Mes chères impertinentes, chers impertinents,
C’est un rapport de la DARES que vous pouvez consulter (source ici) consacré à « l’évaluation quantitative de l’expérimentation de l’accompagnement rénové des bénéficiaires du RSA ».
En gros le principe était simple, les gens au RSA étaient inscrits automatiquement sur les listes de chômeurs de Pole Emploi (devenu France Travail, après avoir été l’ANPE etc…).
On peut changer le nom de l’institution, le chômage lui et les chômeurs restent.
Tout d’abord cet accompagnement a porté ses fruits puisque « sur l’expérimentation a amélioré les trajectoires d’emploi des participants, mais ces effets sont plus marqués pour les premières cohortes de bénéficiaires du RSA entrées dans l’expérimentation et fortement tirés par les contrats aidés. La présence en emploi salarié des bénéficiaires du RSA participant à l’expérimentation augmente de près de 25 % six mois après leur entrée dans le dispositif et reste à ce niveau un an plus tard ».
Mais… cette hausse s’est faite a priori au détriment des autres chômeurs. « Les effets positifs observés pour les participants s’accompagnent d’effets négatifs sur d’autres bénéficiaires du RSA exposés au même marché du travail local, de sorte que l’effet net sur l’emploi n’apparaît pas significatif à l’horizon de l’expérimentation. L’expérimentation a légèrement réduit l’intensité de l’accompagnement par France Travail des demandeurs d’emploi indemnisables à l’assurance chômage résidant dans les zones d’expérimentation, avec des effets négatifs très limités sur le retour à l’emploi à court terme de cette population ».
Enfin, ce dispositif créerait une sorte de concurrence entre catégories de chômeurs, « à court terme, l’expérimentation semble donc produire une réallocation des emplois salariés en faveur des bénéficiaires ciblés plutôt qu’une création nette d’emplois. Ce constat n’exclut cependant pas la possibilité d’effets plus favorables à plus long terme ».
Tout le monde n’a pas besoin d’un accompagnement !
L’étude conclut évidemment qu’il faudrait plus de conseillers Pôle Emploi pour s’occuper des chômeurs… S’occuper. Certes tout le monde ne sait pas faire de CV ou écrire des lettres de motivation bien qu’avec l’IA et ChatGPT il devient très facile et gratuit de corriger ses fautes, certes tout le monde ne sait pas se servir d’un PC, mais globalement ce n’est plus un problème majeur. L’immense majorité des gens en âge de travailler ne sont pas victimes de la fracture numérique qui s’est considérablement réduite.
Une conclusion s’impose.
Tout le monde n’a pas besoin du même accompagnement.
Entre les ateliers collectifs et l’accompagnement individuel il y a un certains nombre d’outils.
Mais le plus important des outils est celui de la responsabilité individuelle.
Ce n’est pas à France Travail de vous trouver un travail. C’est à vous.
Je ne dis pas que c’est facile, car rien n’est jamais facile.
Vouloir accompagner tous les chômeurs de la même manière n’est pas forcément une bonne chose.
La réalité également, c’est quand il n’y a pas d’allocation chômage, il y a nettement plus de gens qui travaillent ou qui retrouvent un travail quand les allocations sont dégressives à chaque pallier. C’est logique et c’est un comportement rationnel d’agent économique.
Au bout du compte, il y a un système d’indemnisation avec lequel nous jouons tous. Il y a des règles et nous maximisons leur utilisation à notre profit. Encore une fois, aucune jugement, c’est parfaitement rationnel. C’est donc au système de proposer d’autres règles notamment la dégressivité (pour un coût identique vous pouvez organiser l’indemnisation de manière différente ». Par exemple nous pouvons donner 20 K€ en une fois, ou en 10x 2000 € ou en 5 x 2000 € puis en 10x 1000 € ou encore 10 x 1000 et 20 x 500 €. A chaque fois le « coût » du chômeur sur la durée (différente) sera le même, mais les incitations très différentes. Baisser l’indemnisation au bout d’un certain temps mais la maintenir plus longtemps favorisera ceux qui ne trouvent réellement pas d’emploi, mais incitera ceux qui peuvent trouver mieux à aller gagner plus.
La logique serait donc de concentrer nos moyens (jamais illimités) sur ceux qui en ont le plus besoin que ce soit en ce qui concerne la manière d’indemniser ou encore l’accompagnement par les conseillers de France Travail et cette étude montre que lorsque l’on accompagne un public éloigné de l’emploi réellement on augmente significativement le retour à l’emploi.
Je trouve que c’est plutôt une bonne nouvelle.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
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