
Afin de prolonger et de compléter le dossier de notre numéro 220, actuellement en kiosques, consacré à la « remigration », concept qui prend progressivement de l’ampleur dans le discours politique français et européen, nous avons décidé d’interroger sur ce sujet un ensemble de personnalités du monde politique et culturel dissident en leur soumettant la même interrogation : « Pensez-vous que la « remigration » soit possible et souhaitable, et si oui, sous quelle forme et dans quelles conditions ? » Les lecteurs sont également invités à participer, en commentaires ou par courriels, à ce débat. Première salve de réponses avec Philippe Randa, écrivain et éditeur, et Romain Petitjean, responsable du développement de l’Institut Iliade.
Romain Petitjean, responsable du développement de l’Institut Iliade
La remigration est une nécessité vitale. Il s’agit pour les Européens de reprendre le contrôle démographique, culturel et territorial de leur continent et de mettre fin à une situation délétère qu’ils n’ont pas choisi. Si l’immigration afro-asiatique peut faire l’affaire des dirigeants hors-sol en faisant pression à la baisse sur les salaires, il est une catastrophe pour les pays d’accueil qui voient leur cohésion identitaire, socle de la cité, s’effondrer. On n’assimile pas des peuples entiers, aux mœurs étrangers, à notre civilisation pluriséculaire.
Nos sociétés libérales, fondées sur le contrat individuel, sont démunies face au Grand remplacement. Elles sont incapables de penser l’existence autrement qu’en terme d’inclusion, au mieux d’une assimilation qui est toujours possible pour des individus, mais totalement illusoire quand il s’agit d’intégrer des communautés étrangères dans des cultures historiques. Et on assiste actuellement à une sorte de fuite en avant utopique et à un déni généralisé. Or la politique consiste précisément à se confronter à la réalité (et à tout faire pour la montrer à notre peuple), dire OUI ou NON lorsque la situation l’exige. Elle doit conférer un destin au peuple. La remigration, qui est ni plus ni moins que l’inversion des flux migratoires, répond pleinement à cette exigence. Elle a l’avantage de casser une dynamique devenue mortifère et de proposer un mythe mobilisateur et unificateur. NON au Grand Remplacement, OUI à la reconquête de ce que nous sommes. Il faut saluer les identitaires européens qui travaillent à imposer cette idée simple, dont tout le monde voit les bénéfices, qui grandit actuellement dans les esprits, comme l’indiquent les nombreux sondages d’opinion ou les résultats électoraux.
Mais il est urgent de la mettre en place, car si la gestion des flux est une chose, la gestion des stocks qui grossissent chaque jour qui passe en est une autre. Je dirais que c’est la première raison qui doit faire advenir la remigration dont les modalités sont évidemment nombreuses. La confiance au sein de notre société est déjà largement ébranlée, autant du fait d’une insécurité croissante que d’écarts culturels de plus en plus marqués, et l’installation durable de populations qui reçoivent largement plus qu’elles ne contribuent dans le système redistributif met aujourd’hui en péril notre État social.
Rappelons que cette crise migratoire touche de plus en plus de pays dans le monde et que si l’Europe est la grande perdante pour le moment, c’est de manière générale un jeu à somme nulle pour les peuples d’émigration comme d’immigration. Évacuer son surplus démographique vers l’extérieur avec la complicité d’élites corrompues n’est ni sain ni viable pour les pays afro-asiatiques qui y ont recours. Quant à l’immigration « choisie », qui consiste à n’accorder des titres de séjour qu’aux étrangers qualifiés ou diplômés, elle dispense d’un côté le pays d’accueil de régler ses problèmes endémiques de formation et de politique éducative, tout en vampirisant de l’autre les pays de départs, qui sont ainsi privées de leurs forces vives. Ces pratiques ne sont pas profitables à long terme, que ce soit pour les pays européens, asiatiques ou africains.
La coopération entre États est donc indispensable. Rien n’empêche de taper du point sur la table, de mettre en place des solutions contraignantes et spectaculaires pour marquer les esprits tout en négociant des solutions communes intelligentes, avec un arsenal d’aides et d’incitations au retour. Le corps diplomatique, que les élites libérales hors-sol s’affairent à détruire, est justement fait pour cela. Soyons à la fois déterminés et idéalistes, car il s’agit de l’avenir de nos enfants et de notre survie, et pragmatique car c’est la voie de l’efficacité. Enfin, il faut rappeler que la remigration a déjà été mise en place par différents peuples, par différents camps politiques, à différentes époques et selon des modalités différentes. Des rapatriements post-coloniaux à l’expulsion de centaines de milliers d’Afghans du Pakistan en 2018, en passant par les expériences scandinaves contemporaines, les exemples sont légion.
D’un point de vue plus politique, de plus en plus de partis européens (encore dans l’opposition pour la plupart) mettent la remigration, l’inversion des flux migratoires, à l’ordre du jour de leur programme et certains pays, notamment les sociales démocraties danoises et suédoises commencent à la mettre en pratique. C’est un processus à enclencher et pour cela il faut changer de perspective et de mentalité. Non, la loi ne nous interdit pas de le faire, bien au contraire, la remigration consiste précisément à appliquer la loi. Comme dans un entonnoir il s’agit de commencer par le plus évident (les clandestins, les délinquants étrangers, les séjours temporaires, les entrées abusives…) qui enverront un signe clair aux populations : « Vous n’êtes pas les bienvenues et avez vocation à repartir. Préparez-vous. »
Il faut retrouver cette pulsion de vie, ce désir de faire nos propres enfants et de perpétuer ce que nous sommes. Pour cela le ressourcement à leur histoire, à leur génie propre et la reprise en main de leur territoire par les autochtones que nous sommes est indispensable.
