
Dans la nuit de samedi à dimanche, la Russie a visé l’Ukraine avec 90 missiles et 600 drones, ont indiqué les forces de l’air ukrainiennes, qui précisent que 55 missiles et 549 drones ont été interceptés. Le président russe avait promis une réponse militaire après une frappe de drones ukrainiens dans la nuit de jeudi à vendredi sur des bâtiments éducatifs de Starobilsk, dans la région ukrainienne de Lougansk (est) occupée par Moscou, qui a fait 21 morts et plus de 40 blessés.
L’un des 90 missiles lancés par les Russes était un Orechnik, a indiqué le ministère de la Défense russe, un missile balistique hypersonique de portée intermédiaire et capable de transporter des ogives nucléaires. La vitesse de l’Orechnik dépasse Mach 10, soit plus de 12 300 km/h (3,4 km/s). Il a été révélé au public en 2024 et utilisé pour la première fois en novembre 2024.
Ces bombardements ont fait au moins quatre morts et plus de 60 blessés à Kiev et dans sa région. « Les plus grandes destructions ont eu lieu à Kiev», «cible principale de l’attaque russe», a affirmé le président Volodymyr Zelensky, qui a réclamé des «décisions» de la part des alliés occidentaux pour pousser la Russie vers une résolution du conflit. Zelensky avait mis en garde la veille contre des préparations en vue d’une frappe massive avec utilisation possible du missile Orechnik. L’ambassade américaine à Kiev avait également «reçu des informations concernant une attaque aérienne potentiellement importante qui pourrait survenir à tout moment».
Moscou a déjà employé l’Orechnik à deux reprises depuis le début de son invasion de l’Ukraine en février 2022: en novembre 2024 contre une usine militaire, et en janvier 2026 contre une usine aéronautique de l’ouest de l’Ukraine, près des frontières de l’Otan. Dans les deux cas, les missiles n’étaient pas chargés d’ogives nucléaires.
L’armée russe l’a déployé l’année dernière au Bélarus. Ce pays allié de Moscou est frontalier de trois États membres de l’Alliance atlantique et de l’Union européenne – la Pologne, la Lituanie et la Lettonie – ainsi que de l’Ukraine.
Les missiles Orechnik à charge nucléaire qui pointent sur les capitales européennes sont déployés au nord ouest de la Caspienne.
Une vingtaine de minutes leur suffirait pour atteindre Paris. Leur vitesse hypersonique les rend ininterceptables.
En mai 2026, la Russie contrôle environ 19 à 19,5 % du territoire ukrainien, selon les dernières estimations. Cette proportion inclut les territoires occupés avant 2022 (comme la Crimée et une partie du Donbass) ainsi que les gains réalisés depuis le début de l’invasion à grande échelle. Les sources récentes soulignent une stagnation des avancées russes depuis fin 2025, avec des gains territoriaux en forte baisse, voire des reculs localisés en mars 2026.
Un récent sondage indique que 60% des Russes souhaitent que leur armée aille jusqu’à Kiev. 22% souhaitent qu’elle s’empare de toute l’Ukraine. Des buts qui semblent totalement illusoires compte tenu de la stagnation des forces armées russes depuis plus de cinq mois. Il est manifeste que sans un changement radical de paradigme, l’armée russe est partie pour mille ans de guerre.
La dronisation du conflit a totalement changé la donne depuis février 2022 : avec une myriade d’engins à très faible coût qui interdisent toute concentration d’hommes et de blindés, une armée humainement exsangue et en infériorité matérielle manifeste tient la dragée haute à la Russie.
L’Ukraine est devenue une référence mondiale dans la fabrication et l’innovation en matière de drones :
- Production massive : L’Ukraine produit jusqu’à 5 millions de drones par an (principalement des FPV), avec une capacité industrielle excédentaire, permettant même d’exporter son savoir-faire (Moyen-Orient, Europe).
- Innovation rapide : La proximité des usines avec le front accélère les cycles de test et d’amélioration, avec des drones kamikazes résistants au brouillage ou des intercepteurs spécialisés.
- Diversité et adaptabilité : Du drone FPV léger (3 000 €) aux systèmes de surveillance ou d’interception, l’Ukraine couvre toute la chaîne, avec des coûts bien inférieurs aux missiles classiques.
- Reconnaissance internationale : Des pays comme le Qatar, l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis font appel à l’expertise ukrainienne pour contrer les drones iraniens (Shahed) ou russes.
En 2026, 80 à 85 % des frappes en première ligne sont réalisées par des drones ukrainiens, faisant du pays un leader de la « guerre des drones ».
Face au mur des drones ukrainiens, la seule solution pour les Russes est l’annihilation massive des centres de décisions politiques et stratégiques ukrainiens, et l’utilisation pour ce faire du nucléaire tactique.
Une option qui ne semble pas être celle du président Poutine, du moins pour l’instant. Pour les faucons du Kremlin, l’arme nucléaire est la seule solution qui mettra fin au conflit en un temps raisonnable :
L’équilibre de la terreur est tel qu’il n’y a aucun risque de guerre nucléaire mondiale. Pour refroidir d’éventuelles velléités américaines de riposte, il suffirait à la Russie de raser une capitale européenne. Au choix : Varsovie, Berlin, Paris, Londres, Rome… Suggérons Berlin au président Poutine ou à son successeur, histoire de rappeler aux revanchards Allemands qui fut le vainqueur de la Seconde Guerre mondiale.
Henri Dubost
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