« C’est vous, le cauchemar »
Mais les avocats de la famille ne pouvaient pas laisser faire. Alors, ils ont tout recentré sur Lola sur qui, « dès les premiers instants, le piège s’est refermé ». S’adressant au jury appelé à rendre sa décision ce vendredi 24 octobre, Me Bourdié, avocate de la partie civile, a rappelé que désormais « personne ne peut prétendre ignorer ce qu’il s’est passé durant ces 1h37 » du supplice de l’enfant. « Vous n’ignorez pas la violence, vous n’ignorez pas les viols, vous n’ignorez pas les larmes, vous n’ignorez pas la douleur », a-t-elle martelé.
Puis, se tournant vers l’accusée qui la fixait les sourcils froncés, elle a poursuivi : « puisqu’il faut le faire à votre place, je vais vous dire, moi, ce que vous avez fait à Lola », avant de reprendre, à l’intention du jury, le fil exact de la barbarie. « Vous direz avec nous qu’elle l’a forcée à la suivre, qu’elle l’a fait rentrer de force dans son appartement, qu’elle l’a déshabillée, qu’elle l’a forcée à se doucher, qu’elle l’a violée, qu’elle l’a ligotée, et enfin qu’elle l’a tuée ». Sa consœur, Me Clothilde Lepetit, évoquera plus tard cette « question du temps de la détresse qui a été la sienne » et qui « reste comme une torture ». Combien de temps a souffert « ce cœur de fille qui a eu si peur » ?
Ces éléments, d’une précision qui peut paraitre dérisoire face au déferlement de violence qui a submergé Lola, c’est tout ce qui reste pour la famille, mais les proches de la fillette ne les connaitront probablement pas. Car demain encore Dahbia Benkired les leur refusera certainement une nouvelle fois.
On l’aura compris cette semaine, malgré tout ce qu’a voulu faire croire l’accusée, et comme le martèlera Me Salomé Busson-Prin, avocate de la Fondation pour l’Enfance, en s’adressant directement à Dahbia Benkired : « C’est vous, le cauchemar, le meurtrier de sang-froid, qui s’en prend à une personne qu’il ne connaît pas, qui la viole, qui la tue. Celle qui a été prise dans un cauchemar ce jour-là, c’est uniquement Lola Daviet. » Puis, se tournant vers les jurés : « C’est ce seul cauchemar que vous emporterez en salle de délibéré. »
La salle est encore suspendue lorsque Me Mathias Darmon, avocat d’Innocence en Danger, vient clore la plaidoirie de la partie civile : « Aujourd’hui, nous vous écoutons, mais demain tout le monde vous oubliera. Vous avez essayé d’effacer Lola : c’est raté. »
L’audience est levée. Dans un silence dense, Delphine Daviet s’effondre dans les bras de ses avocates, ultime étreinte avant le verdict.
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