
« Incendies : En 2024, Emmanuel Macron annulait 53 millions pour la sécurité civile dont 2 canadairs pour la France… mais donnait 50 millions pour les pompiers tunisiens ! », écrit Jean-Marc Morandini sur X. Soyons précis : il s’agissait d’un prêt de l’Agence Française de Développement (AFD).
Un prêt signé en septembre 2024 « pour un ambitieux projet de modernisation de l’Office National de la Protection Civile Tunisienne », écrit l’AFD : « Faire face ensemble aux risques de demain ». Cela entre « dans le cadre de la vision ambitieuse de l’État tunisien en matière de protection civile » – une ambition avec laquelle l’État français ne paraît pas vouloir rivaliser. Cet accord « reflète la volonté commune de construire ensemble un avenir plus résilient et plus sûr pour tous les tunisiens et tunisiennes ». Quant à un présent plus sûr, les Français et Françaises de Gironde qui ont dû fuir les incendies ou qui ont perdu leur maison, eh bien, ils patienteront. À défaut de résilience, à eux la résignation.
Tunisie : deux milliards d’encours
Un prêt, donc, mais à quel taux ? Cela n’est pas précisé et, interrogée, l’AFD locale (l’Agence Française de Développement en Afrique du Nord, oui cela existe) ne nous a pas répondu. On se doute qu’il ne doit pas s’agir d’un taux usuraire. L’AFD « obtient des taux préférentiels grâce à la solidité financière de l’État français, son actionnaire unique », sur cinq à vingt ans, à taux fixe ou variable, prêt en monnaie locale ou taux d’intérêt avantageux, est-il détaillé.
Même simplement prêtées, la pilule est dure à avaler puisque les sommes mobilisées ne le sont pas pour les pompiers français. Rien qu’avec la Tunisie, « 130 projets sont en cours d’exécution pour un encours de 2 milliards d’euros dans 12 secteurs d’intervention », se vante l’AFD. Or la suppression de 53 millions pour la sécurité civile française, elle, par le gouvernement Attal, est bien réelle. « Cette affirmation est factuellement correcte », reconnaissait il y a quelques jours FranceInfo.
La préférence étrangère à tout prix
La sollicitude de l’AFD pour les pompiers tunisiens ne doit pas surprendre. En 2019, l’agence a donné – oui, donné, pas prêté – 5 millions d’euros à la Direction générale de la défense civile jordanienne. Formation des équipes, équipements neufs « complétant une flotte vieillissante ou inadéquate », « réduction des temps d’intervention dans le gouvernorat de Mafraq »… Le gouvernorat de Gironde peut attendre ! Bref, « le projet contribuera au contrat social entre l’État et les différentes communautés ». Jean-Jacques lui-même, depuis sa cave du Panthéon, doit se demander pourquoi la France se sent obligée de financer le contrat social jordanien.
Du don, encore : en 2020, « 15,5 millions d’euros de nouvelles subventions » pour faire face aux incendies de la forêt amazoniennes. Brésil, Colombie, Équateur et Pérou se sont partagé la manne. L’AFD a aussi contribué au « Plan de gestion et de gouvernance face aux incendies des espaces naturels » du Liban. Oh, très modestement, s’agissant pourtant d’un ami de la France : « seulement » 180.000 euros de subvention.
Et revoilà « l’égalité de genre » !
S’il faut se féliciter que l’AFD finance des projets dans les collectivités d’Outre-mer françaises, on ne voit pas pourquoi elle finance les protections civiles de divers pays alors que les pompiers de l’Hexagone ont besoin d’un sérieux coup de pouce humain et matériel. Ce n’est pas tout. Cerise sur le gâteau, l’argent engagé par l’AFD sert aussi aux « enjeux d’égalité de genre ». Cela passe par « la prise en compte des besoins spécifiques du personnel féminin des sapeurs-pompiers », avec des casernes équipées en sanitaires et dortoirs pour femmes et « en achetant des uniformes adaptés à la morphologie féminine ». Que l’argent français finance « l’égalité de genre » dans les casernes à travers le monde, plutôt qu’en France des avions type Canadair, voilà un exemple, un de plus, de la gestion idéologique et dispendieuse de notre pays.

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