Quelques réflexions sur la supériorité et le pouvoir…

Un quarante-neuvième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extraitdu Médecin de campagne d’Honoré de Balzac, suivant les propos dudit médecin.

En ces mois précédant « les » élections, fameuses s’il en est, importantes parmi les cruciales, attendues par la population à bout de force moralement, ces quelques extraits mettent en évidence le peu qu’il faut attendre d’elles… car le régime politique, la République, ne permet pas d’autre changement que la continuité dans la chute…

*****

La maladie de notre temps est la supériorité. Il y a plus de saints que de niches. Avec la monarchie, nous avons perdu l’honneur, avec la religion de nos pères, la vertu chrétienne, avec nos infructueux essais de gouvernement, le patriotisme. Maintenant, pour étayer la société, nous n’avons d’autre soutien que l’égoïsme.

L’élection pour être un principe demande chez les électeurs une égalité absolue ; ils doivent être des quantités égales, pour servir une expression géométrique, ce que n’obtiendra jamais la politique moderne.

Pour [les idées nouvelles][la] lutte [contre les Bourbons] est une simple question de pouvoir. Si la bourgeoisie abattait les supériorités sociales contre lesquelles sa vanité regimbe, ce triomphe serait immédiatement suivi d’un combat soutenu par la bourgeoisie contre le peuple qui, plus tard, verrait en elle une sorte de noblesse, mesquine il est vrai, mais dont les fortunes et les privilèges lui seraient d’autant plus odieux qu’il les sentirait de plus près. Dans ce combat, la société, je ne dis pas la nation, périrait de nouveau ; parce que le triomphe, toujours momentané, de la masse implique les plus grands désordres.

Le triomphe de la bourgeoisie sur le système monarchique ayant pour résultat d’augmenter aux yeux du peuple le nombre des privilégiés, le triomphe du peuple sur la bourgeoisie serait l’effet inévitable de ce changement. Si cette perturbation arrive, elle aura pour moyen le droit de suffrage étendu sans mesure aux masses. Qui vote discute. Les pouvoirs discutés n’existent pas. Imaginez-vous une société sans pouvoir ? Non ! Eh bien, qui dit pouvoir dit force. La force doit reposer sur les choses jugées. Telles sont les raisons qui m’ont conduit à penser que le principe de l’élection est un des plus funestes de l’existence des gouvernements modernes… La tutelle des masses, qui sont incapables de participer au gouvernement, me paraît donc une chose juste et nécessaire au soutien des sociétés.

https://www.actionfrancaise.net/2026/07/25/quelques-reflexions-sur-la-superiorite-et-le-pouvoir/?doing_wp_cron=1784973787.9675929546356201171875

Laisser un commentaire