
Emmanuel Macron est, en somme, le président des deux Q opposés : QR code partout, OQTF nulle part. Créer à l’intérieur de la France des frontières infranchissables que l’on refuse obstinément de tenir à l’extérieur.
C’était le dernier 14 Juillet du président Emmanuel Macron. Et – espérons-le ! – le dernier QR Code de son règne. Boulevard Voltaire vous a raconté par le menu l’annulation de l’annulation de ce QR code : pour la première fois cette année, un arrêté avait prévu l’inscription obligatoire par Internet pour assister au défilé et présentation d’un QR code nominatif pour accéder au périmètre. La fête populaire spontanée s’était muée d’un coup en aire de contrôle sous haute surveillance.
Annulation de l’annulation
Saisie par l’association Vigie Liberté, le juge des référés Liberté avait annulé le 13 juillet l’arrêté du préfet de police de Paris. Mais, coup de théâtre, la nuit dernière : en catimini – à 2h du matin, pendant que les Français dormaient – le Conseil d’État a rétabli le QR Code obligatoire, arguant d’une nécessité sécuritaire, eu égard à la présence de chefs d’État et notamment du président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Puisque l’heure, à quelques mois de la présidentielle, est au bilan, on pourra dire qu’Emmanuel Macron aura été le Président QR Code. Quand on sait que QR est l’acronyme de Quick Response, cela peut prêter à sourire (ou à pleurer) puisqu’il est l’homme, par excellence, qui n’a rien résolu : ni la résorption de la dette, ni le contrôle de l’immigration, ni le retour sur la scène internationale de la France, ni la réindustrialisation, ni le relèvement de la France dans les classements Pisa… la non-liste est infinie. Tout au plus peut-on mettre à son crédit un renforcement des crédits militaires, puisque c’est le jour pour l’évoquer. Cela avait pourtant – avec la démission, en fanfare après un clash mémorable, du Général de Villers –, très mal commencé.
De ses deux quinquennats, on ne retiendra guère que des lois sociétales, adjectif synonyme de fumeux et idéologique, pour satisfaire des lobbies de gauche minoritaires : la PMA pour toute, la constitutionnalisation de l’IVG et sans doute, ce 15 juillet, le vote de l’euthanasie. Il est vrai que le suicide assisté, Emmanuel Macron l’a déjà expérimenté : il injecte personnellement à la France de mille façons depuis des années, en lui tenant la main et des propos lénifiants, un produit létal qui accélère sa disparition.
Mais n’oublions pas bien sûr la généralisation du QR code, expérimentée de façon massive au moment de la crise du covid. Ce code-barre à deux dimensions a été inventé en 1994 en Asie pour améliorer la traçabilité des pièces dans une usine Toyota, et il fait les délices de tous ceux qui aiment les contrôles de masse. Emmanuel MaQRon – après le poinçonneur des Lilas, le contrôleur de l’Élysée – : c’est aussi sous son règne qu’auront été imaginées les ZFE (Zones à Faibles Émissions, autrement appelées à Fortes Exclusion). Il raffole du tri de la vérification et du pointage. Mais pas partout.
Les deux Q opposés…
Ce 14 juillet 2026 est aussi le dixième anniversaire de l’attentat islamiste au camion-bélier qui fit 86 morts sur la promenade des Anglais à Nice. Que faisait en France, l’auteur de ce crime, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, Tunisien dépeint par les siens comme incontrôlable et psychopathe depuis l’enfance, battant sa femme ? Quelques mois avant l’attentat, en mars, ce petit délinquant bien connu de la police avait été condamné à un an de prison de sursis pour violence. Personne, alors, n’a donc songé à lui retirer son titre de séjour, comme la loi l’autorise pour des individus constituant « une menace pour l’ordre public » ? Que fallait-il donc de plus ?
On a appris il y a quelques jours, que son frère, décrit lui aussi comme « agressif » et « capable de tout » – il aurait menacé la gestionnaire de son immeuble d’y « verser du gasoil et mettre le feu » – avait été interpellé dans un appartement qu’il squattait… près de la promenade des Anglais. Il se vantait du reste auprès des voisins de sa sinistre parenté comme d’un titre de gloire et lors d’un contrôle policier, avait été découvert en possession d’un couteau. Il est aujourd’hui sous le coup d’un OQTF et dans un Centre de Rétention Administrative. Il pourrait être expulsé vers la Tunisie. Tout est dans la conditionnel. N’était-ce pas Emmanuel Macron, dont le nom rime avec gascon, qui avait fait la promesse de 100 % d’OQTF exécutés ?
Emmanuel Macron est, en somme, le président des deux Q opposés : QR code partout, OQTF nulle part. Créer à l’intérieur de la France des frontières infranchissables que l’on refuse obstinément de tenir à l’extérieur.
Gabrielle Cluzel
https://www.bvoltaire.fr/macron-ou-maqron-on-retiendra-de-ce-president-quil-fut-monsieur-qr-code/
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