
Le temps est venu de nous en repentir.
Renvoyons massivement à l’Afrique ses enfants.
France24 nous informe :
« Le Parlement français débat d’un projet de loi visant à faciliter le retour d’œuvres pillées durant la période coloniale. »
« Le texte, déjà validé par le Sénat, doit permettre de répondre aux demandes de pays comme le Mali, l’Algérie ou le Bénin. »
« Ce projet vise à simplifier un processus aujourd’hui complexe, en ciblant notamment les biens acquis entre 1815 et 1972. Entre promesse politique et débats internes, la restitution du patrimoine colonial reste un sujet sensible en France. »
Enfin une bonne nouvelle.
Comment ne pas être fier de son pays quand il puise au fond de lui le courage d’affronter un passé douloureux.
Quoi de plus beau qu’une nation qui se décide enfin à prendre le sac et la cendre, d’abord pour avouer sa faute, et ensuite pour la réparer.
Une chose cependant me trouble : le projet de loi reste lacunaire.
Pourquoi s’arrêter à 1972 ? Ainsi, au 31 décembre de cette année-là la France se serait arrêtée de piller ?
Je dis non !
La France – après avoir dépouillé – doit se dépouiller à son tour et totalement encore.
Parce que la France n’a jamais cessé de voler l’Afrique. Encore aujourd’hui, la France, et à sa suite l’Europe, pille, vole et écrase.
Et puis pourquoi se limiter au patrimoine matériel ?
Certes, l’art est une valeur, mais ce que la civilisation a de plus précieux, ce sont ses enfants. Ce sont ses enfants pris à la fois comme un tout et individuellement.
Or au moment où j’écris ces lignes, la France n’a de cesse, toute honte bue, de vider l’Afrique de ses enfants.
Comme le disait le regretté Bernard Stasi, affectueusement surnommé par son ami politique Christian Bonnet alors ministre de l’Intérieur « Stasibaou », « l’immigration est une chance pour la France ».
Et c’est vrai. Il faut en convenir, l’immigration enrichit notre beau pays. Seulement quand les uns s’enrichissent, il est presque inévitable que les autres s’appauvrissent.
Or la France continue sans vergogne de piller tout un continent de la plus belle de ses ressources, à savoir ses ressources humaines.
Lorsque je vois Montreuil, Saint-Denis ou Le Blanc-Mesnil, mon cœur saigne.
Comment n’avons-nous pas honte quand nous voyons cette belle jeunesse africaine ignominieusement exploitée dans les banlieues qu’on emploie à livrer des pizzas.
N’est-il pas honteux de priver l’Afrique de ses ingénieurs, ses mathématiciens, ses pilotes d’avions et de fusées ?
Aussi je dis stop à la frilosité. Que la France au moins une fois, une seule fois dans son histoire se montre grande, se montre belle !
Faisons preuve de cette générosité qui embellit l’humanité toute entière !
Rendons à l’Afrique ses enfants. Tous ses enfants !
Aujourd’hui, par notre faute, l’Afrique est contrainte d’enfanter des Africains de façon déraisonnable pour palier notre pillage égoïste et cupide.
Le temps est venu de nous en repentir. Renvoyons massivement à l’Afrique ses enfants.
Bien sûr le risque de nous faire damer le pion dans tous les domaines est grand mais ce ne sera que justice, demain, d’acheter à l’Afrique des centrales nucléaires, des satellites de télécommunication ou des avions de combat dernier cri.
On nous dit en permanence que l’Afrique est endettée.
Si nous lui rendons ses enfants, elle va pouvoir nous payer en infrastructures ultramodernes.
L’équation ne présente que des avantages.
Donc rendre à l’Afrique son patrimoine, oui !
Mais tout son patrimoine. Et d’abord son patrimoine vivant !
Jacques Frantz
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