installer la censure préventive

Treize mois. C’est le délai qu’il a fallu à l’Arcom pour décider que deux séquences diffusées sur CNews en juin et septembre 2025 méritaient une amende de 200 000 euros. La décision, prise le 24 juillet, a été rendue publique mercredi 29 juillet. La chaîne a immédiatement annoncé un recours devant le Conseil d’État.

Le même jour, le ministère de l’Intérieur faisait savoir que Xenia Fedorova, ancienne dirigeante de RT France devenue chroniqueuse sur la chaîne, était visée par un arrêté d’expulsion. Coïncidence de calendrier, sans doute.

Ce que l’Arcom reproche exactement

La première séquence visée est une édition de « 100 % Politique » du 2 juin 2025, consacrée aux violences urbaines qui ont suivi la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions. Erik Tegnér, fondateur du média identitaire Frontières et chroniqueur de la chaîne, y avançait que le problème était d’ordre civilisationnel et que les auteurs de ces violences étaient pour partie les enfants des émeutiers de 2005. Une vidéo d’Éric Zemmour était ensuite diffusée, à laquelle le chroniqueur déclarait souscrire.

La seconde séquence, le 1er septembre, portait sur l’intervention d’une élue voilée lors d’un conseil communal de Molenbeek-Saint-Jean, en Belgique. Sur le plateau, la tenue et le comportement de l’élue ont été présentés comme le symptôme d’un phénomène de substitution démographique à l’œuvre en France, et l’islam décrit comme une religion de conquête.

L’Arcom estime que ces propos étaient de nature à susciter des sentiments de peur et de rejet, et qu’aucune contradiction n’a été apportée par le présentateur ou les autres intervenants. Le régulateur s’appuie sur la loi du 30 septembre 1986 et sur l’obligation faite à l’éditeur de conserver la maîtrise de son antenne.

Le vice de raisonnement

Le plus intéressant se trouve dans les attendus. L’Arcom reconnaît explicitement que l’immigration et l’intégration relèvent du débat d’intérêt général et bénéficient à ce titre d’une protection renforcée de la liberté d’expression. Puis elle sanctionne la manière dont ces sujets ont été traités.

Autrement dit : vous avez le droit d’aborder le thème, à condition de ne pas en tirer les conclusions qui déplaisent. La protection est accordée au sujet, retirée à l’opinion. Sur un plateau où trois intervenants sur quatre auraient soutenu la thèse inverse, personne n’aurait songé à réclamer une « mise en perspective ».

L’exigence de contradiction, appliquée de cette façon, revient à imposer un quota d’opinions autorisées par séquence. Personne ne l’a jamais réclamé aux matinales du service public.

Une censure qui agit avant l’infraction

Aucun juge n’est intervenu. Aucune plainte pénale n’a abouti. Une autorité administrative a estimé, seule, que des propos tenus à l’antenne franchissaient une ligne dont elle fixe elle-même le tracé, et a converti cette appréciation en 200 000 euros.

L’effet réel de la décision n’est pas dans le montant, il est dans le message adressé aux rédactions. Sous la menace de sanctions financières lourdes et imprévisibles, les chaînes sont poussées à éviter certains sujets, à écarter certains invités, à verrouiller le débat en amont. La censure ne s’exerce plus après coup : elle s’installe dans la tête des rédacteurs en chef avant l’enregistrement. C’est le fonctionnement même de l’autocensure, et c’est précisément ce qu’un régulateur obtient de plus efficace en frappant une chaîne treize mois après les faits, sans que personne ne puisse anticiper ce qui sera reproché la fois suivante.

Ce mécanisme, une commission parlementaire entend désormais l’étendre aux réseaux sociaux sous couvert de lutte contre les prétendues « ingérences intérieures » : confier à des autorités administratives le pouvoir de rendre invisibles, par précaution, des opinions jugées dangereuses, sans condamnation judiciaire préalable. L’audiovisuel sert de laboratoire. Le reste suivra.

Trop peu, disent les autres

Détail savoureux : la gauche médiatique juge la sanction insuffisante. Dans L’Humanité, la décision est présentée comme une petite amende arrachée après un an de réflexion, une punition faible pour un milliardaire. Le débat public français en est là : la question n’est plus de savoir si une autorité administrative doit arbitrer les opinions diffusées à la télévision, mais si elle le fait assez cher.

CNews cumule désormais 300 000 euros d’amendes depuis janvier 2026 et trois mises en demeure sur la même période, après des sanctions en mars 2021, mai 2024 et juillet 2024. La chaîne conteste devant le Conseil d’État. Il faudra probablement plusieurs années pour qu’une juridiction se prononce sur la légalité de ce qui est devenu, entre-temps, une pratique.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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Une réponse à « Arcom : 200 000 euros d’amende à CNews, ou comment installer la censure préventive »

  1. Avatar de weingarten
    weingarten

    Les babouins de l’arcom feraient bien de se tenir a carreau leur siège et leur organisme même ne subsistera pas aux prochaînes éléctions , et des procès pour ingérence dans le débat public pourraient leur re fait ainsi que bien d’autres chefs d’accusation

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