
Comme par hasard, le sommet Choose France 2026, le dernier de Macron, est marqué par des annonces atteignant un niveau historique, plus de 93 milliards d’euros d’investissements sont annoncés. L’intelligence artificielle, avec des géants mondiaux comme SoftBank, Salesforce ou encore Databricks et leurs infrastructures stratégiques de data centers, hubs d’innovation et formations à grande échelle deviennent les piliers d’un écosystème informatique. La France s’imposerait donc comme un territoire clé dans la course mondiale à l’IA, grâce à son électricité nucléaire puissante, décarbonée, que le même président voulait un temps, liquider.
On notera que les considérations écologiques passent au second plan quand il s’agit de data-centers, grands consommateurs d’énergies en tous genres. Le secteur industriel reste un pilier central, avec l’agroalimentaire, là encore grâce à une loi opportune, qui permettra notamment d’installer plus d’élevages de poulets, toujours sans considérations écologiques qui sont évoquées ou pas en fonction des circonstances. Mais aussi l’aéronautique, la sidérurgie, les pharmaceutiques. Les laboratoires GSK et Sandoz annoncent chacun près de 150 millions d’euros d’investissement en France. On notera qu’on accueille les entreprises des autres sans parler d’une informatique à la française et d’une IA à la française. Notre état continuera donc de fonctionner sous Windows. Et l’inénarrable transition énergétique, celle qui consiste à défoncer les sols et les fonds marins pour y implanter des socles qui y resteront pour l’éternité.
Il s’agit de moderniser des sites industriels existants, de renforcer la recherche et développement, d’augmenter les capacités de production, de relocaliser des activités critiques et de sécuriser les chaînes d’approvisionnement. Le tout en faisant valoir « une stratégie globale pour attirer les talents et les capitaux »… dans le pays champion du monde des taxes sur le travail, on ne voit pas trop la stratégie en question. On la voit d’autant moins que concrètement sur le terrain, ça ne suit pas. Comme toujours avec Macron, le truc réside surtout dans l’effet d’annonce. Lors de l’édition 2025, ce fut plus de 40 milliards d’euros, en réalité des plans d’investissements prévus sur cinq à dix ans. Autant dire que le « pas encore fait » des 40 milliards de l’an dernier est recompté dans les 93 milliards de cette année. Et si l’entreprise concernée change d’avis, ou si la conjoncture se retourne, le projet est réduit ou annulé en silence. Recyclage de projets existants, recomptage d’investissements déjà actés, extensions d’usines déjà prévues, tout rentre dans le calcul pour gonfler les chiffres, sauf que derrière, il n’y a jamais le moindre rapport sur les bilans effectifs.
Sur les 87 milliards d’euros promis depuis 2018, le traçage des promesses reste opaque et pour cause, personne n’est chargé du moindre audit contradictoire annuel sur la réalisation des promesses. On est uniquement sur des effets d’annonce invérifiables. Même si le baromètre annuel du cabinet EY sacre la France, pour la septième année consécutive, comme le pays le plus attractif d’Europe en nombre de projets, avec 1 852 projets recensés l’an dernier, ces derniers sont souvent de petite taille. L’Allemagne ou le Royaume-Uni, attirent moins de projets individuels, mais des investissements bien plus massifs. 1 852 projets pour seulement environ 28 000 emplois créés, soit environ quinze emplois par projet, alors qu’au Royaume-Uni, on dénombre 40 000 à 45 000 emplois pour à peine 730 projets, soit 55 à 60 emplois par projet. Et encore, cela à grand renfort de subventions publiques massives, via le plan France 2030, des baisses d’impôts de production, ou le crédit d’impôt recherche. Et donc, les milliards « apportés » par les entreprises étrangères sont en partie financés… par l’argent public français, notamment la transition énergétique et les incitations faites aux grands groupes internationaux pour qu’ils s’installent en France. Choose France est simplement une opération largement subventionnée, où le type qui depuis dix ans, gouverne par effet d’annonce, peut ainsi continuer à « faire des annonces »… comme de toute façon, personne ne lui demande jamais de comptes, il peut bien raconter ce qu’il veut.
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