Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Voici une petite fiction estivale.
Décembre 2026. Le débat sur le budget 2027 s’enlise à l’Assemblée nationale alors qu’en cette fin d’année 2026 se profile à grands pas les élections présidentielle de mai 2027. Ce sera le 18 avril pour le premier tour et le 2 mai pour le second tour. Pourtant atteindre le moment du vote semble presque hors de portée pour la France sans avoir fait faillite avant.
Depuis le mois de novembre 2026 les marchés voient rouge contre la France et son incapacité à tenir ses dépenses publiques.
Alors que les taux à 10 ans français restaient sous contrôle, depuis quelques jours, rien ne va plus et ils dépassent allègrement les 4 %.
Le 20 décembre les taux atteignent 4.5 %. Le gouvernement se veut rassurant, et le premier ministre Sébastien Lecornu, lance, pour rassurer un nouveau plan d’économie de 8 milliards d’euros. Les Canadairs ne seront toujours pas commandés cette année. Il espère atteindre les fêtes de Noël et la trêve des confiseurs… et vous savez quoi ? Il réussit son pari et offre quelques semaine de répit à notre pays bien impécunieux.
C’est à partir du 15 janvier que les choses se gâtèrent sérieusement.
Les rumeurs allaient bon train sur des comptes 2026 très dégradés, la croissance n’avait pas franchement été au niveau, les rentrées fiscales en baisse et les dépenses en hausse. Lecornu devait annonçait un déficit à 6.5 % du PIB et la France n’avait pas de budget.
Le lundi suivant fut une journée noire sur les marchés. Les taux de la France dépassèrent les 5 % alors que l’Allemagne empruntait toujours à moins de 4 %. Le CAC 40 perdait 8 % à cause des valeurs bancaires. Les gens commençaient à s’inquiéter sérieusement.
Vous vous souvenez de la crise des Subprimes ? Quand les marchés s’emballent les choses peuvent aller très vite. A la fin janvier le taux à 10 ans de la France atteignirent la barre symbolique des 6 %. Les gens faisaient la queue rue Vivienne pour tenter de convertir leur contrats d’assurance-vie en euros (et donc en « bonne » dette d’état) en or mais c’était la pénurie. Le Napoléon 20 FRF valait plus de 1 200 euros la pièce.
C’est à ce moment-là que les chaînes télé annoncèrent la candidature de Christine Lagarde qui avait démissionné depuis quelques semaines de la BCE dont elle était la présidente.
Christine Lagarde, le CV le plus parfait.
Avocate internationale qui avait travaillé dans de grands cabinets américains, ministre de l’économie, Directrice Générale du FMI après les histoires de « troussage de domestique » comme l’avait dit Jean-François Khan à l’époque du scandale retentissant, puis Présidente de la BCE, Christine Lagarde était la seule qui pouvait murmurer à l’oreille des marchés.
C’est ce qu’elle fit en ce début février 2027 dans un discours qui restera célèbre.
« Mes chers concitoyens, face à la situation, je ne peux pas rester spectatrice de la crise financière qui touche notre pays. Je le dis aux marchés. La France tiendra ses engagements internationaux quoi qu’il en coûte et croyez-moi cela sera assez. Je le dis à la population française. Nous ne pourrons pas faire l’économie d’un ajustement dont je vous promets qu’il sera juste et équitable. Je le dis aux marchés et aux Français. Nous avons tous intérêt à ce que la France aille bien. Je demande aux investisseurs du monde entier de ne pas attaquer la dette française pendant cette campagne électorale. C’est parce que je sais en ces heures difficiles comment résoudre une crise financière que j’ai décidé de présenter ma candidature à la présidence de la République »… son discours continua quelques minutes.
Les médias se mirent à tourner en boucle sur la candidature de la dernière chance, la seule capable de sauver la France du naufrage financier. Tout l’establishment français, médias, élite politique et économique se rallierent à son panache blanc.
Le début de crise financière avait propulsé Christine Lagarde à la « une » comme la seule solution crédible et évidente pour assurer la stabilité financière de la France.
La campagne électorale fut rapide.
Au deuxième tour, le 2 mai, c’était un affrontement Marine Le Pen et Christine Lagarde.
Entre sa déclaration de candidature qui avait calmé aussitôt les marchés et le front Républicain, Christine Lagarde emporta le second tour avec 58 % des suffrages exprimés et devînt la première femme présidente de la 5ème république.
Ceci n’est évidemment qu’une fiction ! Une fiction estivale sans prétention, mais gardez-là dans un coin de la tête.
Et c’est ainsi que Dame Christine devînt la première petite mère des peuples de l’UERSS.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
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