
Les fabricants de peurs ont repris leur commerce. Six ans après l’épisode du Covid, avec son hystérie hygiéniste et ses docteurs Folamour, les mêmes médecins reviennent sur les plateaux des télévisions. Certains y annoncent déjà le pire avec l’hantavirus, apparu dernièrement sur un bateau de croisière. L’épidémiologiste Antoine Flahault a ainsi déclaré (Le Parisien, 11 mai) que « l’hantavirus des Andes est aussi grave que le virus Ebola ». Le médecin infectiologue Gilles Pialoux a également évoqué cette comparaison avec le virus africain, responsable de 16.000 morts au total.
Hier, néanmoins, Karine Lacombe, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Saint-Antoine, a tenté sur RTL de rassurer sur la dangerosité du mal, qui ne se transmet pas par aérosolisation contrairement au Covid. L’infectiologue a cru pourtant utile de critiquer la politique sanitaire « erratique » de l’administration Trump et de son ministre de la Santé Robert F. Kennedy. De fait, les Etats-Unis ne semblent pas prendre très au sérieux cette alerte amplifiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les Américains ont-ils tort ? Jusqu’à présent, l’hantavirus introduit sur le navire MV Hondius n’a fait que trois morts. Les précédentes contaminations mortelles par cette souche venue d’Argentine, en 1996 et 2018, n’avaient fait l’objet d’aucune communication. Le branle-bas-de-combat planétaire intervient alors que les Etats-Unis et l’Argentine viennent d’annoncer leur retrait de l’OMS, dont ils contestent les méthodes et l’efficacité. Le patron de l’OMS s’est personnellement déplacé le 9 mai aux Canaries pour superviser, dans une opération de communication mettant en scène des hommes scaphandres, le transfert des passagers du navire.
Ce qui apparait donc, à ce stade initial de la contagion, sont des réponses sanitaires sans commune mesure avec les faits. Trois morts et quelques contaminés ne justifient pas une immédiate et angoissante alerte générale sur une pandémie mondiale, à moins de déceler dans ce catastrophisme une possible tentative de l’OMS de se rétablir dans son autorité contestée. La mise en cause pavlovienne de l’administration Trump par certains praticiens vient ajouter au soupçon d’instrumentalisation politique du virus par les avocats d’un scientisme qui a pu, avec le Covid, être perméable à des conflits d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique. L’apparition, six ans après, des mêmes réflexes visant à dramatiser une situation font craindre une nouvelle contamination par le virus de la trouille. Surtout quand cette terreur psychologique est instrumentalisée par un pouvoir prêt aux diversions pour dissimuler ses faiblesses et se faire obéir. C’est ainsi qu’Emmanuel Macron avait déclaré solennellement, en 2020, « la guerre » au Covid, en imposant un confinement absurde, des QRCodes liberticides, des vaccins expérimentaux aux effets secondaires inconnus, et un « quoi qu’il en coûte » irraisonné et ruineux. Reste que les Français ont, pour beaucoup, pris la mesure des désinformations et des propagandes d’hier. La parole officielle se doit désormais, si elle veut redevenir crédible, d’être au plus près des réalités. Cela vaut pour l’hantavirus, comme pour le reste.
Mes interventions de mardi sur Ligne Droite (8h45-8h55) et CNews (13h-15h)
https://blogrioufol.com/lhantavirus-relance-la-fabrique-de-la-peur/
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