Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Alors que les marchés pétroliers se détendent légèrement sur fond d’espoir d’un accord entre Washington et Téhéran, les prix à la pompe pourraient rester durablement élevés. Réouverture du détroit d’Ormuz, reprise du trafic maritime, niveau des stocks ou encore consommation de carburants en baisse : malgré le reflux du baril sous les 100 dollars, de nombreux facteurs continuent de peser sur le marché énergétique mondial. Les explications de Charles Sannat, fondateur du Grenier de l’éco. Ecorama du 26 mai 2026, présenté par David Jacquot sur Boursorama.com
Dans cette vidéo j’explique notamment pourquoi, les prix des carburants baissent plus lentement qu’ils ne montent et ce n’est pas uniquement parce que nous serions « arnaqués » par des grands méchants pompistes qui voudraient faire de la « mauvaise marge » et de l’argent facile.
La logique financière du « coût de remplacement »
C’est le facteur « comptable » le plus important, lié à la gestion des flux de trésorerie des distributeurs.
À la hausse : Quand les cours du pétrole brut s’envolent, le gérant de la station sait instantanément que sa prochaine livraison va lui coûter beaucoup plus cher. Pour préserver sa trésorerie et être capable de payer le camion-citerne suivant (le coût de remplacement), il doit augmenter ses prix immédiatement. S’il attendait d’avoir vidé sa cuve actuelle, il vendrait à un prix insuffisant pour reconstituer son stock. En clair il faut que sa trésorerie soit capable de suivre la hausse des prix sinon il peut faire très rapidement faillite.
À la baisse : Inversement, lorsque les cours mondiaux chutent, la station possède dans ses cuves un stock payé au prix fort. Le distributeur cherche logiquement à écouler ces volumes avant de répercuter la baisse, afin de ne pas matérialiser de perte sèche sur sa marge. En clair, ce qui fait le prix ce n’est pas la baisse des cours mais le prix d’achat du carburant acheté dans la station service concernée, d’où, parfois de grandes disparités dans les prix proposés.
Le comportement des consommateurs et la reconstitution des marges
C’est ce que l’on appelle pompeusement l’asymétrie de vigilance : En période de hausse, l’automobiliste est hyper-attentif. Il compare les prix, cherche la station la moins chère ou réduit ses volumes. Pire, nous faisons le plein régulièrement et nous n’attendons pas que le réservoir soit vide (le remplir de zéro coûte plus cher). Nous lissons à la hausse.
Mais quand les cours rebaissent, la tension psychologique retombe. Les consommateurs valident moins frénétiquement les prix, ce qui permet aux distributeurs de retarder un peu la baisse à la pompe pour reconstituer leurs marges d’exploitation.
Pour le reste, en l’absence d’accord, nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge ! Il reste donc prématuré de parler de baisse des prix des carburants à la pompe.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
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