Le coup de pied de l’âne ! Confucius se venge

Le pied de Trump et le pied de nez de Xi

Pendant que l’un se tire une balle dans le pied, l’autre prend son pied

En juillet 2026, un paradoxe géopolitique éclatant se joue au grand jour. Alors que Donald Trump prolonge un conflit au Moyen-Orient dans l’espoir de réaffirmer la domination du dollar et de contenir la montée en puissance de la Chine, c’est l’Amérique qui s’inflige des blessures économiques et technologiques profondes.

Pendant ce temps, Xi Jinping avance sereinement : la Chine consolide son indépendance énergétique et technologique sans avoir à tirer un seul coup de feu.

  1. Le pied dans lequel Trump vient de tirer

La stratégie américaine repose sur deux piliers : le maintien du pétrodollar et le leadership dans l’IA. La guerre en Iran produit l’effet inverse.Sur le front énergétique : Le Brent a dépassé les 91 dollars le 20 juillet 2026 (plus haut niveau depuis mi-juin), contre moins de 72 dollars avant l’intensification des frappes. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz font craindre des disruptions durables. Or, les data centers IA sont extrêmement énergivores.

Bloomberg NEF estime que les data centers pourraient représenter 20 % de la consommation électrique américaine d’ici 2035 (contre 6 % aujourd’hui), avec une demande projetée à 194 GW. Les investissements des Big Tech (Meta, Google, Microsoft, Amazon) dépassent les 1 500 milliards de dollars d’ici 2028. Un pétrole durablement cher renchérit l’électricité et réduit la rentabilité de ces projets.

Sur le front monétaire et budgétaire :

La dette publique américaine atteint 39,58 trillions de dollars mi-juillet 2026 (en hausse de plus de 3 trillions depuis début 2025). Les saisies d’actifs iraniens (y compris cryptos) et les précédents russes alimentent la méfiance mondiale. Les rendements des Treasuries montent, augmentant le coût du service de la dette. Les banques centrales étrangères diversifient vers l’or et d’autres devises, accélérant la dé-dollarisation.Trump voulait une guerre courte et décisive. Il obtient une guerre qui s’enlise, qui fait monter l’inflation importée et qui sape la confiance dans le système financier américain.

  1. Le pied que Xi Jinping prend tranquillement

La Chine transforme ces turbulences en opportunités stratégiques.

Énergie souveraine :

 Grâce à des achats de pétrole iranien à prix préférentiel et à son programme thorium, Pékin sécurise son approvisionnement.

 Le réacteur expérimental TMSR-LF1 (2 MW) dans le désert de Gobi a atteint des milestones clés, avec détection de protactinium-233 (preuve de breeding). Un démonstrateur de 10 MW (60 MW thermique) est en construction pour 2030, suivi de projets commerciaux. Cette technologie promet une électricité abondante, stable et à bas coût — idéale pour les data centers IA.Technologie :

 IA open source : Modèles comme DeepSeek, Qwen (Alibaba) ou ceux de Moonshot se diffusent massivement.

Semi-conducteurs :

 SMIC progresse vers les 2 nm et produit déjà en 5 nm N+3 sans EUV. La Chine prévoit une forte hausse de capacité DRAM (CXMT vise 350 000 wafers/mois fin 2026).

Quantique :

Avancées notables avec des machines comme Zuchongzhi.

Ces progrès sont financés en interne et par un marché domestique énorme. La Chine n’a pas besoin d’attirer des capitaux étrangers risqués.

  1. Le grand renversement stratégique

La guerre en Iran, censée affaiblir les adversaires de l’Amérique, renforce objectivement la position chinoise :

Pétrole bon marché

 + thorium → énergie stable pour l’IA.

Méfiance sur le dollar → accélération de la dé-dollarisation.

Coûts élevés aux USA → ralentissement relatif du boom IA américain.

Image : une Amérique imprévisible face à une Chine perçue comme stable.

Xi n’a pas eu besoin d’intervenir militairement. Il laisse les erreurs stratégiques américaines produire leurs effets.

Conclusion : une décennie offerte à la Chine ?

L’histoire retiendra peut-être que la plus grande erreur de Donald Trump n’aura pas été d’affronter l’Iran, mais d’avoir offert à la Chine, via ce conflit, les conditions idéales pour combler son retard technologique tout en consolidant son indépendance énergétique.

D’un côté, une superpuissance qui se tire une balle dans le pied (dette à 39,6 trillions, pétrole à +90 $, data centers pénalisés).

De l’autre, un concurrent qui prend son pied (thorium, 2 nm, IA ouverte, énergie souveraine).

Le match n’est pas terminé, mais pour l’instant, c’est clairement Xi qui mène la danse.

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-coup-de-pied-de-l-ane-confucius-270692

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