
L’infantilisation de la population est devenue le sport favori des gouvernements français depuis des décennies, et cette tendance s’est accélérée sous Emmanuel Macron. Pas un jour ne passe sans que nous soyons bombardés d’un communiqué officiel nous expliquant comment nous comporter, quoi faire, quoi éviter, comment « bien vivre » dans la moindre situation du quotidien.
Tous les domaines sont concernés. La sécurité routière, d’abord : « attachez votre ceinture », « respectez les limitations de vitesse », comme si ces règles n’étaient pas déjà enseignées dans le code de la route. Puis viennent les périodes de canicule : « hydratez-vous », « restez au frais ». Qui, par 40 degrés, aurait spontanément envie de rester en plein soleil ou de s’abstenir de boire ? On nous répondra que « certains n’y pensent pas ». Faut-il aussi leur rappeler d’aller aux toilettes, au cas où l’idée ne leur viendrait pas ?
Et ce n’est qu’un début. « Faites-vous dépister », « ne regardez pas le soleil pendant une éclipse », « attention aux feux de forêt » — alors que neuf incendies sur dix sont d’origine criminelle. Ces messages, souvent d’une évidence confondante, coûtent près d’un milliard d’euros par an. On nous dira que c’est « pour notre bien », parce qu’en France, l’État se pense responsable de la vie intime de chacun, jusqu’à bientôt nous accompagner dans les gestes les plus élémentaires.
Le résultat est visible : une population qui réagit de moins en moins par bon sens, et de plus en plus par réflexe conditionné. Des citoyens qui répètent les consignes comme des perroquets, ayant rangé la réflexion dans un placard. On en vient à se demander comment font les pays où l’État ne joue pas les nounous ?
Eh bien, on le sait : leurs résultats ne sont pas pires, ils sont même meilleurs.
Les campagnes comportementales ont des limites. Les pays qui en font peu misent sur l’éducation, la responsabilité individuelle, la confiance dans le discernement des citoyens. Ils considèrent que l’individu est capable de gérer son propre bien-être sans qu’on lui trace une route balisée de slogans.
Les exemples sont éloquents :
- Canicule : Allemagne et Suisse font très peu d’annonces. Leur mortalité n’est pas supérieure.
- Sécurité routière : France, campagnes massives. Allemagne, Suisse, Pays-Bas, campagnes limitées. Ils ont moins de morts.
- Dépistage : pays nordiques et Allemagne communiquent moins. Leurs taux de dépistage sont meilleurs.
- Santé publique : les pays qui font moins de campagnes ont moins d’obésité, moins de diabète, et de meilleurs indicateurs globaux.
- Italie : pas de slogans infantilisants du type « buvez de l’eau », « faites du sport », « attention aux écrans ». Résultats souvent meilleurs que les nôtres.
- Espagne : communication modérée, résultats supérieurs dans plusieurs domaines.
Les faits sont là : les messages à répétition ne compensent pas la déresponsabilisation croissante de la population. À force de tenir la main des citoyens pour leur indiquer où poser le pied, ils finissent par ne plus savoir marcher seuls.
Les pays qui ne font strictement rien n’ont pas des statistiques calamiteuses. Chez nous, en revanche, l’État se croit responsable de tout, et cherche systématiquement un coupable à chaque incident. On atteint une forme de frénésie psychosociale où chaque geste doit être normé, validé, certifié avant d’être exécuté. L’autonomie régresse, et ce trait se retrouve dans tous les domaines de la société : plus personne n’ose faire ce qui n’a pas été préalablement décrit comme « acceptable ».
Au RPF, nous sommes favorables à l’arrêt de ces campagnes télévisées et radiophoniques. Les centres médicaux regorgent déjà d’affiches informatives : cela suffit largement.
Plus largement, nous défendons un État qui ne se mêle pas de la vie privée des citoyens, et qui mise sur la responsabilisation, l’éducation, et le retour du bon sens.
La liberté commence là où cesse la tutelle permanente.
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