Famille : en catimini, le gouvernement réduit les allocations familiales

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L’information est passée inaperçue. Depuis le 1ᵉʳ mars 2026, les allocations familiales ont diminué. Jusqu’à présent, les familles allocataires d’au moins deux enfants bénéficiaient d’une majoration aux 14 ans de leur deuxième. Il faudra, désormais, attendre qu’il ait 18 ans pour avoir droit à cet avantage, censé les aider à élever leurs adolescents – et encore.

Pour beaucoup, le décalage équivaut à une suppression pure et simple puisque, comme l’indique la CAF, « pour les familles de deux enfants, la majoration cesse d’être versée lorsque l’aîné atteint l’âge de 20 ans, c’est-à-dire le mois de fin de droit aux allocations familiales ». Dans le meilleur des cas (si les enfants sont des jumeaux), cette majoration sera donc versée pendant deux ans et, dans le pire (si les enfants ont plus de deux ans d’écart), elle ne sera jamais versée.

Une suppression déguisée

Selon les calculs de l’État, ce décalage, qui doit impacter 700.000 familles cette année et 1,2 million à l’horizon 2029, permettra de réaliser une économie de 1,3 milliard d’euros. Une économie réalisée, encore une fois, sur le dos des familles et en parfaite inadéquation avec le réarmement démographique prôné par Emmanuel Macron en 2024.

Le député de la Creuse et membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation à l’Assemblée nationale, Bartolomé Lenoir (UDR), le dénonce auprès de BV : « Cela accélère la crise démographique. C’est extrêmement grave. » Il précise : « Le gouvernement, par cette décision, abîme la confiance des familles et des couples dans la communauté nationale, pour les soutenir et pour leur donner la liberté d’avoir autant d’enfants que souhaité. » Il rappelle qu’il y a « deux enfants désirés et même pas 1,7 conçu par femme ».

Un écart dû, notamment, à des décisions délétères qui ont plongé la France dans un cercle vicieux : « D’un côté, on ferme les écoles à cause de la baisse démographique. De l’autre, on ne soutient pas la démographie et les familles. Or, une école qui s’éloigne est un argument de plus pour un couple de ne pas avoir d’enfant, car il sait que cela va compliquer son quotidien. »

Le parlementaire insiste également sur le fait que les politiques familiales ont un « impact majeur » sur la démographie. Pour preuve : « Un an après les réformes de François Hollande, les couples ont 0,3 enfant de moins. » Enfin, Bartolomé Lenoir déplore que la famille soit devenue « une variable d’ajustement budgétaire ». Le tout dans la plus grande discrétion, en catimini, par décret.

Les familles sacrifiées

Et ce, alors même que ce décalage va engendrer une « baisse du niveau de vie substantielle pour les familles les plus modestes », comme indiqué par le Conseil de la famille, qui préconise de revenir sur cette décision. À l’image d’Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale, interpellé sur le sujet par le député UDR dans l’Hémicycle, le gouvernement fait la sourde oreille. Il refuse de voir les conséquences néfastes de ce décret pour les familles à titre individuel, mais également pour la France et son futur.

En 2025, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le solde naturel démographique de la France était négatif. Avec de telles politiques défavorables aux couples et aux familles, la tendance n’a aucune chance de s’inverser. De son côté, le ratio de dépendance ne va cesser d’augmenter et les actifs ne seront plus en mesure de subvenir aux besoins des inactifs. L’avenir s’annonce radieux.

Sarah-Louise Guille

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