
Pour comparer la situation financière des nations, il suffit d’observer le taux exigé par les marchés sur leur emprunt phare à 10 ans. Or, le taux français vient de dépasser le seuil des 4 %, alors qu’il était encore de 0 % en 2021 et de 2 % en 2022 : du jamais-vu depuis près de vingt ans.
Il en résulte évidemment un étranglement budgétaire : la charge d’intérêts de la dette publique va progressivement devenir la principale dépense et dépasser finalement les 100 milliards par an. Des moyens qui n’iront ni à la santé publique, ni à la sécurité civile, ni au rafraîchissement des bâtiments scolaires. Et le pire reste à venir, car la durée de vie moyenne de nos emprunts publics est de sept ans. En clair, chaque année, nous devrons rembourser des emprunts bon marché pour réemprunter à un taux coûteux. Notre asphyxie budgétaire ne fera donc qu’empirer.
La défiance règne
Il va de soi que le conflit en cours au Moyen-Orient provoque une poussée inflationniste sur les produits pétroliers, qui se diffuse ensuite vers les transports, la pétrochimie puis l’agriculture. Or, cette hausse des prix entraîne une dévalorisation des liquidités et donc une hausse du loyer de l’argent, amplifiée par les anticipations inflationnistes.
Mais ceci ne suffit aucunement à expliquer l’écart de taux de rendement entre l’OAT française et le Bund allemand : 4 % contre 3,2 %, soit un spread de 0,8 %. Ce qui explique cet écart entre deux titres de même durée (10 ans) libellés dans la même monnaie (l’euro), c’est le risque de défaillance qui menace désormais la République française.
Il est d’ailleurs un autre signe de défiance qui ne trompe pas : le taux de rendement des obligations à 30 ans émises par la République française. Leur taux dépasse 4,7 %, soit 0,7 % de plus que le taux à 10 ans. Cet écart significatif reflète des anticipations très pessimistes quant à notre solvabilité financière à long terme.
Macron, l’homme malade de l’Europe ?
Depuis la crise du Covid, nos partenaires européens ont eu le temps de remettre de l’ordre dans leurs finances publiques, avec un déficit moyen égal à 3,1 % de leur revenu national, alors que la France ne parvient même pas à revenir à 5,1 %. Au niveau européen, et comparé au PIB, notre déficit est du même ordre de grandeur que celui de la Bulgarie, de la Hongrie et de la Pologne : trois anciens pays communistes ! Voilà qui jette une lumière crue sur le délabrement de nos finances publiques.
C’est d’ailleurs l’Institut Eurostat qui révèle l’origine de cette dérive : avec 57,3 % du revenu national, la dépense publique française est devenue la plus élevée d’Europe. Et elle continue d’augmenter en volume : + 2,5 % en 2025, après + 4 % en 2024.
Comment éviter le défaut de paiement ?
Le vieillissement de la population va inévitablement alourdir le coût des retraites et des soins. Par conséquent, nous n’échapperons à la banqueroute qu’à travers une politique d’austérité : 120 milliards par an pendant cinq ans, que ce soit en économies budgétaires ou en recettes nouvelles, si nous voulons stabiliser la dette à l’horizon 2032.
Le centre gauche, de Raphaël Glucksmann à Édouard Philippe, préconise principalement une spoliation des retraités à travers leur revenu et leur héritage. Pour le reste, attendons d’y voir plus clair dans les programmes des candidats.
Car les autres économies préconisées – qu’il s’agisse des comités Théodule consultatifs, des autres baronnies de la République ou encore des véhicules de fonction – ne pèsent rien face aux dépenses sociales incontrôlées générées par la submersion migratoire.
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