
Dans le nouveau baromètre mensuel du Figaro Magazine, qui vient de paraître ce mercredi 3 juin, Jordan Bardella tutoie des sommets. Avec une cote de confiance atteignant les 47 %, il progresse de 6 points en un mois. Un record.
Observation significative : sur les quinze premières personnalités, seuls Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon représentent la gauche. En deuxième position, avec 40 % d’opinions favorables, Marine Le Pen progresse de 4 points quand Édouard Philippe, sur la troisième marche, baisse de 2 points et rassemble les faveurs de 29 % des sondés. À droite, Marion Maréchal, Éric Ciotti et Robert Ménard progressent aussi.
Il faut noter que cette enquête a été effectuée du 31 mai au 2 juin, soit après la victoire du PSG en Ligue des Champions. À la suite des débordements et des saccages qui ont eu lieu dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai, comme le démontrent les résultats de ce baromètre, il semblerait que les Français aient une impression relativement différente de celle de leur ministre de l’Intérieur.
« Raphaël, Hugues et Clément »
« La situation était globalement sous contrôle » a notamment commenté, satisfait, Laurent Nuñez, qui s’est vanté d’avoir prévu, ce soir-là, « un dispositif extrêmement solide ». La belle affaire ! Avec 178 policiers et gendarmes blessés, 890 interpellations, la victoire a un goût de cendre. Et lorsque la journalise de RTL Isabelle Saporta s’indigne, ce 3 juin, à l’antenne, de « la petite musique » qui revient à stigmatiser encore une fois les Français issus de l’immigration alors que « Raphaël, Hugues et Clément » sont aussi des fauteurs de troubles, habitant, « pour certains, dans les beaux quartiers, en tout cas pas dans les banlieues », il convient de sourire, tant l’indécence rivalise avec l’outrecuidance.
La couleuvre est énorme et, d’ailleurs, elle ne passe pas. Mais si les Français continuent de se rebiffer, jusqu’où Jordan Bardella peut-il grimper ? Si cette enquête n’est pas un sondage d’intentions de vote, elle est néanmoins révélatrice de la progression des idées portées par le Rassemblement national et de la forte popularité dont bénéficie le président de la formation nationaliste.
Cette séquence démontre que le RN ne pâtit pas, dans l’immédiat, de la séquence floue actuelle. Les hésitations sur la question des retraites et les critiques habituelles des détracteurs du parti à la flamme qui aiment mettre en avant un programme économique « bancal » n’entament guère la détermination des Français. Et la date fatidique du 7 juillet, où le RN sera fixé juridiquement sur son candidat, non plus.
Au rythme des saccages
D’ailleurs, le « plan B » réalise des scores meilleurs que la triple candidate à l’élection présidentielle. Louis Aliot, l’emblématique maire de Perpignan, en évoquant les tensions internes de son parti sur la question des retraites, ce mercredi 3 juin, sur France 2, a concédé que Jordan Bardella pourrait tracer une route qui lui est propre : « Le candidat porte un projet qui quelquefois n’est pas nécessairement, à la lettre, celui du parti politique, […] S’il est candidat, il aura son propre programme et sa vision des choses. »
Avec une cote de confiance à 47 %, Jordan Bardella peut encore progresser. Si la marche du premier tour paraît inaccessible, la barre des 40 %, si elle était atteinte, serait un premier séisme. L’enquête Ipsos BVA-CESI École d’ingénieurs réalisée pour Le Parisien, il y a quelques jours, place systématiquement le président du RN en tête du premier tour, avec des scores compris entre 33,5 % et 36 %, en fonction des configurations retenues. Au rythme des saccages, qui risquent malheureusement de se multiplier et s’intensifier à chaque fois – rappelons que la Coupe du monde de football approche, ainsi que le 14 Juillet, et qu’il reste encore un 31 décembre avant la présidentielle de 2027 –, peut-être le candidat RN continuera-t-il de représenter toujours plus largement un espoir face au chaos.
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