
Les Français d’abord ! Ce sont eux qui, collectivement, sauveront la nation blessée. Les prétendants à la présidence de la République, enivrés de mots clinquants, perpétuent la rupture entre le peuple et ses élites. Cependant, il reste aux citoyens, expropriés de leur souveraineté par une caste populophobe, à récupérer leur pouvoir dans une démocratie actuellement confisquée. Les actuelles ambitions personnelles sont, de ce point de vue, indécentes. Gabriel Attal assure, dans Le Parisien d’hier, qu’il va gagner.
Il rejoint une quinzaine de partants, dont notamment Jean-Luc Mélenchon, François Hollande, Edouard Philippe, Bruno Retailleau, David Lisnard, Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen-Jordan Bardella. Natacha Polony ne dit pas non. Gérald Darmanin se tâte. Philippe de Villiers teste sa popularité médiatique. Eric Zemmour laisse comprendre, dans le JDNews de ce week-end, qu’il pourrait repartir en campagne à moins que Sarah Knafo ne prenne le relai. Mais rares sont les candidats qui ont pris en compte le sentiment d’abandon qui traverse la société. Elle ne veut plus être infantilisée par des personnalités en quête de destin mais indifférentes aux gens ordinaires, à la sagesse populaire. Pour sa part, Zemmour estime : « Le grand enjeu de 2027 sera aussi celui de l’incarnation (…) Comme dans toutes les situations historiques de tempête, le caractère est redevenu une question politique majeure ». Le président de Reconquête se voit en sauveur de la nation. Or, comme bien d’autres, Zemmour oublie d’en appeler préalablement aux consultations, aux référendums, à la représentativité parlementaire. Les Français doivent reprendre la barre.
Une chose est acquise : l’homme seul, aussi déterminé soit-il, ne fera que perpétuer un système oligarchique construit sur la méfiance des citoyens. Ce système d’essence totalitaire ne fonctionne pas. Il doit être rejeté. La révolution conservatrice, qui reste à mener à son terme, puise dans le rejet de la pensée unique et de sa verticalité autoritaire. Les certitudes dogmatiques, de gauche comme de droite, caractérisent le vieux monde qui s’éteint sous le poids de ses fadaises vaniteuses. C’est en se confrontant aux réalités que les Français ont élaboré de leur côté, avec bon sens, un pragmatisme puisant dans la « mémoire immémoriale de la Tradition », comme l’observe Michel Maffesoli (1). Pour le sociologue, « seuls les gens du peuple (…) sont à même de renifler la transmutation en cours ». La société enracinée a appris à gérer son abandon par la débrouillardise, les solidarités locales, les réseaux sociaux. Cet esprit du temps, que je décris dans La Révolution des oubliés (Fayard), fait du peuple l’homme providentiel attendu. Lui seul a la force de s’opposer au despotisme des juges, à l’Europe supranationale, au politiquement correct. Il appartient à la Ve République de lui trouver sa place ou de céder la sienne. Rien se ne fera sans la force vitale des Français : une dynamique qui se perpétue dans les provinces et les bourgades. L’homme politique doit renouer avec l’humilité. Il doit concevoir sa mission en harmonie avec la France profonde, cœur toujours battant de la nation millénaire. Le « Nous » doit remplacer le « Moi je ». Ridicule est la valse des ego.
(1) Mes tribus, souvenirs, pensées, rencontres Les Editions du Cerf
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