
Recruté par l’académie de Lyon comme conseiller technique prévention et sécurité, l’ancien colonel Samir Yaker-Borde affirme avoir été poussé vers la sortie après une intervention lors d’une formation consacrée à la radicalisation. Entré en fonction le lundi 2 février 2026, il a quitté son poste une semaine plus tard, estimant avoir été sanctionné pour avoir évoqué des « renoncements du quotidien » dans les établissements scolaires.
Retraité de l’armée de terre depuis 2024 après plus de trente ans de carrière, passé par l’Afghanistan, le Sahel, les Balkans et des fonctions liées au renseignement et à la lutte contre le terrorisme, Samir Yaker-Borde avait été recruté à l’issue d’un processus rapide. Le mercredi 4 février, il assiste à Décines-Charpieu, au collège Maryse-Bastié, à une formation destinée à des chefs d’établissement, en présence notamment de représentants des renseignements territoriaux, de la DGSI, de la préfecture et de l’Éducation nationale. Jugeant les interventions trop théoriques, il prend la parole en se présentant comme nouveau CTPS et ancien colonel.
« Je m’exprimais en mon nom personnel », insiste-t-il. Il affirme avoir voulu donner aux chefs d’établissement « davantage d’outils de compréhension » face aux revendications religieuses, aux pressions autour du ramadan ou aux difficultés à faire respecter certains principes de laïcité. « Mal nommer un problème, c’est se condamner à ne pas trouver de solution », déclare-t-il. Selon lui, plusieurs chefs d’établissement l’auraient remercié après son intervention : « C’est exactement ce qu’on vit ». Mais un participant aurait jugé ses propos stigmatisants envers les musulmans.
Deux jours plus tard, le vendredi 6 février, Samir Yaker-Borde est convoqué par la directrice de cabinet de la rectrice. « On m’a reproché d’être sorti de mes prérogatives », explique-t-il. « On m’a dit que je n’étais pas un sachant et que j’avais engagé l’académie par mes propos. » Le lundi 9 février, il reçoit une convocation visant à mettre fin à sa période probatoire. Il choisit alors de quitter lui-même ses fonctions pour préserver sa « dignité professionnelle ».
Depuis, l’ancien colonel a écrit aux services de la Présidence de la République, du Premier ministre, du ministre de l’Éducation nationale, du Défenseur des droits et au chef de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche. Contacté par Le Progrès, le rectorat de Lyon indique ne pas « commenter les situations particulières » et précise que Samir Yaker-Borde a choisi de mettre fin à ses fonctions.
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