
Chacun voit midi à sa porte. Le Monde ne se tient plus de joie : « France Inter continue d’être l’antenne la plus écoutée de France et Radio Nova progresse de manière spectaculaire », titre le quotidien du soir. Ce qui est a minima… incomplet. Le titre du Monde souligne la domination ancienne de France Inter, qui reste en effet la station la plus écoutée de France (l’absence de publicité est évidemment un avantage concurrentiel majeur, merci aux contribuables !), mais le quotidien masque (en titre) la nouvelle sévère baisse d’audience enregistrée sur cette vague… France Inter qui fait le choix d’un ton très à gauche a égaré 170.000 auditeurs, depuis un an, et 100.000 sur les trois derniers mois, soit l’équivalent de la population de la ville de Nancy ! Ce que Télérama, l’hebdomadaire culturel le plus politiquement correct du marché, résume en toute objectivité : « Radio France au beau fixe, Europe 1 en baisse, Radio Nova s’envole… » Au beau fixe, Radio France ? La maison ronde passe pourtant, sur un an, de 26 % à 25,3 % de l’audience : un beau fixe qui se voile…
À gauche, Radio Nova pille France Inter
Où partent les auditeurs de Radio France ? Le HuffPost, site de gauche propriété du groupe Le Monde, donc (entre autres) de Matthieu Pigasse, le clame avec une joie qu’il peine à contenir : « En un an, Radio Nova a doublé ses audiences et talonne même Fun Radio et Cyril Hanouna. » Radio Nova, autre propriété de Matthieu Pigasse…, reste une toute petite station par l’audience : 1,6 million d’auditeurs, contre 7 millions pour France Inter et 2,6 millions pour Europe 1 ! Mais elle a en effet doublé, sur un an, ses 772.000 aficionados de blagues d’ultra-gauche, gagnant 830.000 auditeurs supplémentaires sur un an. Un joli score, qui met du baume au cœur de toute la gauche médiatique, et Dieu sait si elle en avait besoin, après la poussée des médias du groupe Bolloré ! On peut facilement supposer qu’un certain nombre d’auditeurs de France Inter ont trouvé… encore plus à gauche ! Car la station de Matthieu Pigasse a recruté à l’antenne des personnalités écartées par France Inter, notamment Guillaume Meurice, sanctionné par Radio France pour avoir réitéré, en 2024, ses propos polémiques sur le Premier ministre israélien (« un nazi sans prépuce »). Ce militant d’ultra-gauche vaguement dissimulé en humoriste a rejoint Nova en août 2024 : il y aura transféré une partie du public militant de France Inter.
Le privilège du camp du bien
Grand bien lui fasse : comme Europe 1, Radio Nova est une station privée, hors financement public, qui a donc toute liberté de choisir de s’adresser à un segment de la population, avec le ton et le positionnement politique qu’elle veut. Mais il faut le noter : la liberté légitime des médias de gauche ne vaut que pour eux. À gauche, on milite en masse pour l’arrêt de CNews ou, du moins, pour sa disparition de la TNT. Personne, à droite, ne réclame l’arrêt de Radio Nova. À l’inverse de Bolloré qui ne x’esprime pas dans les médias, encore moins sur le terrain politique, Matthieu Pigasse ne se gêne pas pour faire campagne ouvertement, via son compte X, en faveur de « l’union de la gauche »… Le privilège du camp du bien : « Faites ce que je dis, pas ce que je fais. »
Tout ce petit monde se réjouit des chiffres d’Europe 1, qui marque le pas après des années de hausse ininterrompue : « Europe 1 en baisse », annonce triomphalement Télérama, comme un soulagement après des années d’angoisse. Au terme de semaines de massacre de l’audiovisuel public par la commission Alloncle, les médias français sont plus que jamais un champ de bataille.
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