
L’enfant du pays se fait deus ex machina et chante pour restaurer le toit de l’église Saint-André à Villes-sur-Auzon.
« C’est le moment de réviser nos classiques car le chanteur du groupe Téléphone revient aux sources chez nous ! », claironne ICI Vaucluse. Le journal local a raison de se réjouir, puisque Jean-Louis Aubert, le chanteur du groupe Téléphone, donnera, le 25 mai prochain, un concert solidaire pour sauver le toit de l’église Saint-André à Villes-sur-Auzon, dans le Vaucluse.
Une église en détresse…
Le concert en question n’a pas encore eu lieu, mais une chose est sûre, c’est déjà une réussite : « Carton plein pour le concert caritatif de Jean-Louis Aubert qui aura lieu le 25 mai prochain à Villes-sur-Auzon : 1.000 places à 40 euros avaient été mises en vente, ce jeudi matin dès 8h, et ont été écoulées en quelques minutes », écrit ICI Vaucluse, qui rapporte les commentaires des candidats déçus d’avoir, dès 8h02, manqué la vente. Il faut dire que la presse locale s’en était fait l’écho et s’était réjouie de voir le chanteur du groupe mythique des années 80 venir soutenir les efforts du petit village de 1.300 habitants pour restaurer son église. Ce n’est pas faute de s’être donné du mal et d’avoir multiplié les initiatives : en décembre dernier, ICI Vaucluse rapportait les difficultés rencontrées par les habitants, la mairie et la paroisse de cette église Saint-André, si particulière à cause de son tympan frappé de la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » et de l’inscription « République française » sur sa façade depuis 1891. « L’édifice est trop dangereux et a dû fermer. Il faut refaire les vitraux, la toiture ou encore les façades intérieures. Les travaux sont estimés à 1,4 million d’euros », rapportait ainsi le média local, qui ajoutait que « les demandes de subventions ont été faites auprès de l’État mais aussi de la région, notamment. De leur côté, les habitants se sont aussi mobilisés à travers une association, accompagnée par la Fondation du patrimoine. » Avec les quelque 8.000 euros qu’ils avaient réussi à récolter, en décembre, après avoir organisé concerts, vide-dressing et loterie, le concert de Jean-Louis Aubert peut sembler providentiel ! À tel point, d’ailleurs, que pour maximiser les fonds récoltés, une cuvée solidaire Jean-Louis Aubert d’AOP Ventoux rouge, créée en soutien à la réfection de l’église de Villes-sur-Auzon, a été mise en vente le 8 mai dernier.
Sauvée par un enfant du pays devenu deus ex machina ?
« Si Jean-Louis Aubert s’implique à ce point dans une telle démarche, c’est parce que le village de Villes-sur-Auzon, et en particulier son église, revêt à ses yeux un caractère sentimental. Une madeleine de Proust. Une réminiscence de l’enfance, avec le Ventoux comme horizon », rapporte le journal La Provence. ICI Vaucluse précise que c’est dans cette église du Comtat Venaissin qu’ont été célébrées les obsèques de ses deux parents. Ainsi, le chanteur de rock, ancien scout et enfant de chœur que décrivait Paris Match, en avril 2025, pour ses 70 ans, revient aux sources pour mettre son talent et sa notoriété au service d’une cause qui lui tient à cœur. « Le chanteur qui s’est fait connaître grâce à son incroyable aventure avec Téléphone, pilier du rock à la française, n’a pas perdu son esprit rebelle hérité de Mai 68 », rapportait MRadio, qui l’avait reçu en interview en octobre 2024. Cette révolte définit l’artiste, selon le média, « lui dont la vie semblait pourtant toute tracée ». Rien ne semblait, en effet, prédestiner ce fils d’un préfet et d’une mère au foyer à devenir le « rebelle éternel » du rock français.
Jean-Louis Aubert est devenu grand-père en mars dernier, rapporte Purepeople. Peut-être est-ce ce nouveau statut qui a donné envie au chanteur de prendre soin du berceau familial et s’investir pour son patrimoine, pour le transmettre à son tour ? « Toujours est-il que c’est un enfant du village qui revient au pays », se réjouissait, le 30 mars, ICI Vaucluse. Enfant du village, deus ex machina ou bien oncle d’Amérique, en tout cas, le concert de Jean-Louis Aubert a tout de la manne providentielle pour le toit de l’église Saint-André.
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