Philippe Randa, écrivain, éditeur
J’ai toujours été très sceptique sur la possibilité d’une remigration. Si on la conçoit comme une expulsion manu militari, encore faudrait-il en être capable, autant moralement que physiquement. Moralement, je doute que l’opinion publique, en tout cas en France actuellement, soit majoritairement acquise à cette solution. Cela pourrait-il changer à l’avenir, pourquoi pas ! Mais quand ? Aux calendes grecques ? Et surtout, concrètement, en serions-nous capables ? Il n’y a que parmi certains de droite dite « extrême » ou de gauche tout aussi extrême, pour être persuadés que « tous » les policiers sont « bien » ou « mal » pensants et « tous » les militaires » itou, refusant la réalité : ce sont les uns comme les autres, dans leur extrême majorité, avant tout des fonctionnaires plus soucieux de ne pas prendre trop de coups 35 heures durant par semaine et de comptabiliser leurs trimestres de retraite. À leur décharge, cela fait plusieurs décennies que les gouvernements successifs en France les y ont incités, sinon obligés.
Et donc, alors, envisager une remigration consentie. Plus ou moins. Vaste programme, comme aurait dit un général du siècle passé qui, déjà, craignait que Colombey-les-deux-églises ne devienne un jour Colombey-les-deux-mosquées… ou comme Marcus Garvey, « le grand-père d’origine africaine de la dinguerie Woke, qui avait lancé le slogan “Back to Africa”, invitant les Africains formés dans les pays civilisés à mettre en valeur leur continent d’origine, énorme, très riche et très arriéré » (Bernard Plouvier, in La désinformation autour du complotisme, éditions Dualpha).
Mais « remigrer » qui ?
Il me semble aller de soi qu’il ne puisse pas s’agir de familles désormais françaises depuis plusieurs générations, ce qui serait difficilement concevable moralement, à moins d’imposer une rétroactivité des lois assez discutables. Et la plupart de ces familles étant parfaitement assimilée, elles partagent désormais elles aussi, tout comme les descendants de Gaulois, les angoisses et tracas au quotidien causés par une immigration incontrôlée, illégale et invasive… Dans la « galère France », tous les honnêtes gens sont logés à la même enseigne. En ont-ils tous conscience ? En avons-nous tous conscience ? Poser la question est y répondre.
Et les « autres », alors ? Pour les immigrés tout comme pour leurs pays d’origine, comment et surtout pourquoi pourraient-ils envisager un retour au bercail ?
Ceux qui ont quitté leurs terres natales l’ont fait pour de multiples raisons, soit qu’ils y étaient maltraités, soit en espérant ailleurs un meilleur avenir économique, soit parce qu’ils y ont été contraints, physiquement, eux ou leurs familles, par des trafiquants de chairs humaines… soit également par les gouvernements de ces pays, très/trop heureux de se débarrasser ainsi de « bouches inutiles », d’opposants politiques ou encore de délinquants… Hormis peut-être pour causes de guerres civiles, on dénombre généralement assez peu de savants ou de CSP+ dans les vagues d’immigration venues d’Afrique, d’Amérique du sud, du Moyen-Orient ou d’Europe de l’est…
Ne négligeons pas non plus que les populations immigrées qui ne se sont pas fondues dans la culture et le mode de vie de leur pays d’accueil, se sont en revanche accoutumés, souvent jusqu’à l’addiction, à l’assistanat économique et à la surconsommation. Deux aspects devenus parfois le seul but d’une existence dont ils savent pertinemment qu’ils n’en disposeront pas dans leurs pays d’origine.
Et donc… Rien ne serait (plus) possible ? Si, bien sûr… Pourquoi pas « Y’a qu’à… », « Faut qu’on… », après tout !, surtout si l’on adapte et applique la théorie du rasoir d’Okham : les solutions les plus vraies sont celles qui sont les plus simples… et inversement !
Il est tout d’abord inutile d’écoper l’eau d’une inondation si on laisse les robinets ouverts en grand, cela va s’en dire… et distinguer ensuite les immigrés en règle avec les lois du pays d’accueil et ceux qui ne le sont pas.
Mais que faire alors de ces derniers ?
Pourquoi ne pas s’entendre – financièrement – avec un pays du continent d’origine de ces populations pour y expulser systématiquement toute personne entrée ou restée illégalement dans notre pays… Renvoyer tout clandestin sur son continent d’origine – comme s’il avait ricoché – serait lourd de symbole, faisant sans doute réfléchir bien des candidats à l’immigration… et asséchant de fait les lucratifs revenus des réseaux maffieux de la traite humaine.
Ce renvoi systématique des immigrés illégaux sur leur continent d’accueil serait alors également appliqué aux délinquants, jugés et condamnés en France, pour qu’ils accomplissent leur peine non pas en détention « chez nous », mais en détention « chez eux » où les conditions de celle-ci seraient sans doute, assurément, d’une « moindre douceur » (avec contrôle régulier que toutes ces détentions soient tout de même assujetties à un minimum de respect de la condition humaine pour éviter l’option toujours possible du « Bon appétit les crocodiles ! »
Enfin, pourquoi ne pas imposer que l’obtention de la nationalité française devienne définitive qu’après une quinzaine d’année à la condition sine qua non qu’il n’y ait eu, durant ce laps de temps, aucune condamnation pour des faits graves d’incivilités, vols, trafics, agressions, crimes, etc.
Sans qu’on ait oublié simultanément, cela va de soi, de démanteler tous les réseaux de trafiquants de chaire humaine et ceux qui sont leurs complices, par bêtise ou corruption, ONG pseudo-humanitaires en tête !
Propos recueillis par Xavier Eman
© Photo montage : Romain PetitJean et Philippe Randa
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