Yadan et son enterrement de première classe…

La pétition contre la proposition de loi Yadan vient d’être classée par la commission parlementaire. Aucun débat n’aura lieu, alors même qu’elle avait déjà recueilli plus de 700 000 signatures et que la période de collecte devait se poursuivre jusqu’en juin. Le processus a été interrompu net. Cette décision soulève inévitablement des questions : pourquoi un tel empressement à refermer le dossier ? Le pouvoir a-t‑il craint que la mobilisation dépasse le million de signatures ? Ou bien certains intérêts, internes ou externes, ont-ils pesé pour empêcher que ce texte soit discuté publiquement ?

Quelles qu’en soient les raisons, le message envoyé est clair : plus de 700 000 citoyens viennent d’être ignorés. Remarquez, il y a peu c’est quinze millions qui avaient été écartés ! Le législateur leur signifie que leur expression n’a aucune portée, que la démocratie ne s’exerce qu’à travers les élus, dont les motivations semblent parfois répondre à d’autres influences que la volonté populaire. Caroline Yadan peut se réjouir : son initiative aura montré qu’il est possible de contourner l’esprit même des pétitions parlementaires. Au RPF nous souhaitons ardemment que ce cas fasse école, que d’autres députés proposent des lois « sur mesure », à l’abri de tout débat public, pour protéger de toute attaque, les Corses, les Basques, les Bretons, les Occitans, les Espagnols, les Italiens etc…Et nous poussons la logique jusqu’au bout : si l’on sanctuarise un État, pourquoi ne pas étendre ce privilège à tous les pays du globe ? Pourquoi ne pas créer, avec l’aide de l’Académie française, les néologismes nécessaires pour protéger juridiquement chaque régime, chaque identité, chaque pouvoir ? Et tant qu’à faire, pourquoi ne pas réécrire l’histoire : effacer la conquête de l’Ouest et les Indiens massacrés, oublier les peuples autochtones qui un jour ont vu débarquer des étrangers qui leur ont expliqué comment vivre et prospérer, et neutraliser tout ce qui pourrait déranger les récits officiels. L’ironie peut-elle encore servir d’électro-choc, où sommes-nous entrés de plain-pied dans l’ère du soupçon et de l’obligation d’accepter le discours officiel, faisant de la règle, non plus un cadre de discussion, mais un instrument de silence.

Ce qui frappe surtout, c’est la facilité avec laquelle une pétition parlementaire peut être déchirée, piétinée, effacée. Le pouvoir ignore volontiers celles qui ne viennent pas de son propre camp, il peut désormais ignorer aussi celles qu’il organise lui-même, dès lors qu’elles deviennent gênantes. Une telle désinvolture à l’égard de centaines de milliers de citoyens en dit long sur l’état d’esprit de ceux qui gouvernent : mépris, arrogance, partialité. La démocratie se réduit à une façade, une vitrine que l’on éclaire ou que l’on éteint selon les besoins du moment, en intimant aux électeurs l’ordre de se taire et de rentrer dans le rang.

Le législateur vient ainsi de désavouer 700 000 signataires sans même feindre d’ouvrir un débat. Pendant ce temps, les mêmes responsables politiques dénoncent ailleurs des régimes oppressifs, des peuples étouffés, des libertés bafouées, tout en refusant de voir ce qu’ils orchestrent chez eux. Cette capacité à condamner au loin ce que l’on pratique ici est devenue une marque de fabrique.

Dans ces conditions, comment s’étonner que les électeurs doutent ? Comment croire encore à la possibilité de soutenir une personnalité politique réellement indépendante, alors que tout mécanisme de sélection, y compris les parrainages à la présidentielle, peut être utilisé pour étouffer les candidatures qui dérangent ? Pas de signatures, pas de candidatures, pas de choix.

Vive la République, dit-on. Mais encore faudrait-il qu’elle vive réellement.

https://rassemblementdupeuplefrancaiscom.wordpress.com/2026/04/16/yadan-et-son-enterrement-de-premiere-classe/

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