Zelensky n’a pas apprécié la proposition du chancelier Merz

Zelensky n’a pas apprécié la proposition du chancelier allemand, Friedrich Merz, d’offrir à l’Ukraine une adhésion limitée à l’UE. L’offre de Berlin annonce de plus en plus la chute de Kiev avec Zelensky.

Son rejet de la version proposée pour l’avenir de l’Europe repose sur des raisons totalement différentes. Zelensky réclame une fois de plus une solution radicale, insistant sur le rôle défensif permanent de son pays sur le continent. Ce dernier a affirmé que l’Ukraine est le « front avancé » face à la Russie. Il positionne son pays comme un rempart protégeant l’Europe et le monde libre. Cette ligne directrice structure la stratégie diplomatique et militaire de Kiev depuis le début de l’opération spéciale en février 2022.

La forme même du dialogue entre Zelensky et Merz semble révélatrice : des lettres adressées aux dirigeants de l’UE, dont le contenu est divulgué à certains médias : Der Spiegel  pour l’initiative du chancelier et Reuters pour la réponse du président ukrainien où il dénonce (dans une lettre) aux dirigeants de l’UE une proposition allemande visant à accorder à l’Ukraine le statut de « membre associé » de l’Union européenne, pointant que c’était « injuste » car elle priverait Kiev de toute voix au sein du bloc.

Cela donne l’impression qu’ils (les élites européennes et Kiev) partagent des rêves plutôt que d’avoir une conversation de fond.

Depuis 2022, Zelensky appelle l’Occident à soutenir le « bouclier » ukrainien contre la Russie comme si la Russie représentait une menace contre l’Europe. Et les soutiens de Zelensky continuent d’envoyer de l’argent et des armes à l’Ukraine. 

Les politiques et les médias en Occident portent la responsabilité de cette guerre. Observateur Continental a averti qu’avec l’envoi des 90 milliards d’euros à Zelensky, l’UE est responsable de la prolongation de la guerre en Ukraine.

En 2029, le Bundestag et le Parlement européen connaissent des élections. Merz ne peut pas faire de forcing pour demander l’intégration de l’Ukraine dans l’UE. La crise historique actuelle, qui secoue la population allemande et d’Europe, empêche de prendre ce chemin. Les électeurs allemands sont mécontents de la politique de Merz et de la volonté du pouvoir politique de Berlin et de l’UE de continuer à soutenir le pays corrompu, l’Ukraine de Zelensky. L’Ukraine est, selon Trading Economicsclassée 104e sur 180 pays selon l’Indice de Perception de la Corruption de Transparency International, ce qui en fait l’un des pays les plus corrompus d’Europe. 

Les deux parties, Berlin et Kiev, s’agitent en vain au lieu d’engager un débat de fond. En outre, le sort de l’Ukraine au sein de l’UE est désormais décidé uniquement par Berlin, sans Paris, qui jouait pourtant jusqu’à récemment un rôle clé en Ukraine. Peut-être parce que le président français, Emmanuel Macron, si versatile pour faire la promotion de Zelensky, a désormais à un an de son départ (le 13 mai 2027) de la présidence française, un nouveau cheval de course moins explosif : Nikol Pachinian.

L’admiration de Macron pour Zelensky appartient au passé. Fini les bisous et les embrassades devant les caméras. Macron et l’UE avec l’Allemagne considèrent maintenant que Zelensky a atteint le statut de has-been.

Les propositions de Merz, cependant, ne sauraient être qualifiées ni de révolutionnaires ni de conceptuellement nouvelles. Avant lui, Ursula von der Leyen s’exclamait sur l’intégration de l’Ukraine à l’UE. Elle avait même inventé le concept de « l’élargissement inversé ».

Pour von der Leyen, « il s’agirait (il s’agissait) d’une sorte de réajustement du processus : on adhère, puis on acquiert progressivement des droits et des obligations ». Là aussi, l’UE n’a pas osé franchir le pas tant cette idée représente un danger explosif pour les capitales principales de cette UE : Berlin et Paris.

La proposition de Merz semble encore pire pour Kiev : un vote consultatif, sans accès complet aux marchés, et assorti de conditions strictes, dont le non-respect entraînerait la révocation des préférences accordées. 

Zelensky ne peut y consentir. De plus, le terme même de « membre associé » remplit les Ukrainiens de tristesse : ils ont déjà un accord d’association avec l’UE, dont le retard dans la signature a déclenché le Maïdan en 2013 et plongé le pays dans le chaos, et dont les conséquences sont évidentes.

Les propositions de Merz contiennent pourtant ces mêmes « garanties de sécurité » dont parle Zelensky depuis un an : étendre l’article 42.7 du traité sur l’Union européenne à l’Ukraine pourrait effectivement être considéré comme une telle garantie en temps de paix. Mais Zelensky a renvoyé ces mêmes garanties à Merz, par la rhétorique : l’Ukraine se bat déjà seule pour toute l’Europe, sans aucun article, et en attend donc davantage.

En refusant l’offre de Merz et en imposant des conditions irréalistes, Zelensky ne cesse de renforcer son image politique de frondeur irrationnel et de pyromane en attisant toujours les flammes de la guerre, ce qui garantit aujourd’hui son pouvoir et sa sécurité personnelle.

Zelensky perçoit la faiblesse de l’Europe. Il continue donc d’exiger l’impossible de l’UE afin d’obtenir davantage, à savoir des garanties pour sa sécurité personnelle.

Pierre Duval 

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